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ce n'était pas assez, le parti victorieux a trouvé d'autres moyens d'irriter le débat avec son adversaire. Les Nordistes ont essayé d'exclure le Sud des territoires qui appartenaient en commun aux deux sections. Ils Font forcé à consentir à faire l'abandon de ses droits sur la moitié de l'espace en question. Ils l'ont amené à souffrir que la ligne de démarcation fût tirée de telle sorte, que c'eût été scandaleusement injuste lors même qu'il eût été juste que cette ligne de démarcation fût tirée. Finalement ils ont refusé de se considérer comme liés par cette transaction. Ils ont fait tentatives sur tentatives pour sauter par-dessus les frontières qu'ils avaient extorquées, et cela non-seulement en violation de l'esprit de l'Union, non-seulement en violation de leurs engagements, mais aussi en violation des termes du traité de cession de la Louisiane par la France. Et à ces hostilités opiniâtres et incessantes, à ces injustices prolongées et toujours croissantes, on a ajouté la provocation et l'insulte. Le Sud et ses habitants devinrent un sujet d'invectives venant des « plat forms « du Nord, de dénonciations venant des chaires du Nord. Quelque véhéments que fussent les orateurs politiques, ils étaient laissés de bien loin en arrière par les prédicateurs. Le clergé a toujours, et dans tous les pays, possédé une puissance de vitupération à faire envie au plus éloquent
laïque. Dans les temps où les Papes et les Empereurs avaient coutume de lancer des manifestes les uns contre les autres, c'étaient toujours les premiers qui étaient les plus violents. Mais aucune bulle des premiers âges, d'Innocent IV contre Frédéric, de Clément V contre les Vénitiens, ne pouvait, d'une façon plus triomphante et plus certaine, annoncer à son ennemi sa damnation éternelle, qu'un saint ministre de l'Evangile quand il estabolitionniste et qu'il s'adresse aux propriétaires d'esclaves (1). Et pen-
(1) Voici une des dernières nouveautés (hélas ! je désirerais que ce fussent des nouveautés) en matière d'exhortation cléricale. Je ne citerai qu'une phrase ou deux. « Si j'en avais le pouvoir, » disait tout récemment le Révérend M. Brownlow, « je voudrais armer et revêtir de l'uniforme Fédéral tous les loups, toutes les panthères, tous les tigres, et tous les ours des montagnes de l'Amérique , tous les crocodiles des marais de la Floride et de la Caroline du Sud, tous les nègres de la Confédération, et tous les diables de l'enfer. Cette guerre, je vous le dis, doit être poursuivie avec une violence vengeresse, jusqu'à ce que la rébellion ait été abattue, jusqu'à ce qu'on ait exterminé et fait disparaître de la surface de la terre, créée par le Tout-Puissant, hommes, femmes, enfants, qui se trouvent au Sud, de la ligne de Mason et de Dixon (1)... Je désire voir prendre Richmond par Grant; mais si j'avais la liberté du choix, je préférerais que Richmond et Charleston fussent pris par une armée exclusivement composée de nègres et commandée par le farouche Butler. . . Nous pousserons devant nous, Dieu nous en fera la grâce, toute la masse des rebelles, jusqu'à ce que nous puissions les précipiter dans le Golfe du Mexique et noyer la race entière, comme le diable a fait pour les pourceaux dans les mers de la Galilée. » Et ces beaux sentiments et d'autres du même genre
(t ) Ligne de Mason et Dixon — nom donné b la frontière fixée d'après le Compromis du Missouri. »
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dant tout ce temps il n'y avait pas d'hostilité politique professée contre le Sud. Les Protectionnistes se contentaient de rançonner ses habitants sans les injurier par-dessus le marché. Les Abolitionnistes n'étaient pas assez forts pour former un parti. Des deux grandes combinaisons politiques, les Démocrates étaient plutôt leurs amis, et les Whigs n'étaient certainement pas leurs ennemis. Et cependant toutes ces choses leur avaient été imposées par force, alors même que les chefs de partis étaient pris parmi eux. Maintenant une faction s'était formée, qui prenait ouvertement et expressément comme base son hostilité contre le Sud. L'élu de cette faction était devenu le chef de l'Etat, et il y était parvenu par des moyens qui prouvaient aux hommes du Sud leur complète impuissance de résister à tout ce qu'il pourrait vouloir faire, ou à tout ce qui lui serait dicté par ceux qui l'avaient pgrté à la présidence. Le pouvoir exécutif tout entier et une majorité assurée dans les assemblées législatives étaient entre les mains de leurs ennemis déclarés, trop ignorants pour être modérés, trop cupides pour
ont été acclamés par l'auditoire à New- York. Trouvez, si vous pouvez, une bulle d'excommunication d'un Pape ou une carmagnole de Barère comparable à cela ! Si l'on pouvait réunir cette armée de bêtes féroces et de démons, à laquelle il aspire, nul ne serait plus digne d'être mis à sa tête comme chef, ou tout au moins comme tambour, que co scélérat consommé.
