VI. — GRANDE EXPLOITATION ET PETITE EXPLOITATION
Il n’y a pas à conclure de ces chiffres que la crise de la grande propriété foncière est plus grande : ils s’expliquent suffisamment par la plus grande difficulté du crédit hypothécaire pour les paysans. Celui-ci est d’autant plus obligé d’avoir recours au crédit personnel.
Mais le crédit 'personnel est pire que le crédit hypothécaire. Le grand agriculteur vend ses produits directement sur le grand marché, il se trouve perpétuellement en rapport avec lui, et trouve par suite, dans les centres économiques, dans lesquels s’amoncelle le grand capital qui cherche des possibilités de placement, autant de crédit qu’un marchand ou un industriel, s’il est bon économe.
Le paysan, isolé, n’ayant à vendre qu’une petite quantité de produits, n’aborde pas le grand marché. Il fait ses affaires avec le marchand qui demeure dans la petite ville voisine ou qui vient le visiter. Ses transactions commerciales demeurent entièrement ignorées du grand capital urbain, il n’a pas à la ville un banquier chez lequel il dépose ses recettes et qui lui fasse aussi crédit. Quand le paysan a besoin d’argent, il est obligé de s’adresser à un des capitalistes ruraux de son voisinage, et il n’a pas grand choix, car ils sont, à la campagne, peu nombreux. Souvent, il a affaire au marchand Lui-même, à un propriétaire du village ou à un grand paysan, toutes gens qui connaissent sa situation, qui ne font pas fi de petites affaires de prêts, mais qui veulent et savent tirer de ces petits prêts un profit d'autant plus grand, parce que la demande de capital, à la campagne, l’emporte de beaucoup sur l’offre, parce que les besoins d'argent du paysan sont souvent très pressants, et que la supériorité économique du capitaliste y est énorme. Tandis que pour le grand propriétaire foncier, si du moins il est un agriculteur intelligent et capable, au cours de l’évolution capitaliste, le prêt usuraire prend la forme du crédit moderne de production, dont le taux est adapté au taux du profit, le paysan est obligé de recourir à cette survivance du
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moyen âge qu’est l’usurier vampire, qui extorque ce qu’il peut extorquer, prend des intérêts hors de proportion avec le taux du profit, et ainsi, au lieu d’aider la production, sape complètement l’existence du débiteur. L’évolution capitaliste a pour conséquence nécessaire, pour le paysan comme pour le grand propriétaire foncier, l’endettement, mais en raison du caractère de petite exploitation de l’exploitation du paysan, elle ne supprime pas pour lui comme pour le grand propriétaire les formes de dettes du moyen âge, qui sont inconciliables avec les besoins de la production capitaliste.
Si nous considérons tous ces avantages de la grande exploitation dans l’agriculture — la moindre importance de la surface non cultivée, les économies d’hommes, d’animaux et d’instruments, l’entière utilisation de tous les objets, la possibilité d’employer des machines, qui est interdite à la petite exploitation, la division du travail, la direction confiée à des agronomes, la supériorité commerciale, la plus grande facilité de se procurer de l’argent — alors on conçoit difficilement que le professeur Sering puisse affirmer résolument : « 11 n’y a pas le moindre doute que toute branche de la culture du sol ne puisse être pratiquée, dans la moyenne et la petite propriété, tout aussi rationnellement que dans la grande, et même que, à l’inverse de l’évolution de l’industrie, l’intensité croissante de la culture du sol ne donne à la petite propriété une supériorité considérable sur la grande (1). »
En raison de celte « supériorité considérable », on devrait s’attendre à ce que le professeur Sering réclame le morcellement des grands biens. Mais il n’a garde de le faire. Immédiatement après l’affirmation citée plus haut, il déclare : « Du fait que les grands propriétaires sont les chefs dans le domaine du progrès économique, il s’ensuit seulement que ce serait un grand mal pour notre dévelop-
(1) Lie innere Kolonisation im ôstlichen Deutscliland , p. 91.
VL __ GRANDE exploitation et petite exploitation 159
pement si la grande propriété de l’Est devait disparaître entièrement. Nulle part un nivellement absolu n’a de bons résultats ; la différenciation est la condition de tout développement ; ce ne sont pas seulement les services rendus à l’Etat, ce sont aussi les services d'ordre économique rendus par notre aristocratie foncière de l’Est qui font voir dans sa conservation un besoin national. »
Ainsi, la petite propriété a sur la grande, en ce qui concerne l’exploitation rationnelle, dans tous les domaines, une supériorité considérable , et cela d’autant plus que l’exploitation est plus intensive ; mais cependant les services d’ ordre économique qui sont rendus par les grandes propriétés des provinces orientales font apparaître leur conservation comme un besoin national.
