X. — LA CONCURRENCE DES PRODUITS D’OUTRE-MER, ETC
à cesser de payer des primes, et chacun espère qu’il pourra supporter cette charge plus longtemps que les autres. Ainsi la population se trouve de plus en plus saignée à blanc, en même temps la culture des betteraves s’étend de plus en plus ; et chaque jour de nouveaux domaines de l’agriculture se trouvent enchaînés au sort de l’industrie du sucré.
Le nombre d’hectares consacrés à la culture de la betterave était :
Allemagne
Autriche
France
Russie
Hollande
et
Hectares
Hectares
Hectares
Hectares
Belgique
Hectares
Mais la banqueroute de l’industrie du sucre devient de plus en plus inévitable, et de plus en plus importants deviennent les ravages que cette ruine entraînera fatalement à la fin.
Le développement de findustrie laitière fut moins favorisé, en Allemagne, que celui de la fabrication du sucre de betteraves. Pourtant, et principalement sous la pression de la concurrence étrangère, qui rendait toujours moins lucrative la production des céréales, ce développement fut rapide, comme le prouvent déjà les chiffres cités plus haut des laiteries coopératives. Malheureusement nous manquons encore d’une statistique détaillée du développement de l’industrie laitière en Allemagne. Mais ce qui est sûr, c’est que le rapide essor de cette industrie ne coïncide que partiellement avec un accroissement de production du lait. Le nombre des vaches croît bien plus lentement que le chiffre et la production du beurre et des fromages. La rapide extension de la laiterie est bien plutôt rendu possible par un autre fait. Le lait qui était produit loin des villes, ne pouvait pas autrefois, à cause des difficultés
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du transport, arriver au marché et devenir marchandise. 11 était consommé dans le ménage du producteur luimèine, par sa famille et ses ouvriers salariés, s’il en avait. Aujourd’hui la laiterie permet de fabriquer des fromages et du beurre qui supportent un transport plus étendu et peuvent faire leur apparition, comme marchandises, sur le marché, non seulement sur le marché intérieur, mais aussi sur le marché international. Mais le résultat de cela, c'est que désormais l’agriculteur se refuse à lui-même et refuse aux siens le lait qu’il avait consommé jusque là avec sa famille. Dans la même mesure où l'industrie laitière se développe à la campagne, la consommation du lait y diminue.
Si la population rurale, malgré son surmenage et ses conditions misérables de logement, et malgré le défaut de nourriture de viande, était toujours restée supérieure en force et en capacité de résistance à la population urbaine, elle en était surtout redevable, en même temps qu’au travail à l'air frais, à sa forte consommation de lait. Le travail à l’air frais cesse là où s’établit l'industrie domestique ; et la consommation du lait, là où une laiterie prend le lait aux gens de la campagne. Ces deux moyens de choix, de sauver économiquement le petit paysan, sont les moyens les plus sûrs de le ruiner physiquement.
Cela est vrai surtout là où les laiteries fabriquent du fromage. Mais il nous semble qu’il y a un peu trop d’optimisme à dire, comme J. Landauer, de Gerabronn, à la 42e assemblée générale des agriculteurs wurtembergeois, tenue à Hohenheim (1897), qu'en cas où les laiteries, comme c’est le cas la plupart du temps dans le Wurtemberg, se borneraient à la fabrication du beurre et rendraient le lait maigre aux agriculteurs, les inconvénients de la laiterie pour l’alimentation de la population rurale seraient supprimés. « Cette façon de mettre à profit le lait pourrait bien donner à Messieurs les méde-