X. — LA CONCURRENCE DES PRODUITS D’OUTRE-MER, ETC
magne du Sud et dans plusieurs contrées de la France et de l’Italie du Nord se trouve dans le morcellement delà propriété foncière de ces pays.
Dans un article de la Zukunft , V, p. 382, sur les Sucreries allemandes d'Amérique , par le docteur Ihne, l’auteur parle de la « fabrication du sucre rationnelle et à bon marché dans quelques parties delà Prusse occidentale, ouïes propriétaires de grands biens ont bâti des sucreries et, sans avoir à se préoccuper des dispositions changeantes et souvent saugrenues des paysans et petits paysans producteurs de betteraves, les alimentent de betteraves cultivées par leurs propres ouvriers dans leurs propres terres, comme le font les grands propriétaires de plantations de la Louisiane avec leurs fabriques de sucre colonial. »
Plusieurs industries agricoles garantissent encore à la grande exploitation des avantages particuliers.
Si une distillerie fait partie d’un bien important, les déchets de la fabrication lui retournent non diminués, et son exploitation est améliorée d’une manière constante. Il en est autrement, au contraire, Lorsque les pommes de terre sont apportées à la distillerie de différents côtés. « Par suite de la faible transportabilité des déchetsqui résulte de l’importance de leur contenu d’eau, un fumage avantageux n’est possible que dans la propriété même" dans laquelle se trouve la distillerie. Si d’autres propriétés fournissent des pommes de terre pour la fabrique, il se produit un enrichissement du sol de la première, aux dépens des autres , car les éléments nourriciers du sol contenus dans les pommes de terre amenées ne retournent souvent plus à leur point de départ (1). » D’après le tableau de Settegast que nous connaissons déjà si bien, le transport des déchets de la distillation coûte, toutes choses égales d’ailleurs, par quintal et par mille,
(1) Krafft, Belriebslehre , p. 101.
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sur un grand chemin, 30 0/0 de leur valeur; celui des pommes de terre, 10 0/0 seulement. Dans le cas de distilleries coopératives, les propriétés voisines de la distillerie enrichiront leur sol* les autres s’épuiseront.
Il en est de même avec les sucreries.
A côté du grand agriculteur, c’est le grand capitaliste qui est le mieux à même, dans plusieurs industries, de tirer parti des avantages de r alliance étroite de l’agriculture et de l'industrie et qui en sera le plus favorisé.
Au dernier congrès des coopératives agricoles d’Allemagne, tenu à Dresde, il fut chaudement recommandé aux agriculteurs de fonder des boulangeries et meuneries coopératives. Les petites exploitations, souvent fort arriérées, qui avaient existé jusque-là devaient être remplacées par de grandes exploitations coopératives qui offriraient des avantages considérables, non seulement à leurs membres, mais aussi au public.
L’idée d’élever la condition de la petite exploitation dans l’agriculture en lui apportant les avantages de la grande exploitation dans la boulangerie et la meunerie est assurément fort belle,, au moins pour les petits agriculteurs. Elle l’est moins pour les petits meuniers et les petits boulangers. La petite exploitation est sauvée par l’expropriation de petites exploitations. Mais cela ne gêne pas les agriculteurs, comme ils l’ont déclaré euxmêmes. Si cependant l’union de la meunerie, de la boulangerie et de l’agriculture en une seule main produit vraiment d’aussi grands avantages qu’on l’affirme, — et nous n’en doutons nullement, — ce ne sont pas les coopératives au fonctionnement pesant, pauvres en capitaux, des petits paysans, mais ce sont les grands moulins à vapeur, aux puissants capitaux, qui seront les premiers en mesure de s’approprier ces avantages. Avant que les petits agriculteurs mettent la main sur les grands moulins, ceux-ci mettent la main sur les petits agriculteurs et sur les boulangers.