être généreux, et trop fanatiques pour être accessibles à la pitié. Si le système de la Protection et du Sol Libre avait été envahissant jusque-là, que serait-ce maintenant ? Si tout ce qui avait été fait contre le Sud avait été pratiqué quand l'arbre était dans toute sa verdeur, que serait-ce maintenant qu'il s'était desséché ?
C'en était assez. Les Etats du Sud comprirent qu'il faudrait s'attendre à une bataille plus féroce et plus ardente que toutes celles qui avaient eu lieu précédemment, et que ce serait pour eux une question de vie ou de mort. Il n'y avait qu'un moyen de l'éviter, et ce moyen c'était de se séparer de l'Union. Ce parti était douloureux à prendre pour ceux qui, au 4 Juillet, aimaient à écouter les discours sur la bannière étoilée de la Fédération, sur l'Oiseau de la Liberté, sur les glorieuses destinées de la Colombie, et sur ce que bien des gens prenaient pour la doctrine de Monroë. C'était également douloureux pour les esprits plus nobles qui aimaient à se rappeler les anciens jours, quand l'amitié du Sud et du Nord pouvait trouver sa personnification dans celle qui unissait Washington et Hamilton, et qui ne pouvaient assister sans chagrin à la rupture de l'ancienne association. Mais il n'y avait pas possibilité de s'y soustraire. L'esprit d'Hamilton n'existait plus dans le Nord. Pour le moment, tous les anciens sou*
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venirs disparaissaient devant l'imminence des dangers. Les mots « Sécession et nouvelle Union »• comme en 1787, furent prononcés, et, ainsi qu'un feu follet, coururent dans toute l'étendue du Sud. La Caroline du Sud, la plus ardente et la plus fougueuse des communautés Américaines, toujours, comme autrefois, prompte dans ses résolutions et disposée à donner l'exemple de l'audace de l'exécution, prit l'initiative, comme elle avait déjà fait, et déclara qu'elle ne continuerait pas plus longtemps à faire partie de l'Union. Son exemple fut rapidement suivi tout le long du Golfe, il gagna jusqu'aux frontières du Mexique, et dans un espace de temps incroyablement court, sept Etats étaient rangés sous la bannière aux Palmiers, et ses représentants s'étaient réunis dans un nouveau Congrès pour jeter les fondements d'une nouvelle Confédération, dans l'hôtel de ville de Monfgomery, capitale de l'Alabama.
Le fait principal était accompli. Mais il restait encore quelques arrangements de détail à régler. Que le Nord fut disposé à approuver ce qui avait été décidé, ce n'était pas probable. Les séparatistes connaissaient assez bien leur vieil ami Yankee pour savoir d'avance qu'il ne consentirait pas à payer luimême des impôts après les avoir fait si longtemps acquitter par les chiens d'Edom. ** Laissons aller le Sud! nous savons à quoi nous en tenir! »» tel fut le
cri qui retentit non-seulement dans l'avare Nouvelle-Angleterre, mais dans Thabile New-York. II était difficile de prévoir, à cette époque, que les séparatistes seraient déclarés rebelles par quiconque avait part à l'autorité, ou dont l'intelligence était supérieure à celle d'un prédicateur de Boston ; mais il était probable que le Nord ferait naître toutes les difficultés qui pourraient les entraver dans la réalisation de leurs desseins. Dans les différentes parties de l'Union, il y avait ce qu'on appelait des forteresses Fédérales, comme Rastadt et Mayence en Allemagne, et qui étaient occupées non par les troupes de l'Etat où elles étaient situées, mais par les troupes de l'Union; et il était facilement concevable qu'un Gouvernement astucieux, qui voulait faire obstacle à la sécession, soulèverait toutes les arguties que la matière pourrait fournir pour la reddition de ces forteresses. Les hommes du Sud résolurent, en conséquence, de ne pas perdre de temps pour terminer cette affaire. Les seules forteresses Fédérales dans les Etats séparés étaient à Charleston ; et par conséquent c'était à la Caroline du Sud qu'incombait la charge de traiter avec le Gouvernement de Washington.
Heureusement pour la Caroline du Sud (du moins quant à ses droits — car cela n'apporta pas grande différence dans la pratique), elle avait, en accor-