LES ORIGINES
légendaires, demi-dieux de Thisloire chinoise, fut Hoang-ti, dont le nom signifie l'empereur jaune, Tempereur-type de cette race et de cette terre. Il régna cent ans, de 2698 à 2598, il créa le» fêtes de l'agriculture; sa femme, Timpéra- Irice Louéï-Tseu, enseigna Télevage des vers à soie et le filage de la soie ; elle est encore vénérée comme Tesprit qui protège celte industrie nationale de la Chine. Hoang-Ti fut aussi le fondateur du Tribunal de Thistoire; nul peuple ^i effet n'a des annales aussi anciennes et de bonne heure aussi authentiques. Ainsi elles notent avec une sorte de certitude scientifique le grand déluge de Tan 2297, sous Tempereur Yao; il n'est pas défendu de l'identifier avec le déluge de la Bible ou avec celui de la légende grecque; mais la Chine n'a pas cessé d'être sujette à de terribles inondations, qui ont nécessité de considérables travaux de défense, canaux d'irrigation, digues monumentales; les empereurs de ces premiers âges ne manquèrent pas à ce devoir; c'est l'empereur Yu, vingt-deux siècles avant l'ère chrétienne, qui aménagea les digues du Hoang-ho, qui contint par d'admirables travaux les eaux dangereuses du lac Po-Yang, dans la vallée moyenne du Yang-tsé-Kiang, dans la région populeuse de Han-Kéou. Ce furent les travaux d'Hercule de la Chine; ce sont les monuments les plus imposants de son antiquité.
Les empereurs de cet âge d'or eurent des vertus qui ont presque totalement disparu depuis : l'un inventa le tambour aux plaintes, pendu à la porte de son palais; les Chinois qui avaient à se plaindre, même de lui, surtout de lui, apportaient leurs doléances sur un papier qu'ils jetaient dans une boite, — c'est peut-être l'origine de la boîte aux lettres, une invention de plus dont nous serions redevables à la Chine ; — puis ils frappaient sur un tambour et se sauvaient pour n'être pas vas; alors l'empereur lui-même sortait de ses appartements, levait la boîte aux plaintes, auxquelles il se hâtait de faire droit. Un autre, par une année de désastreuse sécheresse, se présentait devant son peuple, faisait la confession de ses faules, s'attribuait la responsabilité des maux dont le ciel
accablait la terre, promettait d'être plus vertueux à Favenir et priait les dieux de lui pardonner; les dieux pardonnaient et faisaient pleuvoir : ce sont aujourd'hui des traditions perdues. Le bon roi Keng-wang rendait la justice sous un vieux saule ; Saint-Louis ne fit que l'imiter, trente siècles plus tard.
La civilisation de ces anciens temps était déjà fort remarquable, si Ton en juge par quelques œuvres qui en restent, des étoffes de soie, des meubles en bois verni, des vases en forme de calice de fleur ; elle fait songer à la civilisation des Égyptiens du temps des Pharaons. Les connaissances scientifiques y étaient même déjà remarquables; il semble que les Chinois d'alors se rendaient compte de la forme de la terre, et même de l'aplatissement des pôles; ils se préoccupaient naturellement beaucoup de l'étude du ciel et des astres; ils en avaient tiré un calendrier fort semblable au calendrier julien; ils observèrent une éclipse de soleil en Tan 2155, ils y virent une preuve de l'intérêt que le soleil portait à la terre, ce qui prouve un tempérament optimiste; ils avaient une idée des immuables lois qui règlent le cours des astres, et ils s'efforçaient de régler les choses de la terre et le gouvernement des hommes sur l'harmonie des deux : c'est une entreprise qui n'est pas encore tout à fait achevée.
Puis l'histoire de la Chine commença d'avoir des caractères moins célestes. Il semble que les Chinois, sans doute un rameau des Touraniens, étaient originaires des régions de la mer d'Aral; ils arrivèrent à travers la Mongolie; ils furent d'abord nomades dans les plateaux du Chensi; puis ils se fixèrent dans les alluvions du Hoang-Ho, dans le pays du Ho-nan, et Singan-fou fut bientôt leur capitale. Ce fut « le Milieu » autour duquel se constitua peu à peu l'Empire du Milieu, comme la France s'est peu à peu constituée autour de rile-de-France; la vaste plaine qui s'étend au pied des grands plateaux de l'Asie centrale lui assurait une naturelle unité, et de bonne heure ses empereurs régnèrent de la Mandchourie au Tonking.
La première dynastie régulière fut celle des Hia [2206-