‹ La question américaineChapitre 22 sur 37 · HISTOIRE DE LA QUABTEBONNE I · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE LA QUABTEBONNE I

nent en aucune façon. C'est la plus abjecte collection d'ivrognes et d'êtres démoralisés que vous puissiez voir. Si vous voulez trouver quelque chose d'aussi mauvais, vous pouvez vous embarquer, faire le tour du monde, et vous ne trouverez rien à leur comparer depuis le moment où vous quitterez San Francisco jusqu'à celui où vousatteindrezNew-York. Nous faisons tout ce que nous pouvons pour nous débarrasser de ces créatures. Tenez ! il y a environ dix ans nous avons fait une loi d'Etat qui interdit à tout nègre libre ou esclave de pénétrer dans l'Etat de sa propre volonté. S'il le fait, il est condamné à l'amende, c'est ce que dit le bill ; et s'il ne peut payer, comme c'est le plus probable, la loi ordonne qu'il soit vendu comme esclave et forcé au travail jusqu'à ce qu'il ait acquitté son amende. »• « Comment! même s'il est libre? »

« Oui, même s'il est libre. C'est notre loi. » « Votre loi est quelque peu extraordinaire, » disons-nous. « Mais, voyons, si un noir ne vient pas de sa propre volonté, mais qu'il soit amené par son maître et affranchi pendant qu'il est dans votre Etat, qu'arrive-t-il alors? »

« Nous en avons bien garde. Si un individu amène avec lui quelques-uns de ses noirs, il .est tenu, sous une caution de mille dollars, de ne pas les émanciper, ou au moins de faire en sorte

qu'ils ne deviennent pas une charge pour nous. Comment peut-il empêcher qu'ils ne deviennent pas une charge pour nous, à moins de les emmener avec lui quand il s'en va? S'il nous joue un mauvais tour et file en nous abandonnant sa caution-, il en est pour une bonne amende. »

« Mais vous ne pourriez pas avoir de loi plus opposée à la liberté du nègre si votre Etat se trouvait dans le Golfe du Mexique ? »

« Je ne pense pas. A propos, ceci me fait revenir quelque chose à l'esprit. Un homme d'un des Etats du Golfe, avec lequel je me suis trouvé dernièrement pendant que j'étais pour affaires à Chicago, m'a dit qu'ils avaient une loi dans leur Etat pour empêcher d'introduire chez eux des noirs libres pour en faire des esclaves. Si un individu est pris en l'essayant dans la Caroline du Sud, il est fouetté comme s'il était un noir. Cela parait un peu dur, n'est-ce pas? »»

«* Ainsi donc , il parait que dans le Sud on punit ceux qui convertissent les hommes libres en esclaves, et que dans le Nord on punit ceux qui convertissent les esclaves en hommes libres ? »

« Je ne dis pas cela, »» dit notre ami qui n'est pas charmé de voir les choses prendre ce tour ; « maïs vous ne buvez pas. Puisque vous dites que vous êtes Anglais, peut-être ne connaissez-vous pas notre

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Evangelisfs shin-scraper (1). Je suis sûr que vous trouverez que c'est une toute-puissante boisson; cela vous remonte un homme d'une façon remarquable. »»

Kous demandons donc un Evangelisfs shin-scraper pour nous-même et un autre pour notre ami, qui le boit pour nous tenir compagnie. Nous déclarons que réloge fait de ce breuvage était mérité, et la conversation roula pendant un certain temps sur les boissons Américaines. Mais nous revenons à la charge.

« Le Président n'est-il pas un de vos concitoyens? Bien certainement Thomme qui a proclamé la mise en liberté des nègres du Sud ne peut approuver les lois de son propre Etat, si elles sont telles que vous me les avez représentées? »

« Ah! ah! le Vieil Abe! Bien! étranger! Vous ne le croirez peut-être pas, mais nous sommes fiers du Vieil Abe. C'est un vieux malin. Il a gagné, pour le moment du moins, tous les votes des Abolitionnistes, en déclarant que les noirs étaient libres, dans les Etats où sa proclamation n'avait aucune valeur, et nulle part ailleurs. Un de nos concitoyens était à Norfolk quand il y vint. On a réuni tous les nègres sur la place, on leur a fait des discours, on les a fait aller en procession avec des drapeaux, de

(1) Autre boisson.

la musique, et tout ce qui s'ensuit; puis, quand tout a été fini, on leur a dit que, co^ime leurs maîtres étaient de loyaux citoyens des Etats-Unis, on ne leur donnait pas encore la liberté et qu'ils devaient retourner auprès d'eux... Ah! ah! »

En dépit de nos principes, nous ne pouvons nous empêcher de rire aussi.

« Ainsi, vous ne croyez pas que votre Président soit un honnête homme? »

« Ce n'est pas cela que je veux dire. Il était tout à fait de bonne foi en disant qu'il n'avait en vue qu'une ^ mesure de guerre. » C'était pour plaire aux Démocrates du parti de la Gueri'e, qui se soucient fort peu que les nègres soient libres, mais qui ne seraient pas fâchés de les voir se soulever contre leurs maîtres et les égorger s'ils le pouvaient, sans s'inquiéter si, au lieu de cela, c'étaient les maîtres qui devaient égorger les esclaves. »♦

^ Mais les Abolitionnistes ont dû certainement comprendre que la proclamation voulait dire autre chose que cela? »

« Peut-être bien que oui , peut - être bien que non. Dans tous les cas, s'il leur a plu de croire autre chose que ce que le Président avait l'intention de dire, vous ne devez pas en faire un motif de reproche contre lui. Les amis de l'Abolition sont tout juste comme les autres ; ils ont besoin des noirs,

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