Établir dans chaque bailliage ou autre arron
VŒUX DU CLERGÉ [â. CASTRES — CHARTRES]. 161
dissement, un cours public et gratuit d'accouchement en faveur des personnes présentées par les curés et échevins, avec quelques secours pour fournir à leur subsistance pendant leur apprentissage {Ibid).
121. L'éducation de la jeunesse fut toujours un objet principal de la sollicitude du Clergé; la difficulté des moyens a jusqu'ici suspendu l'effet de ses demandes pour cet objet; il désire au moins que le roi ne tolère pas que cette éducation déjà défectueuse soit encore pervertie par la multiplicité des mauvais livres {Jbidj.
122. Les privilèges accordés aux étudiants des universités sont destinés à exciter l'émulation et à procurer à l'Église des sujets capables ; cependant, en vertu de ces privilèges et contre l'esprit du bien qui les a fait accorder, des ecclésiastiques sans expérience obtiennent des bénéfices à charge d'âmes (qui devraient être réservés aux gradués ayant exercé le ministère au moins quatre ans). — Pour obvier encore à la trop grande facilité d'acquérir les grades, S. M. daignera ordonner également qu'ils ne soient pas accordés sans frais {Ibid).
Charolais. — 123. Nous nous apercevons tous les jours des effets d'une mauvaise éducation ; nous n'en reconnaissons qu'une bonne, celle qui est fondée sur la religion. L'éducation confiée à des philosophes a fait des savants, mais rarement de bons sujets. Témoins de ces maux, nous demandons que les États généraux s'occupent des moyens d'y remédier en créant des collèges de plein exercice plus rapprochés et en les confiant à des corps réguliers (II, 615).
Chartres. — 124. Le rétablissement de l'éducation publique est l'objet des vœux les plus ardents du clergé du bailliage de Chartres; il croit que l'insuffisance et les inconvénients des mesures prises à cet égard en 1763 sont la cause des plaintes trop fondées qui s'élèvent de toutes parts contre les institutions publiques, surtout dans les provinces.il demande que
l'on rende aux ministres de la religion et surtout aux évoques dans chaque diocèse, cette inspection active et prépondérante à laquelle l'antique possession, la nature des biens de la plupart des collèges, l'intérêt de l'éducation ecclésiastique et l'importance dont il est pour tous les ordres de la société que l'enseignement public soit fondé sur les principes les plus épurés de la religion et des mœurs, leur donnent des droits imprescriptibles. Il pense que le moyen de concilier ces grands intérêts avec la surveillance confiée aux magistrats serait d'établir un bureau composé d'un égal nombre d'ecclésiastiques et d'officiers publics, en sorte que la prépondérance fût toujours attribuée à l'ordre ecclésiastique dans la personne de l'évéque ou de son représentant chargé de la présidence dudit bureau (II, 624).
125. S. M. sera suppliée de procurera tous ses sujets indistinctement l'avantage d'une éducation gratuite dans les collèges en assurant, par des unions de bénéfices faites selon les formes canoniques, aux professeurs des honoraires convenables et des bourses aux écoliers indigents. Le clergé de Chartres sollicite particulièrement ce bienfait pour le clergé (1) de cette ville, digne à toutes sortes d'égards, d'encouragement et de protection {Ibvi.).
CHATEAUNEUF-EN-THIMERJIS. — 126.
Nous supplions S. M. d'accorder à tous ses sujets indistinctement l'avantage d'une bonne éducation dans les collèges et séminaires en assurant par des unions de bénéfices, faites dans les formes canoniques, aux professeurs des honoraires convenables, aux écoliers indigents des bourses qui fournissent à leur subsistance et à leur entrelien pendant la durée de leurs études, afin que l'Etat et la religion ne soient pas privés des sujets qui leur rendraient service et qui, sans ces moyens, ne pourraient leur êlrc utiles. Et à cet égard,
(1) Ne faudrait-il pas lire : collège?
