‹ La question constitutionnelle de Québec [microforme]Chapitre 7 sur 10 · Parceque le parlement fédéral lui-même · texte numérisé non relu

Parceque le parlement fédéral lui-même

a donné lañnée dernièré une décision sur le sujet ;

40. Enfin, pareëque les intérêts mêmes de la province de Québec, son autonomie, défendent l'intervention du pouvoir fédéral dans nos questions #rorinaiales,

Je vais répondre à ces objections.

Le peuple de la province de Québec s'est déjà prononcé sur cette question.

C'est vrai: aux élections générales du mois de mai et du mois de septembre derniers, nous avons eu le verdict populaire, Mais ce verdict est en notre faveur, dans les deux cas. Il né s’agit pour en être parfaitement convaincu qué d'étudier le caraetère général et particulier et le résultat de ces deux élections.

L'honorable député de Québec-Est (M. Laurier) affirmait hier soir à cette honorable Chambre, et il donnait à son affirmation toute l'emphase possible, que les élections générales du mois de mai dérnier s'étaient faites uniquement sur le terrain constitutionnel, que le peuple de la province de Québec n'avait eu à se prononcér que sur la conduite du lieutenantgouvérneur, et qué sur ce terrain constitutionnel la conduite de M. Letellier avait été approuvée par le peuple.

Je ne partage pas du tout l'opinion de l'honorable député et je regrette qu'il ait jugé à propos de vouloir tromper cette honorable Chambre par cette assertion qui ne peut tenir un seul instant en face des documents que je vais produire.

Le premier document est un manifeste signé par M. Joly lui-même, publié dans l'Evénement du 28 mars 1878 et lancé à profusion dans tous les comtés de la province de Québec.

Que dit cc manifeste électoral ?

“ Le nouveau cabinet déclare qu'il’ abandonne le bill quia pour but l'imposition de nouvelles taxes ; il ge propose de faire face aux obligations de la province et d'exécuter les entreprises à l’accomplissement desquellés la foi publique est engagée, par un système d'économie et de retranchement qui exemptera le peupie de l'imposition de nouveaux fardeaux .”

E& sous la responsabilité de sa propre signature, M. Joly termine par ces paroles significatives :

«Nos adversaires ne voyaient qu'un moyen de réparèr les fautes qu'ils ont commises pendant leur longue administration: la taxe directe, Nous voyons un autre moyen que nous sommes décidés à adopter : l'économie.

# C'est à la province à choisir entre les deux.

“H, G, Jocx."

Le nouveau premier ministre de la province de Québec établit donc lui-même

sur quel terrain s'est faite la lutte du mois de mai dernier.“ Voici la taxe, dit-il, voici l'économie, c'est à la. provinee à choisir entre les deux,”

. Que l'honorable député de Québec-Est ôse donc répéter dévant cette honorable Chambre que lu lutte s'est faité exclusivement sur le terrain constitutionnel.

Voudratil démenti son chef? . Voudra-t-il démentir toute ‘“ l'association. de réforme du district de Québec.” Il existe en effet, monsieur l'Orateur, 4 Québec, une association de ce nom et je ne crois pas me tromper ên affimant que le prési:

dent de cette association (M. Larue) est maintèenant l’un des membres de cette honorable Chambre, Or,.le lendemain même du jour où monsieur Joly publiait son manifeste, l'association de réforme publiaït aussi, le 29 mars, un long. mani:

feste électoral au peuple de notre province et cétte pièce curieuse se términait par le paragraphe suivant qui montre avec quel Soin tout particulier on essayait dé hisser le paternel monsieur Létellier sur son piedéstal de gloire et d'affection pour le peuple.

Jetcite de l'Ærénement du 9 mars 1878,

“Son Excellence le Tieuténant-gouvernenr croyait que l’on! pouvait éviter uneraugmentation de: taxes. .: La couronne; eroyait. que, la majorite du peuple était hostile aux raésures qui étaient présentées sans sa sanction ; le liéutenint-gouverneur sentait qu'il était ÿmpossiblé d'appuyer la conduite déses ministres, 46e se : la législature a été :ensuite. prôrogéé pour être bientôt dissoute et, anjourd'hui Ja SEULE ET, UNIQUE question que les électeurs dé la province de Québec ont à résoudre estcellez ci+ désirent-ils avoir ‘un système: d'énormes extravagances outinsystème d'économies judicieuses; avec l'abandon complet de la politique de taxes dé honorable monsieur de. Boucher:

ville ?”

