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X. — LA CONCURRENCE DES PRODUITS D’OUTRE-MER, ETC

Il n’y a pas aux colonies de service militaire qui enlève à l’agriculture ses bras.

Seringdit, lui aussi, expressément : « Dans les districts de fermes on entend souvent se plaindre du taux élevé des ■salaires, mais très rarement du manque d’ouvriers (1). » Mais les salaires élevés ne restent pas non plus au même niveau.

Tandis qu’en Europe la difficulté croissante de trouver un nombre suffisant de travailleurs agricoles fait augmenter en général leurs salaires, dans les colonies, grâce à l’afflux constant de forces nouvelles, ils ont une tendance à diminuer. D’après Seririg (op. cit ., p. 469) les salaires mensuels des ouvriers agricoles, embauchés pour l’année, s’élevaient en dollars :

États

1S85 Mai

Californie ....

Etats de l’Est . . .

Etats du Centre . .

Etats de l’Ouest . .

Etat du Sud . . .

Il est évident qu’il y aun mouvement de baisse général.

En présence de tous ces faits, on voit facilement combien ridicule est ce bon conseil que des économistes libéraux donnent si volontiers aux paysans européens : il suffirait simplement qu’ils fussent aussi intelligents que les Américains, et la concurrence américaine serait vaincue.

Mais il est digne de remarque que, dans le cours de révolution, les Américains eux-mêmes, au lieu de devenir plus intelligents, deviennent moins intelligents, c’està-dire commencent à cultiver d’après la méthode européennne.

(i) Sering, Die landwirthsoha / tliche Konkurrenz Nordamerikas , p. 179.

370 l’agriculture dans la société capitaliste

L’agriculture coloniale que nous venons de décrire ne se* pratique aux Etats-Unis que dans une mesure restreinte. Cette agriculture repose sur l’exploitation par grappillage. Elle épuise le sol tôt ou tard. Par suite il devient nécessaire que l’agriculteur change de temps en temps sa terreappauvrie pour une nouvelle ; il le peut, soit parce que sa propriété avait une telle extension qu’à côté des terrains* cultivés il en reste encore qui sont en friche, soit que,, lorsque sa terre est épuisée, il aille dans des contrées non cultivées, et qu’il y défriche de nouvelles terres. Par soncaractère nomade, l’agriculture coloniale ressemble à celle des anciens Germains, avec cette différence, toutefois, que l’agriculture coloniale a recours b toutes les ressources de la technique moderne, et est destinée à la vente, et non à la consommation sur place. Mais c’est précisément pour cela que cette agriculture nomade moderne doit épuiser le sol encore plus vite que ne le fit l’agriculture des Germains. La terre abandonnée reste inculte jusqu’à ce qu'elle se soit reposée, ou bien elle devient la propriété d'un agriculteur qui se met à la cultiver d'après» les procédés européens, avec l’assolement et le fumage. Dans ce cas, cette vieille terre devient tôt ou tard impropre à la culture extensive. Des terres sur lesquelles,, pendant 40 ans sans interruption, on peut cultiver du froment sans les fumer (Sering, Op. cil., p. 188) sont des raretés exceptionnelles ; l’état inconstant de l’agriculture américaine apparaît dans les chiffres suivants. Le nombre d’acres ensemencés de froment était :

Années

États de l’Ouest

États du Contre

États de l’Est

Accroissement (+) ou diminution ( — ). . .

Dans les Etats du Nord-Est la surface totale exploitée;

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