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X. — LA CONCURRENCE DES PRODUITS D OUTRE-MER, ETC

le marché du monde et le développement constant de celui-ci sont des conditions vitales de l’industrie capitaliste. De là ces efforts pour agrandir les marchés, pour faire le bonheur des nègres au moyen de hottes et de chapeaux, et des Chinois en leur fournissant des cuirassés, des canons et des chemins de fer. Le marché intérieur lui-même dépend aujourd’hui presque entièrement du marché extérieur. C’est lui qui décide de la prospérité des affaires, de la consommation plus ou moins forte des prolétaires et des capitalistes, etavec eux des commerçants, des artisans, des paysans.

Quand le marché extérieur, le marché du monde ne sera plus capable d’une extension rapide, le mode de production capitaliste aura vécu.

b) Les chemins de fer.

Les efforts constants de l’industrie pour étendre ses débouchés ne vont pas sans une révolution dans les moyens de transport.

Nous avons vu que le mode de production capitaliste repose a priori sur la production par grandes masses. Comme tel il suppose aussi des moyens de transport de grandes masses. Et il ne les suppose pas seulement pour l’exportation de ses produits. Une grande industrie capitaliste emploie bien plus de matières premières qu’elle n’en peut trouver dans son voisinage immédiat ; elle concentre des masses d’hommes trop grandes pour que le pays voisin puisse les nourrir. Les matières premières et les vivres ont en général une faible valeur spécifique ; ils renferment peu de travail sous un gros et pesant volume. 11 faut que les tarifs des moyens de transport soient particulièrement bas pour que le transport de grandes masses à de grandes distances ne coûte pas des prix exorbitants.

3o8 l’agriculture dans la société capitaliste

Un transport cle ce genre n’était possible dans les débuts de la production capitaliste que par voie d’eau. Cette forme de production ne pouvait se développer qu’auprès de la mer ou de routes fluviales particulièrement bien situées. Mais la production capitaliste ne réclame pas seulement le bon marché mais aussi la rapidité et la sécurité du transport de grandes masses. Plus vite le capital se renouvelle, et moins il faut en avancer dans une affaire pour lui donner une certaine importance, plus sera grande l’importance qu’elle peut prendre avec un capital donné. Si j’envoie mes marchandises de Manchester à Hong-Kong, il y a une grande différence pour moi à être payé en trois mois ou en un an. Si mon capital se renouvelle quatre fois par an, mon profit, toutes les autres conditions restant les mêmes, sera quatre fois plus grand que s’il ne se renouvelle qu’une fois.

Mais d’un autre côté plus les relations sont rapides, et plus je pourrai chercher loin mes clients, plus mes débouchés s’éloigneront sans ralentir la circulation clu capital engagé dans l’entreprise et sans augmenter ce capital.

Plus les relations sont rapides, moins il est nécessaire d’avoir de grandes provisions de matières premières pour maintenir l’exploitation en activité. Sous ce rapport aussi chaque perfectionnement des moyens de transport a pour effet de produire plus avec un capital donné, de fournir le même produit avec un capital moindre et enfin de pouvoir étendre le cercle des marchés d’approvisionnement.

La plus grande sécurité du commerce agit dans le même sens. Elle diminue les réserves en argent et en matières premières que l’entrepreneur doit tenir prêtes pour parer aux éventualités relatives au débit ou à l’arrivage.

Mais au point de vue de la rapidité et de la sécurité le transport par voie d’eau, au moyen de bâtiments à voile,

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