VI PRÉFACE DE L’ÉDITION FRANÇAISE
C’est ainsi que les formes mêmes de la grande industrie ne sont pas absolument les mêmes dans les différents pays, malgré la puissance inouïe de nivellement que possèdejle capitalisme.
Cela est bien plus vrai encore pour l’agriculture; là, les formes de production les plus variées se présentent côte à côte ; aussi les problèmes de la réforme agraire varient-ils avec chaque pays.
Il serait donc absolument impossible de tracer un programme agraire unique pour toute la démocratie socialiste internationale, un programme qui puisse s’appliquer aussi bien à l’Angleterre qu’à la France, à l’Amérique qu’à l’Autriche, à l’Italie qu’à la Norvège, à la Russie qu’à la Belgique. Et même il serait très difficile d^élaborer un programme agraire unique pour un seul grand Etat ; je ne vois pas, en effet, comment un programme fait pour la Prusse orientale et le Mecklembourg pourrait convenir au Wur- ' temberg et au duché de Bade, à la Lombardie en même temps qu’à la Sicile.
Il me fallait donc me limiter à un type déterminé pour arriver à un résultat utile et j’ai choisi naturellement celui que j’avais alors sous les yeux, le plus grand Etat de l’Allemagne, la Prusse. Mais cette limitation imposée par la nécessité rend impossible l’application pure et simple de ce que j’avance aux autres régions et aux autres pays. C’est plus que jamais pour moi le lieu de prier le lecteur de lire cum grano salis et de ne pas se contenter de mettre « France » là où j’ai écrit « Allemagne ».
J’avais tout d’abord le dessein de supprimer un certain nombre de développements consacrés à certaines situations particulières à l’Allemagne, sans