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X. — LA CONCURRENCE DES PRODUITS D’OUTRE -MER, ETC

propriétaire foncier que par celui du fermage, parce que dans le premier système le nombre des agriculteurs d’une région déterminée est plus stable, et que par suite leur action en commun est moins exposée à des interruptions nuisibles.

Comme nous le savons déjà, les produits de l'agriculture sont la plupart du temps d’une faible valeur spécifique, de sorte que la possibilité de les employer avantageusement comme marchandises est souvent limitée à un petit cercle. Ce cercle est prodigieusement étendu, les moyens de transport restant les mêmes, si le produit en question est transporté non pas brut, mais travaillé.

Quelques chiffres d’un tableau de Settegast cité plusieurs fois déjà font apparaître ce fait d’une manière saisissante. Les frais de transport, comptés par rapport à la valeur de la marchandise, sont les suivants :

Indication

des marchandises

Prix du marché

par quintal

Avec transport par

grand chemin à 15 Pfennigs par quintal et par mille

voie ferrée à 2,5 Pfennigs par quintal . et par mille

Betteraves .

Sucre .

Pommes de terre . . .

Eau-de-vie .

Animaux Arivants . . .

Extraits de viande . .

marks

A la plus grande valeur spécifique s’ajoute, pour beaucoup de produits de l’industrie de l’alimentation, un autre avantage : ils sont plus consistants que le produit brut, tels par exemple le beurre et le fromage, les conserves de viande* de légumes et de fruits, etc.

Mais plusieurs industries agricoles présentent encore un autre avantage de la plus haute importance : le produit fabriqué contient peu ou ne contient point d’élé-

ments minéraux nécessaires pour le maintien de la fécondité du sol. Son exportation ne prend au sol rien d’important. Au contraire, les déchets de la fabrication contiennent des matières qui fournissent soit directement soit comme fourrages d’excellents engrais, et qui enrichissent ainsi le sol. Cela est en particulier le cas de la distillation de Teau-devie de pommes de terre et de la fabrication du sucre de betteraves, qui, par leurs résidus, employés comme fourrages et comme engrais, ont puissamment aidé au développement de la production des céréales et de l’élève des bestiaux, et qui sont devenus, là où elles se sont établies, la base indispensable d’une exploitation intensive rationnelle.

Ajoutons que l’industrie agricole crée pour les hommes et pour les bêtes de somme une occupation pour l’hiver en des lieux où sans cela ils ont peu à faire, et que, grâce à la machine à vapeur de la fabrique, on dispose plus aisément des forces motrices dont on a besoin pour l’exploitation agricole (pour les batteuses, pour les machines épuratoires, pour les moulins àégruger, pour les pompes, pour les scies, etc.), ce qui nécessairement deviendra particulièremment important lorsque la transmission de la force électrique aura trouvé une large application dans l’agriculture, et que la machine à vapeur de la fabrique actionnera aussi la charrue, la batteuse, le wagon à engrais du chemin de fer de campagne, la moissonneuse.

Tout cela produisit de bonne heure, chez les agriculteurs de plusieurs régions où les conditions préliminaires étaient favorables, le désir de. fonder sur leurs terres des établissements industriels qui exploiteraient leurs produits bruts. Ce désir fut aiguillonné d’une manière toute particulière par la concurrence des denrées extra-européennes, qui abaisse le prix des produits bruts et la rente foncière : il était maintenant doublement nécessaire de gagner comme industriel ce que l’on perdait comme agriculteur ou comme propriétaire foncier, de

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