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LA FIN DU SH060UNAT S

Par un demier signe de celte lente abdication du shôgono, il foitta Eda, soleimelleiiient^ le 21 mars 1864, et en grand équqiage, portant de nombreux et riches cadeaax, il se rendit à Kioto, aaprès de son sonTerain, comme pour lui renouveler son bommage; ce fut, en réalité^ pour lui remettre ses pou-

La crise suprême était ourerte.

Tout d'abord le mikado* Kemei et le shogoun lyemoshi ae mitent d'aceord pour préparer Texputsion des étrangers; les samonrds de Kioto obligèrent le shogoun à adopter leur mot d'ordre : « Sonno )oï », qui signifiait, parait-il, beaucoup de choses en peu de mots : « Révère ton souverain et chasse ks étrai^ers ». On fit aussitôt d'actifs préparatifs militaires; le mikado publia une retentissante proclamation, adressée au shôgoup et aux daïmios et à tout le peuple : « Vous balaierez les étrangers au bin comme la poussière avec le balai ». Le mikado, parmi un somptueux cortège^ se rendit au temple de Bœhiman, le dieu de la guerre, pour y ranettre au shogoun le sabre du commandement suprtoe; cela rappelle qu'aux origines le titre de shogoun signifiait « généralissime pour TexpitlsioD des barbares ». Par hasard sans doute, le sh6goun se troura indisposé le jour de la cérémonie, et ne put pas a'y rendre : ce qui fit un asser mauvais effet.

Cependant les étrangers ne manquaient pas de s'inquiéter de ces dispositions hostiles; les marchands dans les ports des traités ne se sentaient plus en sûreté, et les attentats individuels se multipliaient contre eux. Les officiers anglais leur eonseillaîent de se retirer sur les vaisseaux. L'amiral Jaurès se rendit à Yokahama; les ministres que le shogoun avait laissés à Ëdo, soit par effroi^ soit par suite des instructions qu'ils avaient reçues, continuèrent de paraître en parfait accord avec les « barbares », se montrèrent très conciliants, déclarèrent qu'ils espéraient la prochaine défaite des « mauvais daïmios »* Par précaution pourtant, quatre-vingts marins français furent débarqués pour garder les résidences européennes à Yokohama.

Le gouTernement shogounal, en grande admiration toujours devant la force des étrangers, curieux de s'en assurer le concours, demanda à Tamiral Jaurès de se porter à Osaka, le vrai port de Kioto, pour y prêter secours au shogoun et faire pression sur l'entourage du mikado : peut-être de la sorte était-ii possible de sauver le shogounat des Tokugawa; ainsi en Chine à cette même date les troupes européennes sauvaient la dynastie mandchoue de la rébellion des Taï-pings.

Aussi la lutte fut-elle très vive à Kioto, et le shogounat y fit une résistance de près de cinq années. Il en faut dire quelques épisodes pour définir les caractères très dramatiques, de cette révolution : Le 30 septembre 1863, le shogoun lyemoshi découvrit une conspiration, dont le chef était le puissant baron Nagato, seigneur de Ghoshu, et dont le but était d'enlever le mikado, de le transporter au milieu de l'armée des seigneurs rebelles, pour faire en son nom et avec lui une guerre d'extermination contre les étrangers; le shogoun, avec ses hommes d'armes, écarta doucement et habilement du palais impérial les samouraïs de ses adversaires qui peu à peu y avaient été établis en grand nombre sous prétexte de service; les daïmios conspirateurs furent rendus impuissants, et, sous divers prétextes, éloignés dans leurs terres ou ailleurs. L'influence du shogoun sur le mikado parut aussi puissante que dans le passé; le mikado lui-même adressa au peuple une solennelle proclamation de la confiance qu'il n'avait pas cessé d'avoir dans le shogoun lyemoshi, dont la situation put paraître définitivement consolidée.

Mais le baron de Ghoshu, parce qu'il était désormais démasqué, redoublait ses efforts contre les Tokugawa; retiré dans ses domaines, au sud de Kioto, il y réunissait des soldats, il appelait autour de lui les mécontents, il organisait la rébellion armée, il préparait les troupes qui allaient être l'armée de la révolution, ou de la restauration impériale. Puis il conduisit cette armée à Kioto; il y entra par violence; il marcha' sur le palais du mikado. Une bataille sanglante s'engagea dans les rues, autour de la résidence impériale,

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