Nous verrons plus tard comment s’explique cette exaltation simultanée de la petite et de la grande propriété ; constatons seulement qu’un homme, aussi respectueux et aussi enthousiaste de la petite culture que l’est Sering, n’ose pas tirer la conséquence de ses vues et demander la suppression de la grande propriété, de peur de paralyser ainsi les progrès de l’agriculture.
Mais chez des esprits non prévenus on trouve fort peu de respect enthousiaste pour la petite propriété. Kræmer, qui n’est nullement un adversaire des paysans, résume fort bien en ces termes les avantages de la grande propriété (1) : « C’est un fait connu et facile à comprendre que la petite propriété est écrasée de dépenses extrêmement considérables pour les constructions, pour l’achat d’animaux de trait et d’instruments, que de même certains de ses besoins courants, par exemple ceux du chauffage et de l’éclairage, se chiffrent plus haut que dans la grande propriété. C’est une propriété fondamentale de certaines fonctions économiques, de ne pouvoir être accomplies avec profit que sur une base étendue :
(1) Goltxsches Handbuch, I, p. 196.
ainsi l’élevage des animaux, l’exécution de certains travaux techniques, l’emploi de machines, l’exécution d’améliorations, etc. Dans de pareils domaines , la grande exploitation est toujours supérieure. Elle peut jouir j d’avantages semblables dans la mise en valeur des produits et dans l’utilisation du crédit. Mais surtout le grand propriétaire a cet avantage de pouvoir, en raison de sa situation et de ses fins, donner pour base à son entreprise un plan déterminé permettant de l’embrasser dans son ensemble et de mettre de l’ordre dans l’exécution des divers travaux, et, par l’application de l’important principe de la concentration et de la division du travail, de pouvoir, en les exerçant en certaines directions spéciales, rendre plus productif le travail des hommes qu’elle emploie. Il n’y a pas de doute que l’évolution moderne de l’agriculture n'ait fourni à la grande propriété des ressources scientifiques et techniques supérieures, qui la mettent en mesure, par la formation d’un personnel scientifique approprié, d’affirmer en ces différents sens sa supériorité. »
Ce langage ne ressemble guèrç à celui de M, le professeur Sering.
b) Excès de travail et insuffisance de consommation dans la petite exploitation .
Que peut opposer la petite exploitation aces avantages de la grande ? l’activité plus considérable, les soins plus assidus du travailleur qui produit pour lui-même, à l’inverse du salarié, et la sobriété du petit agriculteur propriétaire, qui dépasse celle même du travailleur agricole salarié.
John Stuart Mill, un des plus ardents défenseurs de la petite culture, présente comme étant sa caractéristique la plus importante, l'infatigable labeur de ses travailleurs.
Vï. — GRANDE EXPLOITATION ET PETITE EXPLOITATION 461
licite entre antres, dans ses principes d’économie politique, un auteur anglais parlant des paysans dans le Palatinat : « Ils travaillent avec ardeur tôt et tard, dit-il, parce qu’ils ont la conscience de travailler pour eux-mèmes. Ils se tourmentent du matin au soir, d’un bout de l’année à l’autre; ce sont les plus endurantes, les plus infatigables, les plus persévérantes des bêtes de somme. Les Anglais seraient frappés d’étonnement, s ils pouvaient voir avec quel soin les Allemands ramassent leur bois à brûler. » Et il parle plus loin de « l’activité presque surhumaine » des petits paysans, qui fait une puissante impression sur tous ceux qui en sont témoins. Cette remarque, que des hommes sontles plusendurantesetlesplusinfatigables des bêtes de somme, est-elle de nature à relever l’iiumanité?
Mais le paysan ne se condamne pas seul à ce travail forcé ; il y condamne aussi sa famille. En agriculture, ménage et exploitation agricole sont intimement liés, et, par suite, les moins résistantes des forces travailleuses, les enfants, sont toujours là, à la disposition de l’exploitation. Comme dans l'industrie domestique, dans la petite exploitation agricole, le travail des enfants dans leur famille est plus pernicieux encore que le travail qu’ils fournissent pour un salaire chez des étrangers. « Le travail des femmes et le travail des enfants, dit un rapport westphalien, se fait très rarement chez des étrangers et n’entraîne alors d’inconvénients d’aucune sorte, celui des enfants est même fort profitable. Mais la plupart du temps les enfants sont surmenés par leurs propres parents, de telle façon que le rapporteur croit pouvoir constater là un danger pour le recrutement militaire. » Et un autre dit dans son rapport, pour rassurer : « Le travail des enfants devient inquiétant tout au plus quand ils sont employés chez leurs parents ou chez les journaliers fermiers qui les font travailler au pair » (1).
(1) Situation des ouvriers agricoles dans le nord ouest de l’Allemagne. Erhebungen des Vereins für Sozialpolitik , I, S. 83, 122.
Très rassurant vraiment !