Et t'est en face de ces deux documents, l'un Signé par le prémier ministre de la nouvelle administration, l'autre par le président et les membres de l'association de réforme du district de Québec, que les orateurs Hbéraux viennent. nous ‘assurer, les uns après les autres, que la lutte s'est faite sûr le terrain constitutionnel, Il faut avoir un péu plus que de laudace pour affirmer. de la sorte, ebje ne co.uprends pas du tout comment un homme qui-tient à sa réputation de véracité, puisse, comme l'a fait l'honorable député de Québec-Est, soutenir une assertion dé-

mentie par les faits et par la propre

‘signature de ses “hefs et de ses amis politiques.

La lütte du mois dé maine s'est donic pas faite nr le térrain constitutionnel, mais sur celui dés taxes, question des

“plés impopulaires, tout le mondé l'admet-

tra, Malgré toit cela, le gonvérméement Joly a été battu par le peuplé qui Juin réfusé une majorité. © ZE Gepênditt que:

d’influences n'ont-Elles pas été misés en jeu.

Depuis l'ouverture de’cette session, j'ai eu Vhonneur de faire quelqus# motions denandatit à cétte honorable Chambre la produetion de certains documents, Noûs avons eu ‘à ce popros quelques explications et jé crois n’avancer rien de trop èn déclarant que je vais être en état de prouver dévant'un comité qué la corruption la plus effrontée a été pratiquée dans

‘lé corité de Rimouski ét qué l'adminis-

tration Joly n'a réussi à gardér ce comté qu'au prix des deniers püblivs aveugle-

“ment dépensés. Malgré une‘éñorme cor-

rüption, malgré les nombreuses promesses

‘dé la remisé des corvéés, du creusemeént

impossible de certains havres, 2omme celui de Matane par exemple, malgré la perspective d’avoir dés quais dans toutes les paroisses, malgré toutes les'influences de déuix gouvernements peu‘ sorupuleux dans le choix de leurs moyens, il n’a fallu rien moins qué la v6ix prépondérante de l'officiér rapporteur ‘pour décidér de la victoire. ‘Cette voix prépondérante était célle d’un conservateur, mais elle fut donnée en faveur du candidat libéral, ce qui prouve qu'il n’y a pas qu'un Orateur de l'assemblée législative ‘qui puisse voter

[contre ses opinions et les dictées de sa

conscience, Si l'on passe maintenant du comté de Rimouski à celui de Portneuf, que voit-

Ton? Un autre ministre du gouvernement

Joly qui a été élu, mais dont l'élection a été contestée pour des causes dé la ‘corrüption la plus effrenée, corruption que l'erquête qui se poursuit actuellement mit au jour de la manière la plus humiliante po#ft monsieur Joly.

Dans le comté de Gaspé, que ne fit-on pas. On prit pour officienrapporteur un homme du comté de Mégantic, on l'envoya à deux cents lieues de sa résidence avec instructions spéciales eb quelles étaient ses instructions ? Les sept ou huit cents électeurs des îles de la Madeleine furent par l'oflicier-rapporteur exemptés

©, Pt but LS pod bän MU ZM à bg à

par la propre t de ses amis

ne s'ést donc constitutionnel, , question des monde l’admet- ; gouvernement euple qui Jui a cependant que été misésien jeu.

tte session, j'ai elqus#" motions blé Chambre la cumeñts, Nos élques ‘explica- ‘rien de trop en tre en ‘état’ de squé la corrupé pratiquée dans que ladminisgarder ce comté püblivs ‘aveugleüne:énorine Correusés promesses , du ‘creusemént havres, :7omme smple, malgré la uais dans toutes es les na peu SCrUpUeUx est il KA fallu répondérante de décidér de la ndérante était ais elle fut donat libéral, ce ‘qui in Orateur de ui puisse voter es dictées de sa

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de sa résidence hles éb quelles Les sept où huit le la Madeleine

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de voter, et le comté de Gaspé, grâce à ce petit retranchement qui enlevait 600 votés au candidat conservateur, le comté dé Gaspé put devenir libéral,

A Saint-Hyacinthe, feu monsienr Bachand se faisait élire par soixant: voix de majorité et quelques jours après l'impitoyable justice ôtait de cette couronne d'emprunt 83 perles libérales. Monsieur Bachand est mort depuis cinq mois et le gouvernement l'béral de Québec n'a pas osé encore demander à cette division électorale un remplaçant à celui qui n'est plus.

