GRANDE EXPLOITATION ET PETITE EXPLOITATION
a) La supériorité technique de la grande exploitation .
Plus le capitalisme se développe dans l’agriculture,, plus il accroît la différence qualitative entre la technique de la grande exploitation et celle de la petite.
A l’époque précapitaliste, cette différence, comme nous l’avons déjà indiqué, n’existait pas dans l’agriculture, si nous faisons abstraction du système des plantages et autres systèmes d’exploitation analogues, dont nous n’avons pas à tenir compte ici. Le seigneur foncier cultivait sa terre avec les hommes, animaux et outils que lui fournissaient les paysans corvéables. Ce qu’il fournissait lui-même était peu important et n’avait aucune supériorité sur les moyens de production des paysans. S’il avait des domestiques en plus grand nombre, c’était surtout pour faire face aux besoins plus grands de son ménage : cela n’avait aucune influence sur la manière de cultiver les champs. Ce n’était pas non plus par une superficie plus grande et tout d’un tenant que le bien du seigneur se distinguait du bien du paysan. Les terres du seigneur formaient, tout comme celles des paysans, des parcelles dispersées dans les campagnes et étaient soumises, comme celles des paysans, à la contrainte de sole. La seule différence entre l’exploitation des paysans et celle du seigneur, était celle que nous avons déjà indiquée plus haut : les ouvriers qui exploitaient pour le seigneur ne travaillaient pas de bon gré ; ils fatiguaient