‹ La question d'Extreme-OrientChapitre 67 sur 142 · LA FIN BU SH060UNAT · texte numérisé non relu

LA FIN BU SH060UNAT

appuyait son aatorîté ébranlée sur le prestige religieux du mikado : c'était une sorte d'aveu d'impuissance.

Cependant les étrangers circulaient de plus en plus librem^it à EdOy et la population peu à peu s'habituait à les voir. Mais une sourde hostilité était entretenue contre eux par les samouraïs; elle se manifesta encore pendant quatre ou cinq ans par de continuels attentats, dont quelques-uns furent graves. Le 24 janvier 1861, le secrétaire de la légation américaine, Heusken, fut assassiné.

La légation anglaise avait été installée sur le Goten-yama, une jolie promenade au-dessus d'Ëdo, qui occupait l'emplacement d'un château du grand shogoun lyeyasu; cette promenade toute plantée de cerisiers était depuis longtemps ouverte au public qui s'y pressait les jours de fêtes et y trouvait de nombreuses réjouissances. Le peuple d'Ëdo fut irrité de l'établissement des étrangers dans un tel endroit; il le manifesta. Le gouvernement offrit aux Anglais une autre installation; ils refusèrent : la légation fut brûlée*.

L'affaire Richardson fut encore plus grave. Un grand officier du mikado, OharaSœmon, avait été envoyé à Edo pour y étudier la situation et demander au shogoun des explications sur sa tolérance à l'égard des étrangers; cette reprise d'autorité par le mikado avait d'ailleurs la plus sérieuse importance, et celui qui en était chargé, OharaSœmon, appartenait au puissant clan de Satzuma, dans Kiu-siu, qui avait toujours été parmi les plus redoutables adversaires des Tokougawa. Celte mission devait avoir de graves conséquences; elle est un des principaux épisodes de la décadence du shogounat. Gomme elle s'en retournait, en grand équipage, à quelques lieues d'Edo, elle rencontra quatre cavaliers anglais en promenade; curieux du spectacle, ils s'arrêtèrent pour la voir passer; les samouraïs de l'escorte se jetèrent sur eux pour les obliger à descendre de cheval et à se prosterner, selon la coutume du shitaniro; ils refusèrent, furent maltraités, se

i. Layrle, p. 71.

défendirent; deux furent grièvement blessés, dont l'un nommé Richardson mourut sur la route*.

L'Angleterre, selon la coutume en de telles circonstances, envoya des vaisseaux de guerre à Yokohama, devant Edo; elle exigea des excuses et une indemnité. Le régent fut embarrassé; s'il résistait, il attirait sur lui la vengeance redoutable des étrangers; s'il cédait, il excitait la colère des patriotes japonais; il prit le parti de n'en pas prendre; il promit satisfaction aux Anglais, mais demanda à en référer au mikado ; nouvel aveu, devant les Européens, de sa vassalité à regard du gouvernement de Kioto. Les Anglais patientèrent quelque temps, n'obtinrent rien, se fâchèrent; le 12 août 1863, l'amiral Kuper parut devant Kagosima, la principale ville du Satzuma, dont les gens avaient tué Richardson; il jeta quelques boulets sur la ville, brûla les chantiers de construction et quelques maisons, n'obtint d'ailleurs pas d'autre sanction.

Tous les étrangers ensemble, et le principe même de l'ouverture du Japon à leur commerce, furent intéressés à l'affaire de Shimonoséki. Cette ville commande le détroit qui conduit à la Méditerranée japonaise et aux principaux ports du Japon, comme Hiogo, Kobé, Osaka, qui sont en vérité lés ports de Kioto; Hiogo, d'ailleurs, était un port ouvert depuis 1858. Un bâtiment américain, le PembrokCy qui s'y rendait, fut tout à coup, au passage du détroit, canonné par une batterie japonaise de Nagato, baron de Ghoshu, un ennemi du shogoun, un des chefs du parti qui se reformait autour du mikado, pour renverser les Tokougawa sur la question des étrangers. Quelque temps après, une frégate hollandaise, la Méduse, fut accueillie dans le détroit de la même manière. Toutes les puissances, se trouvant ensemble molestées, décidèrent aussitôt une opération commune; quelques-uns de leurs vaisseaux, alors présents sur les côtes du Japon, furent mis sous les ordres de l'amiral français Jaurès, qui se trou-

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