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VIII. — LA PROLÉTARISATION DES PAYSANS

exploitations agricoles, en 1895, à 5 556 900), celui des agriculteurs indépendants qui avaient encore un autre métier (métier accessoire' ou principal), à 2 664 626, c’est-à-dire 56 0/0, plus de la moitié du nombre total. (Comparer les chiffres p. 172.)

11 faut aussi remarquer raccroissement rapide du nombre de ceux dont l’agriculture est l’occupation principale et qui ont un métier accessoire, tandis que, dans les autres professions, le nombre de ceux qui ont une occupation accessoire à côté de leur métier a diminué.

Ont des occupations accessoires

Absolument

Proportion¬

nellement

au

nombre

total

Absolument

Proportion¬

nellement

au

nombre

total

Agriculture . . . .

Industrie .

Commerce .

Services domestiques .

Armée. Bureaux de l’Etat. Carrières libé¬

rales .

Sans profession . . .

Total. . . . .

Là, où il est déplus en plus facile d’avoir une occupation accessoire en dehors de l’exploitation delà propriété particulière, le morcellement des biens prend un développement incroyable, et les tendances centralisatrices qui agissent en sens contraire sont, pour un moment du moins, complètement annihilées.

La Belgique nous donne l’exemple d’une évolution de ce genre. On y comptait :

De 1846 à 1866, toutes les exploitations ont pris du développement, les petites, cependant, plus vite que les grandes. De 1866 à 1880, toutes ont diminué, excepté les toutespetitesàpropos.desquelleson ne saurait parler d’agriculture indépendante. C’est précisément dans cette classe d’exploitations que la diminution de l’étendue moyenne ne doit pas être attribuée au développement de la culture intensive, mais au morcellement croissant de la propriété foncière et à l'extension des industries accessoires.

Près des quatre cinquièmes des exploitations agricoles en Belgique sont des exploitations naines dont les propriétaires sont forcés de travailler comme salariés ou d’avoir un métier à côté, et qu’on ne considère plus comme producteurs de denrées pour le marché. Leur nombre absolu a presque doublé depuis L846, pendant que celui des grandes exploitations (de plus de 20 hectares) diminuait considérablement. Y a-t-il là de quoi enthousiasmer les fervents de la propriété paysanne?

Il n’en va pas de même partout. L'émiettement excessif des petites propriétés peut servir à consolider la grande propriété comme nous Lavons déjà vu. Ainsi, il peut arriver que la petite et la grande exploitation se développent simultanément, non seulement par suite de l'extension des terrains de culture, mais là même où elle n’est pas possible. Là, le morcellement s’opère aux dépens de la moyenne exploitation.

LA

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