VIII. — LA PROLÉTARISATION DES PAYSANS
De 1860 à 1864, les indications font défaut sur le mouvement de la propriété foncière.
De 1865 à 1867, il se dessinait de la manière suivante: Gain (-+-) ou perte ( — )
Terres
nobles
Propriétés moyennes
Petites propriétés
Nombre
Arpents
Nombre
Arpents
Nombre
Arpents
Provinces orientales .
Wesphalie . . .
Saxe .
En outre, quelques milliers d’arpents sont devenus propriété communale ou nationale. Et c’est encore la propriété moyenne qui en a fait les frais.
Dans ces derniers temps, d'une façon générale, la propriété moyenne n’a plus été mise à contribution pour ce double usage. De 1882 à 1895, ce sont précisément les propriétés paysannes moyennes de 5 à 20 hectares qui ont le plus gagné (560 000 hectares) comme le montre le tableau de la page 200. On aurait cependant tort d'en conclure que le procès contraire commence, et que l’exploitation paysanne moyenne refoule l’exploitation naine et la grande exploitation. Nous arrivons à des résultats tout à fait particuliers quand nous séparons les exploitations dont l’extension varie d’une manière sensible de celles qui ne laissent apercevoir aucun changement appréciable. On comptait :
Exploitations
Accroissement
ou
diminution
Nombre
absolu
Moins de l hectare .
de 1 à 5 hectares . .
de 5 à 20 hectares . .
de 20 à 1 000 hectares.
Au-dessus de 1 000 h.
Total .
Nous voyons donc que les exploitations de 5 à 20 hectares ont considérablement augmenté, mais les plus grandes et les plus petites davantage encore, proportionnellement. Les exploitations intermédiaires ont à peine augmenté ; elles ont même diminué relativement au nombre total qui a augmenté.
On a fait des objections contre ces chiffres. Mais on arrive au même résultat par la méthode proposée par mes critiques. On avait :
Catégories d’exploitations
des
Nombre exploitations pour cent
Étendue
de chaque catégorie pour 100 hectares de sol cultivé
Exploitations de 1 hectare .
— 1 à 5 hect.
— 5 à 20 hect.
Au-dessus de 1000 hectares.
Ces chiffres nous révèlent le même fait que les premiers. Les plus petites, les moyennes et les plus grandes exploitations ont relativement gagné du terrain, les exploitations intermédiaires en ont perdu.