LES LIMITES DE L’EXPLOITATION CAPITALISTE
nistration dans une exploitation plus importante employant les barattes centrifuges. Il faudrait en même temps faire la séparation de l’élève des bêtes laitières de leur utilisation proprement dite, toujours pour épargner les frais d’administration. Pour l'élève des moutons on peut également établir une division suivant les usages différents. Les boucs reproducteurs doivent alors provenir de troupeaux spécialement destinés à la reproduction.
« La commune mise en valeur des produits obtenus dans un certain nombre de domaines peut être réglée de différentes façons, soit qu’on les mette en œuvre directement, soit qu’on les vende à des étrangers; on peut les ouvrer dans des moulins ou des huileries, des raffineries, des brasseries, des scieries, etc., ou les vendre sur les propres marchés du domaine.
« Pour mettre en valeur les produits de la manière la plus avantageuse, il faut créer les moyens de transport les plus variés, lignes secondaires de chemins de fer, tramways raccordés aux voies principales, funiculaires, tracés de chemins, pacages, canaux, etc., aux frais de l’exploitation ou avec l’aide d’entrepreneurs étrangers.
« On obtient une simplification de l’administration, en utilisant l’étendue de la propriété et la proximité des différents domaines pour établir une division du travail.
« Un point essentiel, dans l’organisation d’une grande exploitation, consiste à accroître la quantité de travail fournie par chacun en l’employant à ce à quoi il est le le plus propre. Quand une personne est plus particulièrement apte à tel ou tel travail, il faut la mettre dans un emploi où elle puisse le mieux appliquer ses capacités. Au reste, c’est en changeant les occupations de temps en temps du personnel de l’administration qu’on arrive à h éviter la routine. Dans de petites organisations on ne peut pas toujours appliquer ces principes.
« On a de grandes difficultés à établir sur ces bases l’organisation de la grande propriété foncière quand les
236 l’agriculture dans la société capitaliste
différents domaines sont éloignés les uns des autres. Les succès d’une telle organisation sont d'autant plus éclatants que les différents domaines sont plus rapprochés.
« Dans tous les cas, l’organisation de la grande propriété foncière (côté jusqu’ici très négligé de la grande exploitation, agricole) mérite les plus grands soins, parce que, par ses progrès qui reposent sur les progrès de l’agriculture considérée comme science, elle semble appelée à être la forme sous laquelle la grande exploitation produira les plus grands résultats. »
C'est dans ces exploitations monstres et non dans l’exploitation naine des paysans, que cet homme, d’une autorité incontestable, cet homme qui a fait ses preuves dans la pratique et qui possède en même temps la profondeur et la science d’un théoricien, voit l’avenir de l’agriculture moderne rationnelle ; mais cette exploitation géante rencontre un obstacle qui n’arrêté la grande industrie qu’exceptionnellement : le manque de bras.
f) Le manque de bras.
L’étendue du marché, la possession de moyens financiers, la présence des conditions techniques indispensables^ tout cela ne suffit pas à fonder une grande exploitation capitaliste. L’essentiel, c’est d’avoir des ouvriers. Toutes les autres conditions ont beau être réalisées, si l’on n’a pas des ouvriers sans propriété et forcés de se vendre aux capitalistes, une exploitation capitaliste est impossible.
Mais l’industrie urbaine, dans les vieux pays civilisés, n’a pas à redouter de manquer d’ouvriers. Le prolétariat se multiplie et donne un nombre croissant d’ouvriers au capital qui augmente sans cesse.
En outre, dans les villes, viennent augmenter le nombre des salariés les descendants de petits bourgeois et de petits paysans auxquels il estimpossible de devenir