‹ La question d'Extreme-OrientChapitre 28 sur 142 · Nagaoka, Relations, etc., p · texte numérisé non relu

Nagaoka, Relations, etc., p

mort arec quatorze des siens. En 1614, 100 chrétiens furent bannis à Macao, et un édit ordonna au peuple de revenir au bouddhisme. Les chrétiens se groupèrent autour d'Osaka et de la famille d'Hideyori. lyeyasu en finit par la violence ; il conduisit des troupes contre son rival, s'empara de sa capitale ; Hideyori fut brûlé dans son palais. Ainsi la dynastie shogounale des Tokougawa se trouva définitivement fondée sur la ruine de la maison d'Hideyoshi et sur la défaite du christianisme.

On pouvait d'ailleurs chasser les chrétiens sans interdire absolument tout commerce avec Tétranger, et lyeyasu eût voulu, selon sa politique personnelle, tenir le Japon ouvert à la civilisalion européenne. Mais, après sa mort en 1616, il y eut de graves désordres, une agitation redoutable à sa maison ; et Tun de ses successeurs, lyemilsu, fut entraîné beaucoup pllis loin. Un édit shogounal en 1633 prohiba définitivement le christianisme, et, par extension, le commerce étranger, défendit d'envoyer au dehors aucun navire, promit des récompenses à ceux qui dénonceraient le refuge d'un prêtre catholique, ferma presque complètement le Japon aux influences extérieures : « Que personne à l'avenir, tant que le soleil illuminera le monde, n'ait à naviguer au Japon, même sous titre d'ambassadeur, et que ce décret ne puisse jamais être révoqué, sous peine de la mort, sans même excepter le Xuca, prince de toutes les idoles du Japon ; et même le Dieu des chrétiens serait traité comme les autres, s'il contrevenait à cet ordre, et encore avec plus de cruauté* ».

Il y eut une résistance suprême des chrétiens qui détermina une terrible guerre religieuse, qu'on appelle la guerre de Shimabara, parce que le château de Shimabara, près de Nagasaki, en fut la principale forteresse. Ainsi le christianisme se retranchait à son point de départ. Un jeune homme remarquablement beau, Masuda-Shiro, fut présenté au peuple comme l'envoyé céleste annoncé jadis par saint François-

i. Dubois de Jaocigny, Le Japon {Univers pUloresquCf i850, p. 106-ili).

LE SHOGOUNAT D'EDO ^ 7«

Xavier; autour de lui se groupèrent tous les chrétiens, plus de 100 000. Le bruit ayant couru de la mort du shogoun, le peuple se mit en prières pour en remercier le ciel. Fausse ûouTelle : le shogoun, puissamment armé grâce au concours des Hollandais, cerna les rebelles, et après un l©ng siège leur prit Shimabara en 1638 ; il y eut 40000 victimes après la prise de la ville, massacrées par le vainqueur ou tuées de leurs propres mains. Une ambassade portugaise venue de Maeao ne fut pas admise, et, comme elle insistait, elle fut toute détruite. Tous les étrangers durent partir ; le shogoun ne toléra qu'un petit établissement commercial des Hollandais dans Tilot de Deshima, devant la rade de Nagasaki.

La défaite définitive du christianisme eut pour conséquence une renaissance du bouddhisme; il fut d'ailleurs Tobjet, grâce au shogoun, d'une réforme remarquable; les bonzes furent ramenés à la vertu par la limitation de leurs richesses et par une orçanisation nouvelle de Tétude des livres sacrés; le bouddhisme fut déclaré la religion nationale, et les Japonais s'y attachèrent d'autant mieux qu'ils y voyaient une forme de leur indépendance même. Ainsi le Japon se renfermait sur lui-même, et la haine de l'étranger devint une de ses plus fortes traditions, un de ses caractères nationaux \

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