‹ La question américaineChapitre 11 sur 37 · CAROLINE DU SUD ET VIRGINIE. I · texte numérisé non relu

CAROLINE DU SUD ET VIRGINIE. I

dant le terrain pour la construction du Fort Pickens et du Fort Sumter, réservé son droit de souveraineté sur le terrain en question; en d'autres termes, elle ne l'avait pas donné, mais prêté à l'Union pour une période de temps indéterminée. Maintenant elle le réclamait. Lincoln, ou plutôt Seward, ne dénia pas le droit qu'elle avait d'en faire la réclamation, mais il présenta plusieurs excuses afin d'obtenir des délais avant d'en abandonner la possession. C'était désagréable ; mais les excuses étaient plausibles, et les Commissaires de la Caroline du Sud, quoique traités avec assez peu de courtoisie, restèrent à Washington dans l'espérance d'accélérer un peu la solution.

A la fin ils furent efirayés par cette rumeur, que tous ces pourparlers n'étaient qu'un leurre, et que pendant que Lincoln et Seward leur jetaient de la poudre aux yeux, ils se préparaient en dessous main à ravitailler le Fort Sumter, avec l'intention de refuser de l'évacuer. L'honneur Yankee n'était pas quelque chose sur quoi il fallût beaucoup compter, mais cependant ce procédé semblait un peu fort, même pour des Yankees. Cependant ils savaient un peu à quoi s'en tenir sur l'élévation d'esprit du héros de l'histoire de l'étrille ; et quoique, pour le moment, ils fissent au Président l'hoBneur de le croire honnête, néanmoins ils ne lui supposaient pas des fa-

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cultes bien supérieures, et par conséquent ils pensaient qu'il ne devait pas être difficile à mener. Aussi furent-ils d'avis qu'ils devaient tout au moins prendre quelques informations à ce siyet. Ds y procédèrent par Tentremise d'un ancien juge de la Cour Suprême des Etats-Unis, qui était du Sud par son origine, mais qui était dévoué à la cause de rUnion. L'histoire des négociations de ce gentleman avec le Président Lincoln et M. Seward à ce sujet est tout ce qu'il y a de plus honteux. Elles forent trop longues pour en donner le détail complet. Mais le résultat fut ceci : — Après beaucoup de paroles perfides et évasives, M. le Secrétaire d'Etat Seward en vint au mensonge direct. Il informa le médiateur, et comme s'il parlait au nom du Président, qu'aucune tentative pour ravitailler le Fort Sumter ne serait faite sans que le Gouverneur de la Caroline du Sud* n'en eût été prévenu. A peine cette assurance avait-elle été donnée que la nouvelle arriva qu'une expédition, dans le but si positivement répudié par le Président, était actuellement parvenue à Charleston ; que peu de temps avant , et dans la prévision d'un semblable événement annoncé par la rumeur publique, les Caroliniens, toujours désireux d'éviter une rupture, avaient offert au Commandant du fort de ne pas ouvrir le feu à moins d'être attaqué, et que quant à eux ils s'abs»

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