VŒUX DU CLERGÉ [â. CHARTRES — CHATELLERAULT\ 163
S. M. est très humblement suppliée de rendre aux ministres de la religion et principalement aux évoques, l'inspection sur tout établissement qui a rapport à l'éducation de la jeunesse, persuadés que nous sommes que toute l'éducation, quelle que soit la destination de ceux qui la reçoivent, doit avoir pour base les principes les plus épurés de la morale et de la religion (II, 638,639).
CHATEAU-SJLINS. — 127. Qu'il soit pourvu à l'éducation de la jeunesse (au soulagement des pauvres et des malades) de la campagne. Les riches bénéflciers rentes de l'un et l'autre sexe fourniraient une ressource abondante à cette œuvre si digne de l'humanité (V. 709).
128. Que les séminaires soient suffisamment dotés et les études facilitées en faveur des sujets pauvres qui sont éliminés, faute de ressources (V. 708).
Châtellerault. — 129. L'avantage qu'on tire des collèges royaux nouvellement établis ne peut donner le nombre de sujets capables de remplir les différentes places de la société, parce que la plupart des pères de famille, dans l'impuissance de faire les frais attachés à ces collèges, renoncent à y placer leurs enfants. La foule est donc obligée de recourir à des collèges gratuits. Qu'il nous soit permis de mettre sous les yeux des États que la dépravation des mœurs et la trop grande dissipation de la jeunesse laisse apercevoir, depuis plusieurs années, dans presque tous ces collèges, un vide qui présage la perte des vraies sciences et des beaux-arls et l'extinction des sujets propres aux besoins de l'État et de l'Église. Les régents, la plupart beaucoup trop jeunes, n'étant guère plus amateurs du travail et de la retraite, précipitent la besogne et ne font que l'ébaucher; de ces écoles ne sortent que des ineptes qui, guidés par la seule cupidité, ne craignent pas d'embrasser les états les plus difficiles. Il est donc de la dernière importance de remédier au plus tôt à ce grand abus. La masse de tous les réguHers, tout en-
gourdie qu'elle paraisse, ofTi'c encore celle ressource et c'est l'unique qui puisse, le plus tôt et le mieux, concourir à cette régénération si désirable. Pour cet effel, il conviendrait de diviser les religieux de tous les ordres en quatre congrégations ou instituts distincts et permanents portant tous l'habit ecclésiastique, avec une légère marque qui les distinguât. La première serait destinée à l'enseignement des humanités, l'autre professerait la philosophie et la théologie dogmatique avec la plus saine morale Ces associations auraient chacune des pépinières d'élèves qui y seraient principalement formés pour l'occupation particulière à l'ordre (II, 087).
Châtillon-sur-Seine. — 130. On s'occupera vivement de rendre les institutions actuelles plus utiles et surtout de faire exécuter un plan bien raisonné d'éducation religieuse, politique et nationale (II, 701).
131. On confiera autant que possible les collèges aux corps religieux afin de leur assurer une existence qui devienne de plus en plus utile à l'Étal [Ibid.).
132. On travaillera à augmenter l'émulation dans les études ecclésiastiques et à les rapprocher du but qu'elles doivent se proposer. Ce but consiste ù connaître et à enseigner la religion avec la dignité, l'onction et la simplicité qui lui conviennent, la font aimer et contribuent par conséquent à la tranquillité et au bonheur des États (II, 702).
Chaumont-en-Bassigny. — 133. Qu'il soit pourvu à l'instruction do la jeunesse des deux sexes par un plan d'éducation nationale pour les villes et les campagnes; que cette instruction soit confiée aux religieux dont l'institution se trouve compatible avec des occupations utiles (II, 7:22).
434. (Jn'il soit établi, dans des arrondissements donnés, une sage-femme qui ait fait un cours d'accouchement {Ibid.).