Il faut être un partisan fanatique delà petite propriété foncière, pour voir un avantage dans cette servitude à laquelle elle condamne ses travailleurs, les forçant à-être de simples bêtes de somme, dont toute la vie, à l’exception du temps qui leur est laissé pour dormir et se repaître, est une vie de labeur.
La folie du travail n’est cependant pas un mal héréditaire des paysans. Le nombre de ces jours de fête le prouve assez, qui, depuis le Moyen âge, se sont maintenus jusqu’à nos jours dans tant de pays catholiques. Roscher cite l’exemple d'un pays de Basse-Bavière, où on comptait par an 204 jours fériés (entre autres 40 fêtes patronales et leur retour dans les environs, 12 fêtes de tir, etc.), et où les fêtes commençaient la veille à quatre heures de l’après-midi !
Et l’on réclame maintenant la journée de huit heures pendant 300 jours de l’année !
Les ouvriers ne commencent réellement à se surmener que lorsque le produit de leur travail, au lieu de servir à leur usage personnel, est porté au marché ; c’est l'aiguillon de la concurrence qui produit ce résultat. Sous l’action de la concurrence, il faut augmenter la durée du travail dans la mesure où les procédés techniques de l’exploitation sont arriérés.
Ceci engendre cela et inversement. Une exploitation qui n’est pas en état de venir à bout de la concurrence par des perfectionnements techniques, est forcée de demander plus d’efforts aux ouvriers. D’autre part, une exploitation où les ouvriers peuvent être surmenés au dernier degré, n’est pas dans la nécessité de posséder l’outillage technique le plus parfait, comme une exploitation dont les ouvriers limitent la durée de leur peine. La possibilité d’augmenter le temps de travail des ouvriers est un grave obstacle aux progrès techniques.
La possibilité d’exploiter les enfants a ïe même effet.
Nous avons déjà vu qu’une culture rationnelle est impossible sans de très sérieuses connaissances scientifiques. Les écoles d’agriculture, élémentaires et supérieures, ne sont évidemment pas en état de remplacer l’enseignement supérieur des sciences naturelles et de l’économie politique, mais encore rendent-elles possible au paysan qu’elles ont formé, de conduire leur exploitation, sinon de la manière la plus rationnelle, du moins d’une maplus rationnelle que les paysans ignorants. Mais au besoin d’une instruction plus complète s’oppose victorieusement le besoin d’exploiter au plus tôt, et d’une manière aussi intence que possible, les membres de la famille. Il y a des régions, surtout en Bavière et en Autriche, où l’école obligatoire jusqu’à 14 ans semble trop longue aux paysans, et où ils font les efforts les plus considérables pour que les études cessent à 12 ou au plus à 13 ans.
A mesure que l’agriculture devient plus scientifique, que la concurrence augmente entre l’exploitation rationnelle du sol et la petite culture routinière, les paysans sont forcés de plus en plus à recourir au travail des enfants et à restreindre l’instruction qu’on leur donne.
L’augmentation du travail du petit paysan propriétaire et de sa famille, indépendamment de toute considération morale ou autre, ne peut, même au point de vue purement économique, passer pour un avantage de la petite •exploitation.
Et il en va des besoins modiques du petit paysan comme de son acharnement au travail.
Nous avons déjà vu que la petite exploitation a économiquement, sur la grande, cet avantage qu’elle n’a pas, à côté des travailleurs manuels, à payer des travailleurs intellectuels, dontles prétentions sont bien plus grandes. Mais la grande exploitation est obligée d’accorder à l’ouvrier manuelune existence plus large que celle que se laisse imposer le petit paysan. La propriété qui sti-
mule le paysan à s’éreinter davantage que le salarié nonpropriétaire, le pousse aussi à réduire ses prétentions au minimum.
Mais le deuxième effet n’est pas plus que le premier^ dans toutes les circonstances, une conséquence de l’exploitation paysanne. Pendant le même Moyen âge où il y avait tant de jours fériés, nous voyons les paysans vivre une vie joyeuse, bien manger et bien boire. Et là où la situation ou les traditions du Moyen âge se sont perpétuées jusqu’à nous, le paysan n’est pas ladre, aujourd’hui non plus. Mais il le devient quand la concurrence s’empare de son industrie. Quelques exemples montreront combien la condition du petit paysan peut tomber au-dessous de celle des ouvriers salariés.
