SÉCESSION — CAROLINE DU SUD ET VIRGINIE
ON pourrait penser que j'ai donné un compte exagéré et inexact de la balance des partis lors de l'élection du Président Lincoln ; et c'est exactement ce que je viens de faire.Ce n'est cependant pas ce que j'avais l'intention de faire. Je n'étais pas encore arrivé à cette époque, et j'avais quelque chose à dire sur Buchanan . Cependant il paraissait à propos d'énoncer ce qui devait arriver comme résultat de la formation d'un parti anti-Sudiste; et je trouve qu'en le faisant j'ai esquissé un tableau qui ne s'éloigne pas
lyo SÉCESSION :
trop de ce qui devait arriver. La minorité de Lincoln n'a pas été, il est vrai, aussi prononcée que je l'ai faite pour mon Président imaginaire. Elle n'a pas dépassé beaucoup un million. Mais le résultat a été conforme à la description que j'ai faite, à savoir: que les Démocrates, ou Conservateurs, ou parti des droits des Etats, ou parti de l'Union ayant, sur l'ensemble des votes, une immense prépondérance, le parti opposé, c'est-à-dire les Républicains, ou anti- Esclavagistes, ou parti du Nord, a réussi néanmoins à installer son candidat dans le fauteuil de la Présidence.
Tout le monde connaît le résultat. En dépit de la grande habileté de ses chefs, en dépit des nombreux et éminents serviteurs qu'il avait fournis à la République, en dépit de la grande prééminence sociale de ses fils et de ses filles, en dépit de l'appui qui lui était prêté par les Démocrates du Nord, le Sud avait un lourd fardeau à porter. Même en 1828, il y avait eu de terribles plaintes. Même en 1832, un nouveau tour imprimé à la vis avait fait perdre patience à la Caroline du Sud, et depuis le mal avait toujours été en augmentant. Les odieux droits protecteurs, que l'attitude résolue de la Caroline du Sud et les prudents conseils de Clay avaient pu faire écarter, furent imposés de nouveau dix années plus tard, et depuis le Nord n'a jamais lâché la main. Comme si