H. Nagaoka, p. i
Les abus de pouvoir commis par quelques graades familles furent réprimés, et le système politique fut réformé, « sur le modèle des bonnes institutions chinoises ». Tenji établit une administration impériale, sur le principe de la centralisation,, qui annonce de loin le régime actuel et l'ère de Meiji; fempereur exerça le gouvernement direct sur tous les sujets considérés comme un seul et même peuple, uniformément soumis aux mêmes règlements. Les grands domaines privés furent supprimés, et surtout les seigneurs y perdirent toute autorité administrative : il sembla que ce fût déjà la fm de la féodalité ; ces terres furent distribuées aux habitants régulièrement portés sur les registres, selon les méthodes si régulières de la Chine. Il y eut au sommet de la hiérarchie politique un conseil supérieur du gouvernement et huit ministères.
Le territoire fut divisé en 60 provinces, comprenant 600 arrondissements et 13000 communes; chaque légion provinciale, organisée selon un régime uniforme, fut commandée par un shogoun ou général. Dans les années qui suivirent, les lois et ordonnances de ce grand règne furent compilées et classées dans un Code qu'on appelle les Lois de Taï-ho [702] . En ce temps-là, la France mérovingienne était sous le règne des rois fainéants. Il y avait plus de barbarie en Europe que dans TExtrême-Orient.
Il est difficile d'expliquer cette grande influence politique et morale de la Chine sur le Japon autrement que par Timpuissance de celui-ci et le prestige exercé par la Chine sur tous les pays voisins : elle fut toujours le grand foyer de civilisation des peuples de la race jaune.
Même le culte de Confucius fut introduit aussi au Japon; il n'y avait pas sa raison d'être ; le culte du passé au Japon se ramène au shintoïsme qui n'a pas la même valeur morale; c'est pourquoi les livres sacrés de la Chine ne purent avoir aucune autorité, ni même aucun sens au Japon, et il ne put pas s'y établir comme en Chine une classe de mandarins lettrés. Si la Chine est le pays des lettrés, le Japon est le pays des guerriers, et il y a là une des différences fondamen-