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VIII. — LA PROLÉTARISATION DES PAYSANS

Ainsi le travail au loin exerce la même influence que rétablissement des grandes industries en rase campagne. Il consolide la petite propriété foncière, cet élément soi-disant si conservateur, mais en même temps il révolutionne complètement les conditions d’existence des petits propriétaires fonciers, et leur donne des besoins, des idées qui ne sont rien moins que conservatrices.

Celui qui s’imagine que les simples chiffres de la statistique épuisent le contenu infiniment varié de la vie sociale, peut retrouver la tranquillité en lisant dans les chiffres de la statistique des exploitations que, si grande que soit l’évolution dans les villes, tout reste à la campagne comme par le passé et que rien ne se modifie dans aucun sens. Mais si l'on regarde sous ces chiffres, sans être hypnotisé par les rapports qui existent entre la petite et la grande exploitation, on porte un autre jugement, on voit assurément que les grandes exploitations ne varient pas de nombre, que les petites exploitations ne sont pas absorbées par les grandes, mais on voit aussi que toutes les deux, grâce au développement industriel, subissent une complète révolution, et une révolution qui établit un contact de plus en plus étroit entre la petite propriété foncière et le prolétariat non possédant, et rapproche toujours davantage les intérêts de l’une et de l'autre.

Mais les résultats de l’évolution économique ne se bornent pas à cela. Elle crée une série d’autres facteurs qui transforment de fond en comble l'essence de l’agriculture produisant des marchandises, c’est-à-dire produisant un excédent pour la société.

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