135. Que l'on multiplie les élèves des écoles vétérinaires {Ibid.).
VŒUX DU CLERGÉ ÎA. CHATELLERAULT — CLERM.-F. '. 165
Clermont-en-Beauvoisis. — 136. Que pour le bien des mœurs et de la religion, il soit pourvu à l'établissement de maîtres et de maîtresses d'école dans les paroisses où il n'y en a pas (II, 745).
Clermont-Ferrand. — 137, Le clergé de la sénéchaussée de Clermont, pénétré de l'importance de l'éducation publique, surtout pour la partie de la religion et des moeurs, spécialement dans ce temps d'incrédulité et de corruption, recommande d'une manière particulière à ses députés aux États généraux d'y discuter avec soin s'il serait plus expédient de confier les collèges à quelque corps religieux qui aurait plus d'ensemble, de suite et de subordination et peutêtre plus de moyens de zèle pour inspirer à la jeunesse le goût de la religion et des mœurs, qu'à des instituteurs isolés et indépendants, souvent plus empressés de former l'esprit que le cœur des jeunes gens. Ces religieux en se rendant ainsi utiles regagneraient peutêtre la confiance et la considération publiques, et les collèges deviendraient pour leurs ordres une source de régénération. D'autre part, quels seraient les moyens de consacrer les instituteurs séculiers autant aux leçons de la vertu et de la religion, sans lesquelles point de bonne éducation, qu'à l'enseignement des lettres et des sciences et de leur faire un sort et une retraite honorables capables d'exciter leur émulation dans cette carrière pénible et intéressante pour tous les ordres de la société? (II, 762)
138, On ne peut se dissimuler que les universités si utiles dans leur origine et qui ont donné à l'Église et à l'État des hommes si recommandables n'aient dégénéré.... Nos députés demanderont leur réforme; que les grades n'y soient plus seulement le prix de l'argent, d'une simple apparition ou d'une assiduité physique ; que les études y soient sérieuses et qu'on n'y puisse plus obtenir des grades à l'effet d'obtenir des bénéfices, spécialement à charge d'âmes, qu'après des épreuves théologiques rigoureuses. Par les ordon-
nances du royaume, en cela conforuies à la Pragmatique Sanction et au Concordat, il est porté que les églises paroissiales des villes murées ne seront conférées qu'à des gradués. Quoique cette jurisprudence gène la liberté des collateurs dans le choix des sujets pour des bénéfices si importants, le Clergé ne s'en plaindra pas, dans l'espérance surtout d'obtenir la réforme des universités, et que les grades et degrés n'y soient plus accordés qu'à la science et au mérite bien reconnus [Ibid.).
139. Les séminaires destinés à former des ministres à la religion sont mis sous la protection spéciale de S. M. Nos députés solliciteront de ses bontés les moyens de fonder dans le séminaire de ce diocèse des places gratuites pour tant de sujets pauvres et, s'il était possible, d'établir un petit séminaire au désir du saint concile de Trente, pour y élever gratuitement, dès l'âge de douze ans, y former successivement aux lettres, à la discipline et à la science ecclésiastique et y préserver de la corruption des mœurs, des enfants qui montreraient du goût et de l'aptitude pour la cléricature {Ibid.).
140. Que dans toutes les paroisses où il n'y a pas d'écoles pour l'instruction de la jeunesse, il en soit formé et qu'elles soient spécialement confiées et subordonnées à la vigilance des pasteurs (II, 763).
141. Que l'on s'occupe d'attirer et de fixer dans chaque paroisse des sages-femmes instruites et formées gratuitement dans les hôpitaux généraux de chaque province {Ibid.).
Colmar-Schlestadt. — 142. (Séminaires en Alsace pour les diocèses de Bâle et de Spire) (III, 4).
1 43. Que les seigneurs des lieux soient obligés de concourir avec les pasteurs aux moyens de procurer une éducation chrétienne à la jeunesse de leurs paroisses; que cet objet si négligé et cependant si important fixe surtout l'allention des Etats généraux et les détermine à adopter le plan d'une éducation ^ationale dont nos
VŒUX DU CLERGÉ ^A. CLERMONT-F. — DAXj. 167
voisins nous offrent un modèle bon à être imité {Ibid.).