Et pourquoi ne parlerai-je pas de mon propre comté de Montmagny? On a fait miroiter aux yeux de ses électeurs toutes les promesses possibles, et toutes plus fallacieuses les unes que les autres, et de mes oreilles j'ai entendu des chefs libéraux soutenir que si le candidat du gouvernement Joly réussissait à emporter le comté, trois mois ne se passeraient pas

… avant que de gigantesques travaux ne

fussent commencés, pour creuser tout le bassin de Montmagny et y attirer tout le | commerce anglais sans compter celui do « la Chine. Les trois mois sont passés et le commerce anglais n’a pas été détourné de son cours.

” Dans tous les comtés de notre province, la loi a été indignement foulée aux pieds rar ce gouvernement qui prétendait la sauvegarder, et malgré tout, malgré

» l'influence hostile de deux gouvernements, . malgré la corruption la plus effrénée,

« malgré l'intimidation et la violence éri-

.gées en système, le parti de M. de Boucherville, le parti conservateur est sorti de cette lutte désespérée avec un contingent ds 34 voix, c'est-à-dire, que la victoire était à nous et que le peuple de la

… province de Québec, puisque l’on veut ici

invoquer son vérdict, condamnait énergi-

… quement la conduite de son lieutenant-

gouverneur par cette majorité de trois

voix que nous laissait la journée du pre-

“mier mai.

1 Le peuple a été une seconde fois con- ,sulté en septembre dernier et dans cette

nouvelle lutte entre le parti conservateur

et le parti libéral, nous avons vu, dans

+ toute la province de Québec du moins, la

… question du coup d'état remise devant le

peuple: Nous l'avons discutée de nou- | veauen même temps que nous travaillions de tout cœur à faire triompher la politique nationale. Nous avons réussi sur ces

deux points et le peuple nous a envoyés ici avec la double mission de travailler à sa prospérité et d'obtenir de ce parlement la punition de celui qui a foulé à ses pieds les droits et les libertés du peuple.

Peut-on dire maintenant que le peuple de la province de Québec s'est prononcé sur Ja question soumise à cette honorable Chambre de manière à empêcher notre action ? Certes non, et si le peuple de Québee s'est proncncé de quelque manière, personne ne pourra mettre 6n doute que c'est de manière à nous forcer, nous, à lui donner la justice qu'il réclame et que nous lui avons promise dans toutes les assemblées populaires.

La législature de Québec s'est aussi prononcée et l'on veut que pour cela nous ne puissions le faire aujourd'hui.

Lorsque la législature dé Québec s’est assemblée après les élections générales du mois de maï dernier, la première question que la Chambre d'assemblée eut à décider, ce fut legchoix de son Orateur.

Comme je l'ai dit, le peuple avait condamné l'acte du lieutenant-gouverneur, en élisant 34 conservateurs contre 31 libéraux. Le gouvernement s0oly était donc battu d'avance, , Pour. éviter cet échec le lieutenant-gouverneur lui-même ouvrit les portes de Spencer Wood et deux députés en franchirent le seuil :

messieurs Price et Turcotte,

Ces deux députés s'étaient présentés comme conservateurs et avaient été élus par des divisions conservatrices. Monsieur Price, il est vrai, était on Europe lorsque le comté de Chicoutimi le choisit pour son représentant, maistout le monde sait que son frère le proposa au peuple comme le candidat du parti conservateur, Nos amis descendirent dansle comté et firent contre les orateurs et le candidat du parti libéral l’une des plus chaudes luttes dont les comtés unis de Chicoutimi et du Sagnenaÿ aient été le théâtre. Nous remportâmes la victoire devant le peuple.

Quant à M. Turcotte,. la province de Québec savait parfaitement à quoi s'en tenir et si quelqu'un ici peut entretenir le moindre doute sur la politique d'alors du député des Trois-Rivières, cette lettre que je vais lire, achèvera, j'en suis sûr, d’éclaircir la question.

“ Trois-Rivières, 2 avril 1878.

“M. le Rédacteur,

(Je n'ai jamais autorisé qui que ce soit à publier ou annoncer dans les journaux que je supporterais le gouvernement Joly-Bachand, je n'y ai pas songé, Je veux et entends briguer les suffrages des électeurs, comme conservateur, conséquemment je serai opposé au gouvernement Joly. â

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