‹ La question américaineChapitre 21 sur 37 · HISTOIRE DK LA QUARTERONNE · texte numérisé non relu

HISTOIRE DK LA QUARTERONNE

quelle était jolie. Cela m'a vraiment déplu, » ajoute-t-il en s' échauffant jusqu'à cette explosion d'humanité presque chevaleresque. «« J'étais tout à fait chagrin , réellement , d'entendre ses cris et de voir le sang ruisseler à terre, et... »»

« Oui, oui »» disons-nous.

Nous nous rappelons parfaitement la scène, et n'avons pas le désir d'en entendre un récit détaillé. Pour mettre une digue au flot de ses réminiscences, nous lui demandons s'il ne veut pas boire encore quelque chose.

« Je vous remercie; mais je veux bien, si cela vous convient , prendre encore quelque chose ; » et en même temps il demande un verre de oliriejoyful (1). « Mais, voyez-vous, » continue-t-il, <« en fait, nos citoyens n'aiment pas les nègres, ni nos lois non plus. Si un homme se plaint qu'un nègre à son service est paresseux, ou désordonné , ou ne veut pas faire ce qu'il lui dit, le nègre est condamné au fouet par sentence de la Cour. Je l'ai vu moimême bien des fois. Nous avons obtenu une loi contre les nègres qui dansent ou font des choses de ce i^enre dans les granges et les bâtiments extérieurs; nous n'aimons pas leur bruit. Et tenez, nous en avons eu un exemple la semaine dernière : il y avait

'!) Autre boisson Américaine.

LES LOIS DU NORD. 24 ï

un homme du Sud , du Missouri, je crois, qui était venu pour voir s'il trouvait un endroit dans notre Etat pour s y établir, et qui avait amené quelques nègres avec lui , des hommes et des femmes. Eh bien ! peu de temps après son arrivée, il y eut un événement qui mit en révolution sa famille — une noce ou quelque chose comme cela. Aussi il donna à ses nègres quelque argent pour se procurer du whisky, un violon, et se livrer à leur petite fête. Au milieu de tout cela, pendant qu'ils dansaient et faisaient un assez grand bruit , les gendarmes, qui se doutaient qu'il se passerait probablement quelque chose de ce genre, parurent et les surprirent. Ils étaient environ dix à douze, et comme il ne leur est pas permis de se réunir ainsi plus de trois, ils furent pris et conduits devant le juge. Le maître a attrapé une amende de vingt dollars pour cette permission, et quant aux moricauds, ils ont reçu chacun trente-neuf coups de fouet. Vous n'avez jamais entendu des cris comme eaux qu'ils ont poussés. »»

« Pour un Etat libre, ce n'est pas un bien agréable asile pour les personnes de couleur. ♦»

« Non, certes, et c'est un fait. Nous n'avons pas l'envie qu'il en soit ainsi. Nous n'aimons pas trop les esclaves quand ils viennent avec leurs maîtres ; mais quant aux nègres libres, ils ne nous convien-

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