‹ La question d'enseignement en 1789Chapitre 22 sur 93 · VŒCX DU CLERGÉ >. BI.OIS — BOULONNAIS · texte numérisé non relu

VŒCX DU CLERGÉ >. BI.OIS — BOULONNAIS

d'ordonner qu'à l'avenir le choix et le renvoi des maîtres et maîtresses d'école dépendra seulement des municipalités présidées par les curés, ces assemblées étant plus à portée que le reste de la paroisse de juger du mérite des sujets destinés à ces fonctions. Cette disposition peu importante en apparence doit beaucoup influer sur l'éducation et par conséquent sur les mœurs des habitants des campagnes (V, 694),

Boulonnais. — 94. Sans vouloir porter atteinte aux privilèges des universités, le Clergé croit devoir demander qu'on ne prodigue pas si facilement les titres et les privilèges des gradués ; que ce titre soit la preuve des mérites et des talents et qu'on ne le donne qu'à ceux qui, outre le degré de maître-ès-arts, auront subi à la fin de chaque année de leur cours de théologie, un examen véritablement rigoureux par-devant i'un des professeurs dont ils auront reçu les leçons, et leur capacité reconnue dans lesdits examens. La même précaution est également nécessaire, relativement aux étudiants en droit et en médecine (II, 418).

93. L'état actuel des maîtres d'école faisant la fonction de clercs dans les paroisses offre des inconvénients très graves. Le premier est que la modicité de leurs places ôte le choix des sujets. Ces places ont été fixées à loO livres par les déclarations de 1698 et 1724, mais on sait que cette somme n'est pas actuellement ce qu'elle était à ces époques. — Le deuxième est que, contre le bien des mœurs et la teneur de plusieurs règlements, il n'y a souvent qu'une même école pour les enfants des deux sexes. — Il faut ajouter que plusieurs personnes s'ingèrent dans l'éducation de la jeunesse sans avoir préalablement obtenu aucune approbation, ce qui, dans un temps où les bons principes sont généralement mis en oubli, ne peut être que très préjudiciable aux mœurs publiques. Pour remédier à ces inconvénients, le clergé du Boulonnais ose supplier S. M. avec toute l'énergie du zèle le plus pur pour l'instruclion des enfants, la tran-

quillité des paroisses et le bien de la religion et des mœurs, qu'elle veuille ordonner : 1° qu'au moins dans les grandes paroisses les honoraires des maîtres d'école seront portés à 300 livres, et ceux des maîtresses à 200 livres; 2° qu'il sera établi des écoles distinctes pour les enfants des deux sexes ; 3° qiio nul ne pourra, sans avoir obtenu approbation, tenir école ou pension pour l'éducation de la jeunesse; 4° que les sommes nécessaires pour le paiement des maîtres et maîtresses seront imposés sur tous les habitants aux ternies de la déclaration de 1698. Les heureux effets d'une bonne éducation rendront ce sacrifice bien léger {II, 418, 419).

Bourbonnais. — 96. Qu'il soit statué que les communautés d'hommes seront employées à l'enseignement public dont elles offrent de se charger et que celles de filles le seront aux écoles des personnes de leur sexe [et aux hôpitaux] (II, 442).

97. Qu'il soit fait un plan d'éducation commun à tous les collèges et propre à former des citoyens utiles dans tous les étals; que ce plan contienne les principaux éléments du christianisme et de la constitution fondamentale du royaume pour être lu et suivi uniformément (II, 443).

98. Qu'il soit établi des maîtres d'école dans chaque paroisse {Ibid).

BOUZODiVILLE. — 99. Les séminaires étant les pépinières et lieux d'éducation et instruction des prêtres séculiers destinés à la charge d'àmes, le vœu général est d'en voir confier la direction aux seuls prêtres séculiers (V. 69o). — Il paraît de la plus exacte justice que les pasteurs du second ordre soient institués et formés aux sciences et devoirs de leur étal, non à la charge de leurs parents, mais à celle tant de MM. les évoques que des abbayes et autres maisons reniées auxquelles les dîmes d'un si grand nombre de cures ont été incorporées. De cette manière, les parents n'étant plus épuisés par les frais de sémi-

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