X. — LA CONCURRENCE DES PRODUITS d'OUTRE-MER, ETC
sion rapide. L’importation anglaise du beurre provenait des divers pays dans les proportions suivantes :
Danemark
Norwège
et
Suède
France .
Hollande
Allemagne
Australie.
Autres
pays
Le rapide essor de l’Australie se manifeste ici d’une manière particulièrement nette. Les laiteries danoises sont aussi déjà fortement atteintes par la concurrence australienne, qui exerce une pression sur les prix et rend difficile l’écoulement.
Mais les coopérateurs allemands ont fait de grands efforts pour accroître le plus vite possible le nombre des laiteries ; avec fierté ils attirent l’attention sur leur rapide développement dans les dernières années ; ils font comme si une affaire était d’autant plus lucrative que le nombre des concurrents est plus grand. Mais, à vrai dire, comme sauveurs des paysans, ils sont contraints à cette attitude. Si grand que soit le nombre des laiteries coopératives, proportionnellement au nombre des paysans qui doivent être sauvés par ce remède souverain,, il est toujours beaucoup trop petit. Mais longtemps avant qu’une partie importante de la classe des paysans soit arrivée grâce aux laiteries coopératives à un état de prospérité, le domaine de la production du beurre et du fromage sera aussi fatalement atteint par la surproduction et par la crise.
Dans le Danemark, ce pays béni des laiteries coopératives, beaucoup d’entre elles sont aujourd’hui déjà dans une situation difficile. En Allemagne, au temps de
416 l’agriculture dans la société capitaliste
la discussion de la loi sur la margarine, la situation des producteurs de beurre fut peinte des couleurs les plus sombres, mais cela n’empêchait pas que, ainsi qu’on l’annonça triomphalement au dernier congrès de l’Association des coopératives agricoles tenu à Dresde, en 1895, 175 nouvelles laiteries, en 1896, 177 furent fondées. Et en 1897, la fièvre de fondation parut sévir plus furieusement encore. D’intelligents coopérateurs font déjà entendre eux-mêmes des avertissements. C/est ainsi, par exemple, que Landauer, de Gerabronn, que nous avons déjà mentionné, déclarait à la 42e Assemblée générale des Agriculteurs de Wurtemberg, dans son rapport sur l’industrie du laitage : « Il est manifeste qu’un mouvement extraordinairement fort, tendant à la fondation de nouvelles laiteries, existe actuellement à la campagne, surtout depuis une année. S’il persiste, on peut admettre que le chiffre actuel des fabriques,, en l’espace de deux à trois ans, doublera, pourra même tripler. C’est ainsi que dans le district de Gerabronn, par exemple, depuis la fondation de la première fabrique, c’est-à-dire en seize ans, il n’en avait pas été fondé une nouvelle, tandis que dans les six derniers mois on n’en vit pas paraître moins de dix nouvelles ; et il faut ajouter que d’autres sont attendues pour bientôt. Ce mouvement est si marqué que même des partisans enthousiastes de l’activité coopérative le considèrent en secouant la tête et manifestent la crainte que la fondation de tant de laiteries puisse préparer à l’agriculture d’une manière indirecte, les dangers les plus inquiétants. »
De même qu’une crise de l’alcool et du sucre, une crise de l’industrie laitière paraît inévitable.
Sering se plaignait aussi, dans ' le rapport sur la coopération qu’il prononça, en février 1897, devant le Collège royal d’Economie agricole de Prusse, de l’âpre concurrence que se font les laiteries coopératives. « Cependant, dit-il en manière de consolation, on espère triompher