‹ La question américaineChapitre 13 sur 37 · CAROLINE DU SUD ET VIRGINIE · texte numérisé non relu

CAROLINE DU SUD ET VIRGINIE

toujours fourni ce qui lui était demandé et largement, mais elle n'avait pas mis d'ostentation à donner ce qu'on ne lui demandait pas. Dans les premiers temps de la Révolution, les hommes d'État étaient plus nécessaires que les généraux. L'Angleterre, éloignée du théâtre de l'action par toute la largeur de l'Atlantique , ne pouvait envoyer incessamment des masses d'hommes énormes dans le pays de Ift rébellion ; .et tout ce qu'il fallait aux colons était un peu de patience et de constance

« que par la grandeur désintéressée de son imprévoyance. La totalité « de ce vaste territoire, qui comprend dans ses limites les cinq grands « Etats de l'Ouest, l'Ohio, PIndiana, riUinois, le Michigan et le « Wisconsin, était, sous certaines conditions déterminées , transférée « au Gouvernement de l'Union pour être divisée en cinq parts , dont « chacune devait plus tard être reconnue comme Etat souverain. Par « un plus grand effort de magnanimité, elle consentait à ce que, dans 1 ce territoire ainsi abandonné, l'esclavage n'existât pas, privant « ainsi ses propres citoyens du droit d'émigrer avec leurs propriétés « dans le territoire cédé. L'histoire ne fournit pas d'exemple d'un tel « désintéressement et d'un tel acte d'imprévoyante immolation per- * ff sonnelle à ce qui était considéré comme d'intérêt public. » R* Ainsi donc la Virginie a fait l'Union. Elle lui doit non-seulement le 2 grand homme qui fut son fondateur, les membres les plus habiles de la Ç^ Convention qui établit sa Constitution, tous ses Présidents de l'époque ^ la meilleure et la plus brillante, sauf un, mais elle lui doit encore son J^ propre sol, car elle lui donna, et elle le fit de son propre mouvef ment, les terres qui doublèrent son étendue et qui la sauvèrent de la 3.' banqueroute. Comment l'Union et son gouvernement l'eu récompen- ;^ «èrent-ils ? Ce n'est que grâce et à son courage et h une»çonstance sans égale qu'elle n'a pas été mise à mort par ceux qui lui devaient que leur République fût encore vivante.

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pour arriver à anéantir leurs envahisseurs et à les faire disparaître. Le grand besoin du moment était d'entretenir la confiance chez les colons, et pour cela le génie civil était préférable au génie militaire. La Virginie répondit parfaitement à ce besoin. Washington n'était peut-être pas un général de premier ordre ; mais, avec les avantages qu'il possédait, il était supérieur à n'importe quel général que l'Angleterre pouvait envoyer contre lui à cette époque ; quant au point qui était réellement important, maîtriser les passions, modérer lesjalousies, triompher de l'égoïsme, calmer les frayeurs, aiguillonner l'indolence de ses concitoyens, Washington était, entre tous, l'homme de la situation, et il imprimait à la vie politique de son pays la marque de son caractère élevé — marque qu'il fallut bien des années pour effacer. Après que l'Angleterre eut reconnu l'indépendance des colonies, on eut besoin du conseil d'hommes d'Etat pour réunir les diverses communautés et en former une Fédération ; et aucune des treize colonies n'eut à produire une liste de délégués pour la Convention de 1787 comparable à celle fournie par la Virginie.

Dans les circonstances présentes c'est très-différent; avant que la Virginie se fût jointe à la Confédération, le groupe d'Etats qui la composaient avait placé à sa tête un homme qui, selon moi,

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