‹ La question congolaiseChapitre 56 sur 58 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

Le spectacle d'une immense infortune nous a fait publier ce livre,

La gravité du mal, ses causes profondes, nous avaient longtemps échappé. Quand nous les avons connues, nous n'avons pu garder pour nous-même la compassion qui nous pénétrait ; et nous avons résolu de la dire aux citoyens d'un pays généreux, en nous adressant à leur religion, à leur patriotisme, à leur cœur.

Notre but ne fut ni d*attaquer ni de médire, mais d'appeler Vattention et toutes les sympathies sur une tâche glorieuse et sur de grands devoirs.

Nos intentions pourront être méconnues; mais qu'importe, si de funestes illusions se dissipent, et si des peuples malheureux voient poindre un peu plus tôt r aurore d'un jour libérateur.

On nous objectera peut-être que d'autres, autour de nous, auraient mis au service de cette belle cause plus de talent, plus d'autorité.

Nous en convenons volontiers.

Mais, reçue par une terre fertile, une humble semence peut fructifier; et nous nous sommes souvenu, qu'en la fête de l'apôtre des nègres, l'Église nous donne cet enseignement : « Quand tu vois ton prochain éprouver, dans son corps ou son âme, le besoin

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d'un remède, ne te dis pas : Pourquoi un tel et un tel ne sont-ils pas venus à son secours. Mais vole à son aide et tâche de le guérir. Si tu trouvais sur la route un trésor, te demanderais-tu : Pourquoi un tel ou un tel ne Vont-ils pas recueilli ? Ne f empresserais-tu pas de le ramasser avant les autres? Estime ainsi que c'est trouver un trésor, que de pouvoir prendre soin d'un frère qui souffre fij.»

Louvain, le vendredi saint, igo6.

fi) Office de Saint Pierre Claoer, 8' leçon, extraite dtane homélie de Saint Jean Chrysostome fMigrne, P. G., t. XLVIll, col. g32j.

lâa terre de Nkimi et l'ordre dos successions des chefs congolais (i)

« La terre de Nkimi a pour limites : à l'est, le Kwango ; au nord, le Kassaï; à l'ouest, elle s'étend au delà de la rivière Buma (affluent du Kassaï, la Lua des indigènes) jusqu'aux territoires de Bokala et de Matia; et elle va au sud, jusqu'au territoire de Mukane, soit 40 kilomètres en amont le long du Kwango.

» Tout habitant né sur la terre de Nkimi peut, à l'exclusion des étrangers, bâtir et cultiver où bon lui semble sur toute l'étendue du territoire de Nkimi. D'après le droit coutumier des indigènes, ni le chef, ni personne ne peut l'en empêcher. vSans avoir la propriété personnelle, telle que nous l'entendons en Belgique, ils ont une propriété collective bien déterminée et nullement douteuse. Les blancs et tous les étrangers au territoire qui voudraient bâtir et cultiver sur la terre de Nkimi devraient prendre des arrangements avec le chef et les anciens. Nous croyons qu'en général c'est ainsi partout au Congo. Les noirs, pour être des sauvages, n'en ont pas moins une idée très exacte de leurs droits terriens, et ne permettent à personne de les usurper impunément.

» Wumbali est comme un apanage, un fief donné par le mfumu Nguambe, du consentement des anciens, à ses sœurs (même mère) Mamunene de Kimpolo et Nkenekue qui habite ici près. Cet apanage a été partagé avec le frère (même père) de Nkenekue, Mbundulu, père de Mulelekai, père de Mari, le petit mfumu actuel de Wumbali. Cet apanage leur permet de réclamer la cuisse des bètes sauvages tuées par leurs gens.

(l) Voyei p. 64. Cette relation est Urée du Rapport des Pères Cus ©t Vaa HeacxthoYtm.

Mais le grand chef a droit toujours à la peau du léopard. Celleci est, en général, dans ces régions le signe de la suzeraineté.

»• Cet apanage, le grand chef ne pourrait le reprendre de son seul gré sans le consentement des anciens.

» Le grand chef actuel est le mfumu Mbuaru.