\\\. Que la classe des maîtres d'école soit perfectionnée, encouragée, améliorée ; que leurs places ne soient données qu'au concours et avec l'approbation des curés; qu'il soit formé des pépinières de ces hommes si nécessaires ; que les maisons religieuses rentées de l'un et l'autre sexe soient obligées de donner gratuitement leurs soins à la première éducation des enfants des lieux où elles seront établies; cette honorable destination détruira le reproche d'inutilité dont on aime à les accabler . — Employer les fonds provenant des bénéflces supprimés à...) la formation des maîtres d'école (III, 4,5).
Condom. — 143. Que, l'éducation publique exigeant l'attention la plus sérieuse, l'Assemblée nationale devra s'en occuper, comme d'un objet qui intéresse singulièrement l'État et la religion (III, 33).
146. Qu'un certain nombre de collèges soient annexés aux universités pour maintenir l'émulation dans les uns et prévenir les abus de toute espèce que la multitude des étudiants cause dans les autres [Ibid.].
Coutances. — 147. Que les collèges et universités soient réformés, que les études y soient plus suivies, les examens plus rigoureux (III, 48).
148. Que tous les bénéflces en commende soient supprimés, décès arrivant, et que les revenus soient appliqués à des fondations d'écoles, bourses de collèges, de séminaires, [à des hôpitaux...]. — Que dans les lieux où cette application ne se pourra faire, on y puisse former de semblables établissements et des fondations, sans formalités coûteuses et sans autres frais que ceux des expéditions de lettres (III, 49).
Crépy-en-Valois. — 149. Qu'on pourvoie à l'éduca tion de la jeunesse et que, pour la rendre meilleure, on établisse dans les villes, des collèges gouvernés par des instituteurs soumis à l'autorité d'un chef capable de les diriger (III, 73).
Dax. — 130. Le clergé de la sénéchaussée des Lannes
prie le roi de considérer que, depuis la destruction des Jésuites, l'éducation de la jeunesse est négligée en France; que si, d'un côté, il existe encore bien des collèges, de l'autre, la plupart des instituteurs n'ont pas la confiance générale. Le seul moyen de prévenir la perte des lettres et les suites funestes de l'oisiveté est peut-être celui de faire revivre une société à laquelle Louis XIII, sur la demande des États généraux, ouvrit, en 1614, les collèges de son royaume; une société dont le but principal et le but permanent étaient l'instruction de la jeunesse ; une société qui pour cette instruction, trouvait dans la multitude et le talent de ses individus des ressources que n'ont ni ne peuvent avoir des corps ou peu nombreux ou mal organisés ; une société enfin qui multipliait les instituteurs, non seulement dans son sein par une sollicitude constante, mais encore dans les congrégations étrangères par une espèce d'émulation et de rivalité qu'elle leur inspirait. Les restes encore subsistants d'un corps aussi utile sufflront pour produire une nouvelle génération d'autant plus intéressée au bonheur de la. France qu'elle devra son existence à la bonté du prince et aux vœux de la nation assemblée (III, 88).
151. Parmi les abus qui nécessitent la réforme des universités, un des plus nuisibles au bien de l'Église c'est la facilité avec laquelle on donne les grades à des jeunes gens qui n'ont quelquefois d'autre mérile que celui d'avoir fréquenté les classes et qui, avec des grades, mais sans talents, deviennent aptes à posséder ceux des bénélices qui exigent le plus de lumières. — Le meilleur moyen de rendre aux universités leur ancien éclat, c'est de former une commission composée des personnages les plus vertueux et les plus éclairés à laquelle sera admis un nombre choisi de ceux qui se consacrent à l'éducation de la jeunesse, et cette commission s'occupera du plan de réforme , tant pour l'enseignement que pour l'administration et le régime des universités et des collèges {Ibid.).