Un Anglais, vers 1880, déclarait qu’on ne pouvait rien imaginer de plus lamentable que l’existence de certains paysans français. Leurs maisons mériteraient le nom d’étables à porc. La maison d’un de ces paysans français nous est décrite de la façon suivante : « Pas de fenêtres, deux vitres qu’on ne peut pas ouvrir, au-dessus de la porte, ni air, ni lumière quand la porte est fermée. Ni étagère, ni bureau, ni armoire ; sur le sol, des oignons, des habits crasseux, du pain, des socs, et un tas d’ordures indescriptible... Presque toujours, la nuit, hommes,,’ femmes, enfants et bêtes, dorment confondus pêle-mêle. Et ce manque de confort ne vient pas toujours de la pauvreté. Ces gens ont perdu le sens des convenances : ils ne pensent qu’à épargner le combustible. »
Leur avarice devient sordide, dit l’auteur dans un autre passage, ils semblent avoir perdu la faculté de jouir, et, pourvu qu’ils puissent épargner un sou, tout plaisir, toute douceur de la vie leur est indifférente. « Pas un livre, pas un journal, aux murs pas un tableau ou unegravure sur bois, pas un morceau de porcelaine, pas un ornement, pas un beau meuble, pas de pendule, l’orgueil de la ferme anglaise. 11 est impossible d’ima-
giner une vie aussi arriérée, aussi complètement dépourvue d'agrément de toute sorte. On murmure au moindre sou qu’il faut donner pour les choses les plus indispensables. Le résultat est une existence basse , misérable , abominable , dont le seul idéal est d’enfouir le plus de sous possible dans le vieux bas. »
Mais la situation n’est pas meilleure dans les petites exploitations agricoles de l’Angleterre. Ce qu’est là-bas la vie et le travail des propriétaires et des fermiers des petites exploitations, le plus récent rapport (1897) de la Commission parlementaire agraire nous le fait connaître. On y lit :* « Dans toute la contrée (Cumberland), les fils et les filles des fermiers travaillent pour rien. Je ne connais pas de cas où un père donne un salaire à son fils ou à sa fille. Ils donnent à leur fils de 1 à 2 schellings pour du tabac. Un petit paysan, un petit freeholder de Lincoln déclare : « J’ai élevé une famille, et je Lai fait travailler à en crever. [Mes enfants m’ont dit : « Père, nous ne voulons pas rester ici, et nous tuer de travail. » Ils sont allés dans les fabriques, et ils nous ont laissés, ma femme et moi, à notre destinée. » Un autre dit : « Moi et mes enfants nous travaillons parfois 18 heures par jour, en moyenne de 10 à 12. 11 y a vingt ans que je vis ici, j’ai de la peine à me tirer d’affaire ; l’année dernière nous avons perdu de l’argent. Nous mangeons très peu de viande fraîche. » Un troisième : « Nous travaillons plus dur que des journaliers, comme des esclaves. Le seul avantage que nous avons, c’est d’être libres. Nous vivons avec beaucoup d’économie », et ainsi de suite.
M. Read s’est expliqué devant la Commission sur la situation du petit fermier dans les pays agricoles. « Le seul moyen pour lui de vivre est de travailler comme deux journaliers et de ne pas dépenser plus qu’un seul. Ses enfants sont plus misérables et plus mal élevés que les
l’agriculture dans la société capitaliste
enfants des journaliers (1). » Ce n’est que dans les pays où domine la culture des fruits ou des légumes, et dans ceux où il y a moyen de gagner de l’argent à côté, que les rapports sont moins affligeants.
11 en est de même dans beaucoup de contrées de l’Allemagne. Quelqu’un écrit de Hesse, danslaiV^/e Zeit (XllL I, p. 471). « Le petit paysan mène l’existence la plus misérable qu’on puisse imaginer : les journaliers agricoles sont beaucoup plus heureux, car ils sont, comme ils le disent eux-mêmes, « avec leur bouche » chez le patron, c'est-à-dire qu’ils y reçoivent la pitance. Ils ne sont pas exposés, avec leurs revenus, aux caprices du temps, sauf que dans les mauvaises années la nourriture est aussi moins bonne.» La raison qui fait que l’on donne une meilleure nourriture aux journaliers, c’est, nous dit-on, que « le seul moyen d’attirer de bons ouvriers est aujourd’hui de lesbien nourrir » ; les pommes de terre sont l’aliment essentiel.
« Les habitations des petits paysans sont extrêmement pauvres, les maisons sont ordinairement en bois ou en terre, bâties sans art et très négligées dans ces dernières années. De plus, le logement est très sobrement meublé, une table, un banc, quelques tabourets, un lit avec un rideau — un lit à ciel — une armoire, c’est le plus souvent toute sa richesse. »
Comment l’art de jeûner que possède le paysan peut amener une supériorité économique de la petite exploitation, c’est ce dont A. Buchenherger nous donne un exemple, tiré du Grand-duché de Bade. Il compare, dans la commune de Bischoffingen, une propriété moyenne de il hectares et une autre de 5 hectares et demi. Il fallait, par suite de circonstances extraordinaires, faire travailler la terre de la moyenne propriété par des journaliers, exclusivement : situation particulièrement défa-
(1) Royal Commission on Agriculture Final Report, pp. 34, 357.