» La succession des chefs se fait par les femmes exclusivement dans la terre de Nkimi. Faute d'héritier mâle à trouver dans la descendance, une femme prend l'autorité, mais temporairement, jusqu'à ce que l'héritier légitime ait l'âge voulu.

» Ils n'ont pas souvenir que le cas se soit présenté ici. Ils connaissent parfaitement la généalogie de leurs chefs. Voici un petit aperçu, avec la succession des mfumu marqués en chiffres romains.

» Une femme, Nkunzama, pouvant fournir des héritiers, a eu quatre filles :

Première fllle (Nom?) :

a eu 1 garçon, Nguambe, mfumu l, et 2 filles, Maaiitxbne et Nkrnekue.

Deuxième fllle, Ngantebe : 1 '

a eu 3 garçons, Mbibi, » II. I ""„^^^**°'

GANZAm, » 111. Si elle a un Pi^ma,

(Mf. actuel) MBUARU, » IV. cefuS'ra

garçon, qm sera

mfumu VII Troisième fllle, Kintara : mfumu VIII

avant le a eu 2 garçons, Fiori, » V. ci-dessous

NsoLBNZE, » VI. pour droit

Quatrième fllle (Nom ?) : d'aînesse.

a eu 1 fllle : Nga, laquelle, une fllle : Nkenbkub* fiori, laquelle, un petit garçon : mfumu VIIl.

» Nous sommes provisoirement sur le territoire des Bankimi, en bons termes avec eux. Mais ils viennent bâtir et cultiver sur le terrain même que nous demandons en concession. C'est leur droit. Personne ne peut les en empêcher jusqu'à ce qu'un arrangement soit pris. Cet arrangement, c'est avec eux qu'on doit lo prendre ; c'est eux qu'il faut indemniser. Le rôle de l'État est de présider à cet acte et de lui donner consécration civile. »

Gordoa-Pacha (i)

Voici une relation plus exacte de l'entretien de Gordon-Pacha avec le Roi, alors président de VAgsociation internationale.

(1) Voyez p. 79, riote.

Nous l'extrayons de la Revue générale i885, p. iiG. Gordon- Pacha, dont le nom est devenu à jamais illustre par sa défense de Karthoum, avait été choisi, quelques jours avant son départ pour le Soudan, comme administrateur général des stations de l'Association internationale du Cong-o, poste qu'occupe actuellement le lieuteuant-colonel Sir Francis de Winton. Ayant longtemps habité et exploré l'Afrique, Gordon connaît à fond l'esprit de la race africaine. Au moment de terminer avec le chef de V Association internationale, les arrangements qui concernaient son départ, le général presbytérien s'exprimait en ces termes : « Mais nous avons oublié, ce me semble, la chose principale, les missionnaires. » — « Oh ! nous y avons songé, répondit son interlocuteur; l'Association donne aide et protection à tous les missionnaires ; de plus, elle a donné un subside aux missionnaires de la Société biblique, aux baptistes... » — « Cela est très bien, répondit Gordon, mais envoyez-nous des «romains », beaucoup de romains.»

Comparaison des prévisions budgétaires

et des recettes effectives (i)

ANNÉE 1904 Prévisions budgétaires Recettes effectives

Exploitation du D. P. de l'État, tributs et impôts en nature

Produits du portefeuille. .

Produit brut. . . .

Frais d'exploitation du do-

maine

Dont :

Rémun. des indigènes . .

Transport, fret, assurance

et droits de sortie . . .

Produit net

A. B. — La subdivision des frais d'ex ploitation est empruntée à M. Ca.t- TiKR, Éhtde,p. 218.

Caoutchouc ^D. P. et D. C.) 2 544 617 kilogr

Ivoire (D. P. et D. C).

80 567 kilogr. (non compris 691 pièces et 99 sacs de poids non indiqué). .

Copal (230 814 k.env.), café

1 611 340 mémoire.

Portefeuille : participation pour moitié dans les bénéfices de 3 sociétés,calculés seulement sur le caoutchouc

Produit brut . , .

Frais, rémunération aux indigènes

Transport, fret, assurance (7/i6p.c.de la valeur), et droits de vente pour le caoutchouc

Id. pour l'ivoire (81 t.). .

Soit à soustraire ....

Produit net .

d") Voyez p. 151.

ANNKXUS

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