‹ La question agraireChapitre 156 sur 189 · X. — LA CONCURRENCE DES PRODUITS D’OUTRE-MER, ETC · texte numérisé non relu

X. — LA CONCURRENCE DES PRODUITS D’OUTRE-MER, ETC

tins plus de sympathie pour les exploitations de laitage qu’ils n’en avaient autrefois, au temps où tout le lait était livré aux fromageries, sans que le lait maigre fut renvoyé aux agriculteurs, ensuite de quoi Messieurs les médecins éprouvaient justement au point de vue de l'hygiène, de vives inquiétudes, et un médecin-major livra en son temps à la publicité les fâcheuses expériences qu’il avait faites dans quelques régions au cours de son inspection des recrues. »

Le lait maigre ne peut pas remplacer le lait non écrémé : car il en a perdu le contenu de graisse. Le lait non écrémé contient 2,8 à 4,5 0/o de graisse, le lait maigre 0,2 à 0,5 O/o* L’auteur de cet écrit se souvient très bien d'avoir lu des rapports de médecins qui ne pouvaient non plus se déclarer sympathiques au régime du lait maigre et qui trouvaient très pernicieux qu’il fut employé dans les régions de laiterie à l'alimentation des petits enfants. Naturellement la restitution du lait maigre peut moins que partout ailleurs améliorer l’état hygiénique de la population rurale là où les agriculteurs ne le consomment même pas eux-mêmes, mais le « mettent à profit », par exemple le donnent aux porcs qui prennent ainsi un superbe embonpoint et se vendent un bon prix. Plus les produits du petit paysan deviennent des marchandises, plus il les transforme en argent, et pire devient son alimentation.

Mais si \q préjudice corporel porté aux producteurs de lait par la laiterie est indubitable, son élévation économique par ce moyen est passablement douteuse, si l’on n'a pas uniquement en vue des avantages momentanés.

Pendant que la fabrication du beurre, en Allemagne^ croît rapidement, l’exportation du beurre décroît constamment en raison de l’importation croissante.

Le chiffre des kilogrammes de beurre était :

Pour l’exportation

Pour l’importation

En ce qui concerne les fromages nous trouvons les chiffres suivants :

Exportation

Importation

3 409 000 kil.

Ici encore nous trouvons ^exportation décroissante, l’importation au contraire nettement croissante.

La concurrence des produits de la laiterie sur le marché international est en train de se développer rapidement. Presque dans tous les Etats d’Europe la crise de la production des céréales exerce une influence stimulante sur la laiterie, en France et dans les Pays-Bas, aussi bien qu’en Autriche et en Russie, en Suède et en Norwège. Mais c’est particulièrement le Danemark qui développe considérablement sa production de beurre. L’excédent de l’exportation sur l’importation s’y est élevé de 18 millions de kilogrammes en 1881, à 119 millions de kilogrammes en 1896. Le nombre des vaches proportionnellement au chiffre de la population ne s’est pas accru. II était :

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