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LA PIN DU SHOGOUNAT

vait Tofflcier le plus élevé en grade; il les conduisit devant Shimonoséki, détruisit la batterie du baron de Choshu, débarqua quelques marins qui enclouèrent les canons japonais, dégagea le passage. Il s'entendit avec les représentants de l'Angleterre et de la Hollande pour une action combinée, diplomatique, ou militaire s'il le fallait, destinée à assurer la libre circulation du détroit de Shimonoséki et le respect des traités de 1858.

Ces circonstances ont de la ressemblance avec celles qui avaient amené la guerre de Topium ou l'expédition anglofrançaise en Chine en 1860. Elles posaient avec une gravité nouvelle le problème de l'ouverture du Japon. Elles l'obligaient à prendre à cet égard une résolution définitive; la question ne fut pas résolue à Edo; elle fut portée devant le mikado, à Kioto, et ce fut le signe de l'abdication et de la prochaine suppression du shogounat.

Les Tokugawa, en effet, se débattaient dans des difficultés pour eux insolubles; ils ménageaient les étrangers, par faiblesse, peut-être aussi par conscience des nécessités nouvelles ; en vérité ils ne pouvaient pas avoir une politique différente; ils sentaient toute la supériorité des Européens, l'impossibilité de leur résister, et qu'il aurait fallu avoir leurs armes pour les. combattre efficacement. Aux observations et réprimandes venues de Tokio, le shogoun répondait qu'il n'avait pas d'autre désir que de chasser les étrangers, mais qu'ils étaient pour le moment trop puissants, qu'il fallait d'abord s'armer comme eux, et c'était déjà toute la formule de la politique à laquelle le Japon allait désormais s'attacher* L'honneur n'en devait pas être laissé au shogoun. L'agitation grandissait à Kioto contre les Tokugawa et les étrangers, et ce fut le malheur des premiers de ne paraître plus les représentants de l'indépendance nationale.

D'une année à l'autre, les daïmios se prononçaient avec plus d'audace contre le gouvernement d'Edo, à mesure qu'ils étaient plus sûrs de l'impunité. On retrouve parmi eux notamment les nomis des. anciens daïmios chrétiens, des

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23^ LA RESTADRATIO.» IMPÉRIALE AU JAPO^

illustres maisoBs de Boungo, d'Arima, dont les chefs avaient eBtretenu jadis avec Rome des relaUons si curieuses* les plus redoutables enneatts du shogoun étaient les seigneurs de Satzama^ ou> de Tosa, ou encore Nagato, le haron de Gboshn. Il y a là, après deux siècles, une sorte de reranche de» vaincus du grand shôgoua lyeyasu, de la sanglante bataille de Tan 1600 à Sekif ahara ; leurs héritiers; allaient être les chefs de la grande Révolution. Et c'est peut-être pour cette raison qu'elle n*est pas demeurée longtemps hostile aux ehrétiens d*Occident : les Satzama et les Boongo ne ponvaient pas rester dans cette contradiction historique, dans cette infidélité an souvenir de leurs ancêtres.

Cependant la politique anti-européenne leur fut encore quelque temps une arme contre te shogoun; dès 1861, Saboro, du pays de Satzuma, portait à Kioto, aux pieds do mikado, une requête passionnée contre les étrangers. On a vn plus haut un antre daïmio du même clan, Ohara Sœmon, porter à Edo de véritables sommations au shogoun d'avoir à mieux défendre le Japon contre toute inva»on.

Et le shogoun alors souscrivit lui-même à sa propre déchéance. Il promit de se rendre à Kioto pour donner au onkado l'explication de sa conduite. En attendant, il se désarma de ses plus puissants instrum^ts d'autorité ; il sopprima la loi des otages : sous le prétexte des nombreuses consultations politiques que demandait le mikado et des voyages coûteux auxquels ainsi les daïmios se trouvaient obligés, ils furent dispensés désormais de séjourner à Edo et d'y laisser leurs femmes et leurs enfants ; il leur fut demandé seulement de s'entendre pour l'entretien du service autour du shogoun. Aussitôt tous les daïmios envoyèrent leurs familles dans leurs domaines; en un moment Edo fut ccinme un désert. En vérité ce fut la fin de la monarchie des Tokugava. EUe dispersait d'elle-même les forces qu'elle avait autrefois concentrées à Edo; elle groupait elle-même autour du mikado les plus puissants seigneurs qu'elle avait pendant deux siècles rédiuts à Tobé^sance. 1

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