‹ La question d'enseignement en 1789Chapitre 61 sur 93 · VILLES · texte numérisé non relu

VILLES

Angoulême. — 846. Il y a un si grand vide dans l'enseignement qu'il doit être l'objet d'une réclamation générale. Lorsque les jésuites ont été expulsés du collège d'Angoulême, il ne manquait à sa célébrité que l'exécution des lettres-patentes du mois de décembre I0I6, qui accordent à cette ville le droit d'utiiversilé. Le pensionnat était rempli de jeunes élèves et plus de 300 externes fréquentaient les classes auxquelles il devait être joint deux cours de théologie aussitôt la réunion du prieuré de Vindelle(l) effectuée. — Quelques uns des régents donnaient à l'enfance les premiers éléments lorsqu'ils furent chargés de remplacer provisoirement les jésuites. L'édit du mois de février 1763 et l'arrêt du parlement du 29 janvier 176o concernant la forme et l'administration des écoles publiques d'An- ^^•oulême n'ont point fait renaître la conflance: on emploie inutilementchaque année un fonds de 40000 livres pour une trentaine d'écoliers qui fréquentent le collège. — L'Angoumois est limité par des provinces dont

(1) Village du département de la Charente.

le langage vieux est accompagné d'accents désagréables; la jeunesse de ces différentes contrées trouvait autrefois dans cette ville l'étude des sciences et l'école des mœurs. Le nombre des élèves envoyés dans les différentes pensions d'Angoulême était une ressource pour les habitants qui eux-mêmes avaient la douce consolation de procurer une éducation gratuite à leurs enfants. — C'est moins à l'administration économique des revenus qu'on devrait s'appliquer qu'à former un bon collège en le conliant à une congrégation ou corps régulier; mais ceux qui étaient en état de s'en occuper, sans cesse affectés par des considérations personnelles et par le soin de se maintenir dans une inspection qui éloigne tous les corps capables d'un bon enseignement, se sont écartés des véritables intérêts de la patrie. Les opinions toujours opposées ont fait perdre le fruit de l'éducation à trois générations ; l'oisiveté a suivi de près l'abandon des écoles, la dissolution en a été la suite. Des réserves auxquelles on s'est uniquement attaché ont servi à construire quatre maisons et à en acquérir une autre, des fonds ont été placés sur le Clergé ; plus de mille louis sont encore en caisse ; et pour dégoûter tous les corps à qui le collège a été proposé tant par Monseigneur l'évêque (1) que par les officiers municipaux, on a laissé tomber en ruine les principaux bâtiments faute d'enlretien. — Le roi sera très humblement supplié de prendre en considération le collège de la ville d'Angoulême, d'en supprimer l'administration, d'ordonner qu'il sera confié à une congrégation ou corps régulier, et pour éviter les débats qui pourraient être élevés sur la convenance, il sera demandé à Sa Majesté de vouloir bien indiquer le corps qui lui sera le plus agréable (II, 14).

847. Établir dans les villes maritimes des écoles de matelots où les enfants trouvés seraient envoyés à l'âge de neuf à dix ans. On augmenterait par ce

(1) p. F. d'Albignac de Castelnau.

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