FAMILLE ALBANAISE DE ZADRIIVIA
Rien n'est plus admii-able en Albanie que l'esprit de solidarité et de sacrifice qui anime les membres d'une même famille. On voit souvent des familles compter une cinquantaine de membres et même plus. Les nouveaux mariés ne s'éloignent jamais du foyer familial que lorsqu'ils y sont forcés par des nécessités matérielles. Le plus âgé est considéré comme le chef de la famille et ses prérogatives sont illimitées. La femme la plus âgée y est l'objet du respect des plus jeunes. Nul n'insulte une femme impunément. Forte de l'impunité que lui assure son sexe, elle n'a jamais à redouter une violence de la pai't de ceux qui poursuivent les mâles de sa famille pour cause de vendetta. Sa fidélité conjugale est inébranlable. Son mari peut compter sur sa foi, son absence durât-elle plusieurs années. Les jeunes gens s'en rapportent à leurs parents du choix d'une épouse et on ne les voit jamais contrecarrer leur volonté. Les frères ne se marieraient point qu'ils n'aient avant établi leurs sœurs. On les voit souvent garder le célibat quand ils ne trouvent pas à les marier, et se soumettre aux plus dures privations pour les doter. Jaloux de leur honneur, ils sont toujours prêts à les défendre contre toute insulte, même au i^rix de leur vie. L'adultère y est chose presaue inconnue, et le divorce est considéré comme un acte immoral. Le divorcé trouve difficilement à se remarier...
(H. Hecquart : Histoire et description de la Haute Albanie, page 227).