‹ La question constitutionnelle de Québec [microforme]Chapitre 2 sur 10 · Au double point de vue du droit · texte numérisé non relu

Au double point de vue du droit

statutaire et du droit constitutionnel, la reine a plus de pouvoirs que le gouverneur-général et le lieutenant-gouverneur en a moins que ce-dernier ;

50, Or, lé souverain, celui qui æ les droits les plus étendus, doit dans ses rapports avec ses ministres, respecter la volonté du peuple clairement. manifestée par l'attitude du parlement,

Le gouverneur, ‘ayant un: double rôle à remplir, l'un envers. son principal, l'autre envers ceux avec qui il transige au nôm de son principal ” doit donc gouverner Ja colonie de manière à respecter la volonté du peuple :clairement exprimée par le parlement, sanscompromettre bien entendu, les intérêts de la Couronne britannique.

Le même principe doit guider les lieutenants: xouverneurs,

Voilà ce que je viens de prouver par les commissons royales, par les statuts, par les auteurs qui font autorité en, matière de droit constitutionnel.

Que me reste-l à démontrer ?

Il y a vingt mois à peine, lé 26! juin 1877, dans la grande salle de musique de notre bonne ville de Québec, se: pressait

un nombreux auditoire ‘“ pour‘entendre le chef: désormais accrédité des, libéraux-canädièns,” comme s'exprime l'auteur de l'introduction au Discours sur : le libéralisme politiques

Que disait le chef ?

Nous Canadiens-français nous sommes une race conquise, c'est una vérité triste à dire, mais enfin C'est la vérité, Mais Si nous sommes unéwace conquise, nous avons aüñsi fait une conquête; la, conquête de la liberté, .Nous sommes ui, reuple libre; nous Sommes une:

minorité, maïs tou8 108 droits, tous n0S privi: léges nous sont Conséryés. ‘Or, quellé est IA cause qui nous vaut cette liberté? C'éstila constitution qui nousa été Conquise pâr n08 pères et ‘dont nous jouissons aujourd'hui, Nous avons une constitutioncqui placzlegouvernement dans le suffrage des citoyens.; nous avons une constitution qui nous a été ootroyée pour notre propre protection, Nous navons pas'plus de droits, nous n'avons, pas plus, dé privilèges, mais nous avons autant .de droits, autant de priviléges que les autres populations qui composent ayeë nous 14 famille Canae dienne ,” [Lo libéralismé politique, page 6]

Je-félicite l'honorable. député de Québec-Est d'avoir parlé ainsi et.d'avoir dans cette occasion mémorable publiquement afinmé qne ‘nous, avions, une, constitu.

tion qui place le gouvernement. dans.le suffrage des citoyens, une constitution qui nous à été uetroyée pour notre propre protection.”

Je regrette én même temps que cette expression des opinions du chef accrédité des libéraux canadiens n'ait pas franchi le seuil dé Spencer Wood. et frappé l'attention du Jupiter qui y trône et qui voudrait, qu'à chaque mouvement de. ses vrgueïilleux.sourciïls, la province de Qué:

bec.fut prise de crainte et de tremblement, Je regrette que, ces, saines notions de notre droit constitutionnel . aient, été ignorées, où mises en oubli, 6w méprisées par l’homme dont personne iujourd'hui ne peut défendre l’odieuse et fatale conduite,

Et.quelle a été cette conduite, car nous devons maintenant aborder la-question des faits.

Depuis 1867, lors de l'établissement dé la confédération, la province de Gr'ébec, laissée à elle-même, avait. trouyé dans ses pror res forces.et daïis ses propres res-

sources les éléments nécessaires À sa vie,

à sa prospérité ‘eb'à son ‘bienêtre. Ses enfants vivaient heureux, conduits comme ils l'étaient par.des. législateurs prudents et par des lieutenants-gouverneurs “hon:-

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