X. — LA CONCURRENCE DES PRODUITS D’OUTRE-MER, ETC
dement de la viticulture. Nous avons rappelé plus haut la remarque de Maercker, que sur dix années vineuses il y en a trois mauvaises et seulement une excellente. Meitzen indique, dans son ouvrage cité plus haut le produit des récoltes de vins, pour le Pays du Rhin, de •1821 à 1864 (en eimers). Nous extrayons quelques chiffres.
En de pareilles conditions la viticulture n’est rien d’autre qu’un jeu de hasard auquel celui-là doit nécessairement gagner à la fin, qui a la bourse la mieux garnie, qui peut perdre pendant des années. 11 suffit d’une mauvaise année pour faire faire faillite au petit vigneron sans capital ou pour le réduire à l'endettement sans issue.
Ici encore on présente la coopération comme l’instrument de salut. Des caves coopératives doivent donner au petit vigneron la possibilité de recueillir lui-même les profits de l’amélioration de ses vins et le profit faitpar les intermédiaires. Mais tout ce quia été dit des coopératives agricoles de production en général est vrai de ces caves coopératives : d’une part, elles 11e sont pas accessibles aux tout petits vignerons sans capital, — d’autre part, elles doivent tout comme les autres coopératives de production dégénérer tôt ou tard en sociétés capitalistes ou de¬
venir des propriétés capitalistes. En ce sens, elles 11e font que hâter l’évolution qui tend à placer le vigneron dans une dépendance économique toujours plus grande vis à-vis de la fabrique, de la cave à vin et à le transformer en ouvrier parcellaire de l’industrie du vin.
Mais la même évolution technique qui rend toujours plus étroite la dépendance du vigneron vis-à-vis du
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fabricant de vin, rend toujours plus grande l’indépendance de celui-ci vis-à-vis du vigneron national. Elle lui apporte en quantités qui croissent avec rapidité, desvins étrangers bon marché, dont il améliore la qualité ; elle lui apporte aussi des matières premières toujours meilleur marché, pour préparer du vin.
La révolution qui s’est produite dans la production du vin apparaît avec le plus de netteté en France. Par suite des ravages faits par le phylloxéra et par d’autres maladies la production de vin du pays tomba rapidement. Elle fut annuellement :
Moyenne
de
dix années
Extension de la culture de la vigne
hectares
® Rendement o par hectare
Rendement
général
hectolitres
Consommation du vin ^évaluation)
Excédant (-}- ) ou déficit ( — ) de la
production
hectolitres
Exportation du vin
hectolitres
Année 1887 » 1891
Bien que depuis 1880 la consommation du vin soit de beaucoup plus considérable que la production du vin,, l'exportation diminue pourtant à peine. Cela s’explique en partie parles excédents gardés en cave des années précédentes, en partie par l’importation de vins à bon marché,, qui sont améliorés et ensuite consommés en France même ou exportés comme vins fins français. L’importation de vin comptée en milliers d’hectolitres fut la suivante :
Provenant (l’Espagne » d’Algérie.
Provenant d’ Autriche-
Hongrie .
» de Portu-
Provenant de Turquie.
gai .
» delà Grèce.