VŒUX DU CLERGÉ [A, PARIS — PÉRONNE
ayant appris que cette clandestinité ouvre la porte à une foule d'abus et sert à propager les principes les plus pernicieux. Que pour faire participer tous les citoyens au bienfait de Tcducation publique et gratuite dans cette capitale, quelques collèges de plein exercice soient transférés dans les quartiers les plus éloignés du centre de l'université (1) (V, 264).
252. Que tous les règlements qui tendent à conserver et fortifier la précieuse influence des curés sur l'éducation et surtout sous le rapport de l'instruction chrétienne soient remis en vigueur {/bid.),
253. Qu'il soit établi et fondé dans toutes les paroisses, en proportion de leur étendue, des écoles gratuites, mais distinctes et séparées, pour l'un et l'autre sexe (V, 268).
Perche. — 254. Établir des maîtres et maîtresses d'école dans toutes les paroisses en assignant pour ces établissements des fonds fixes et non d'une manière vague comme dans les édits de 1695 et 1724. Cet article est d'autant plus intéressant qu'il prépare de dignes sujets pour la formation des municipalités (V, 322).
255. Que dans les collèges l'éducation soit gratuite; que le régime et le gouvernement d'iceux appartienne exclusivement aux évoques et que les bureaux, s'il est nécessaire de les conserver, soient restreints uniquement à l'administration du temporel [Ibid.),
Péronne, Hontdidier et Roye (Gouvernement de). — 256. Nous demandons l'abrogation de la loi qui exige qu'un prêtre soit gradué pour posséder une cure dans une ville murée. Nous pensons qu'il ne faudrait accorder de lettres de nomination et de droit d'insinuer qu'aux seuls gradués en théologie. 11 nous paraîtrait injuste qu'un professeur septennaire de la faculté des arts jouisse d'une expectative plus favorable qu'un profes-
(I) Oa sait que tous les collèges de Paris étaient massés sur la riye gauche de la Seine, dans le quartier de Tuniversité.
i94 LA QUESTION D'ENSEIGNEMENT EN 1789.
seur théologien. L'institution des grades fut utile sans doute à Tépoque de la Renaissance des lettres quand on la vit si favorisée par le Concordat. Mais il est notoire aujourd'hui que Ton n'étudie plus que dans les séminaires. Rien n'est plus décourageant pour les vicaires qui servent dans un diocèse où il n'y a pas d'université (et c'est le plus grand nombre) que de se voir enlever les bénéfices vacants par des inconnus qui n'ont rendu aucun service à TÉglise et à qui une simple formalité sert de titre pour les écarter. Nous invitons les États généraux à statuer sur cet objet intéreirsant d'après la sagesse éclairée de leurs principes. Mais ils penseront certainement qu'il est indispensable d'exiger des gradués des études plus sérieuses ou d'abroger entièrement leurs privilèges (V, 350).
256 bis. Les universités trop peu nombreuses et trop mal distribuées dans le royaume peuvent être infiniment précieuses à la régénération de l'éducation publique dont il est très essentiel et très urgent de s'occuper dans l'Assemblée nationale [làid,).
257. Depuis la fatale destruction des jésuites, les collèges de province sont souvent livrés à des professeurs sans lumières, sans mœurs, sans stabilité et môme sans religion. La plupart des parents n'osent plus faire élever leurs enfants dans ces collèges et ce discrédit de l'éducation publique est une des plaies les plus profondes de la religion. Pour en ranimer le goût dans la nation, nous pensons que les États généraux doivent obliger les corps religieux et spécialement les congrégations savantes à se charger des collèges; mettre les pensions sous la dépendance des collèges les plus voisins, les collèges sous l'administration d'une université, les universités des provinces sous l'inspection immédiate de l'université de Paris; établir dans le royaume l'unité d'enseignement et des livres classiques; ordonner la vente des immeubles qui appartiennent à certains collèges de la capitale et la vente de ces collèges eux-mêmes quand ils sont