X. — LA CONCURRENCE DES PRODUITS D’OUTRE-MER, ETC
compenser la baisse de la rente foncière par le profit industriel croissant, de faire sortir d’un produit brut à bas prix un produit manufacturé, etc.
Ce furent ici, comme dans tout progrès économique de notre temps, les grandes exploitations qui donnèrent l’exemple et qui tirèrent de l’innovation les plus grands avantages.
Une petite exploitation, d'ordinaire, ne possède pas un capital suffisant et ne fournit pas assez de produits bruts pour qu’on puisse fonder pour elle seule, afin d’y ouvrer ses produits, un établissement industriel. Et les petits agriculteurs sont plus lents à se décider, plus conservateurs, moins au courant des progrès de la technique et des besoins du marché international, que les grands agriculteurs et les capitalistes. Ce furent de grands propriétaires fonciers, en particulier des propriétaires de latifundia , qui introduisirent, les premiers, la grande exploitation industrielle dans leurs biens ; et, à côté d’eux, ce furent des capitalistes qui fondèrent des établissements d’industrie agricole et achetèrent les terres nécessaires à la production des matières premières. À côté des distilleries et des fabriques de sucre on vit apparaître dans les grands biens ruraux des amidonneries, des brasseries, ces dernières à vrai dire en de petites proportions, la production de la bière étant presque toujours plus avantageuse comme industrie urbaine ; la matière première de la brasserie est en partie de même valeur spécifique (orge), en partie de plus haute valeur (houblon) que le produit, et est plus facilement transportable que celui-ci. Ajoutons que l’orge pour brasser et le houblon ne fleurissent que dans certaines contrées déterminées. Outre les industries agricoles que nous avons citées, on vit paraître des laiteries, des fabriques de conserves pour légumes, fruits, lait, etc.
Un des plus grands avantages des latifundia sur les petites exploitations consistait dans la possibilité d’une
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union complète et féconde de l’industrie et de l'agriculture, avantage qui est le plus grand là ou le latifundium fournit à l’industrie non seulement les matières premières, mais encore la force motrice — force hydraulique, bois venu des forêts voisines, charbon. Quelles économies ne fait-on pas ici sur les frais de transport, sur les frais que nécessite tout commerce i
Au spectacle des succès obtenus par ces industries agricoles, les petites exploitations se sentirent portées à s’emparer des mêmes avantages. Le meilleur moyen leur parut être la coopération : la voie avait été préparée par quelques exploitations capitalistes qui étaient trop grandes pour que leur propre sol pût leur fournir toutes leurs matières premières et qui se virent par suite forcées à conclure avec plusieurs agriculteurs des environs des traités relatifs à la fourniture de matières premières. L’exploitation était-elle une société par actions, il suffisait que les agriculteurs fournissant les matières premières fissent l’acquisition des actions pour que l’on fût en présence d’une coopérative complète.
Ces coopératives se sont rapidement développées, surtout en Allemagne. Le nombre des coopératives agricoles (abstraction faite des caisses de prêts, d’achat et de vente) était :
Laiteries coopératives.
Autres coopératives .
loi
Ces dernières coopératives sont surtout des distilleries, meuneries, boulangeries, caves à vin, etc.
Nous ne doutons nullement que ce mouvement coopératif, qui en est seulement à ses débuts, ne soit appelé à donner des résultats considérables et à provoquer une transformation radicale dans la situation de l’agriculture.