III. — l'empire chinois a la fin du XVIII* SIÈCLE
Les luttes contre les musulmans de l'Asie Centrale avaient eu une sorte de contre-coup parmi les populations musulmanes de la Chine elle-même. Car il y a dans le coude supérieur du Yang-tsé-kiang, dans les provinces du Szé-tchouen, du Yunnan et du Kwei-tschou, une vingtaine de millions de musulmans, isolés dans la mer immense des bouddhistes; ils en sont d'autant plus réfractaires à la domination chinoise. Ce sont surtout les tribus des Miao-tsé; elles passent pour descendre des derniers guerriers défenseurs de la cause des Ming; elles n'ont en effet jamais consenti à la coutume de la tête rasée et de la natte ; mais il n'est pas besoin de cela pour expliquer leur esprit d'indépendance; les montagnes abruptes qu'elles habitent leur sont un abri contre les maîtres de la plaine, un encouragement à l'indiscipline, un milieu favorable à leur tempérament belliqueux. Elles n'y .trouvent pas de grandes ressources; elles s'en procurent par le pillage des riches vallées voisines; elles vivent de brigandage.
Or, en 1771, par esprit de réaction peut-être contre les vie-