‹ La question d'Extreme-OrientChapitre 71 sur 142 · Layrie, p · texte numérisé non relu

Layrie, p

an fiu}et des Européeiiâ^ on li^en viot pas A aimer k cmiîsition oocideatale pourâfiUe-j&ème^ stak-seuleiiiesit icoiapreadre sa vakair et à exploiter sa force* Les gens de Nagato «'eoteadirent airec les j^mouraïs du SatzuiDa et de tente Tile de Kki- Sta^ mtà du nord au sud, de Kioto à iLagosîma, se constitua Bue ÂmnidaUe organisation poUUque et militaire, ipiis'opposa à Ëdo, et qui rappela le souvenir de la conversion des Japonais au christianisme au xvi^ siècle ; -c'est par cette voie aussi que le Japon a reçu les ense^BoineQts de la Chine.

Le shogoun lui-même provoqua la reprise (des luotsiilités éècisives; il y fut entraîné par la logique des ciramstances; il voulut naturellement punir le baron de Choshu de aes attentais contFe Kioto même; il était Aécessaire de le réduire à Timpuissance. Une armée lut levée contre lui; on lui tr»ava dittcilement des chefs, car la plupart ^des daïmios se récusûent, par esprit de soliclarilé avec J^ato, par crainte d'une nouvelle victoire des Tokugawa qui eût pour longtenips fortiâé leur autorité monarchique* Le shogoun lyemoshi se diargea himéme du commandement. Il avait plus de 60000 hommes, dont 10 000, venus d'Ëdo, avaient été disciplinés et armés i Teurepéenne; ils emmenaient en particulier une hatterie d'artillerie française. Les vaisseaux étrangar^ se concen- (rèrent A Osaka pour suivre les opérations, sans aucun partipris d'ailleurs, TEurope ayant dès lors des partisans dans les deux camps; la question s'était déplacée; il ne s'agissait phis d'une réaction coiatre Tinfluence occidentale, mais contre le shogounat el son gMmv^nemeaart absolutiste.

La marche de l'armée shogounak Ait lente et pénible, encombrée de charrois, retardée par des intempkies, des pluies diluviennes où s'effondraient les ponts : les puissances célestes sans doute s'intéressaient aussi à la querelle. La rencontre des deux armées eut lieu à Osaka, qui est bien en effet le milieu géographique de l'empire japonais. Les hostilités commencées le 26 juillet 1866, une grande bataille s'y engagea quelques jours après, à quelques lieues de cette plaine de Sekigahara, où s'était fondée en 1600 la monarchie hérédi-

LA PIN DU 'SaOCMÎTJIirAT m

taire des Tokugawa : c^est là qu'est le ecBur du Japon et que se décident ses destinées. Le shogoun lyemosfai fut complètement Yaincu; ses troupes furent dispersées; il taourut lui-même quelques jours après à Osaka(15 septemlwe 1866).

kn moment où les événements allaient donc se précipUer vere le dénouement, le personnel des chefs politiques se modifiait. lyemosfai eut pour successeur au shogounat Yoshinobu, qm se hâta de rentrer à Edo p<»ir y organi^r de nouvelles forces. Le 3 février 1867, le mikado Koméi mourut et eut pour successeur son ffls Mutsu-Hito, âgé seulement de quinze ans. Le jeune mikado, arrivé au pouvoir au lendemain de la défaite du shogoun, en recueillit naturellement les bénéfices. Les daïmios vainqueurs se groopèrent autour de lui pour achever le triomphe de leur cause par le prestige moral de Tautorité impériale; îls renoncèrent â toute hostilité contre les étrangers pour tâcher d'obtenir leur concours désormais reconnu nécessaire. Un des premiers actes du nouveau mikado fut de confirmer formellement les traités signés en 1858 avec les puissances étrangères; les difficultés qui s'étaient produites, notamment «u port de Hiogo, furent réglées; des relations régulières, sinon déjà cordiales, furent établies entre Kioto et les gouvernements de l'Europe et des États-Unis. Il ne resta plus, pendant quelque temps encore, que quelques sentiments de défiance de part et d'autre.

D'antre côté, à Tintérieur, les daïmios vainqueurs tiraient toutes les conséquences de la défaite du shogoun ; parmi eux le prince de Tosa montrait une grande activité ; il exprimait, par exemple, l'idée de fonder le gouvernement nouveau sur une dîète de daïmios, et il fut en effet question de la convoquer pour décembre 1867 ; la réalisation de cette idée fut retardée par les circonstances. Car il fallut d'abord en finir avec le shogounat, dont la ruine n'était pas encore tout à fait consommée : le 3 janvier 1868, le jeune mikado Mutsu-Hito confia la garde de son palais impérial aux samouraïs du Satrama «et du prince de Tosa; c'était rompre tout lien entre Kioto et Edo, enlever aux Tokugawa le principe même de

Jeur autorité. Aussi le lendemain, 4 janvier, un second décret impérial supprimait-il Tinstitution même du shogounat. Ce ne fut pas au profit du mikado seulement, mais aussi des daïmios considérés comme les représentants de la nation japonaise : € C'est la volonté de TEmpereur, est-il dit au décret du & janvier, d'accord avec la constitution élaborée par Zimmu-Tenno, que les nobles de cour et ceux de la classe militaire, sans distinction de rangs, discutent sur toutes les questions, afin que l'empire jouisse de la paix et de la prospérité. » Ainsi les institutions représentatives, auxquelles le Japon allait peu à peu s'attacher, étaient annoncées dès le coup d'État de janvier 1868; elles en étaient comme la raison d'être, et elles prenaient leur source dans les plus anciennes traditions, dans les fondements même de la société japonaise; il serait donc injuste de n'y voir qu'une imitation des institutions européennes. Les peuples, comme les individus, ne se dépouillent pas à ce point de leur propre nature.

Le dernier des shogouns, Yoshinobu, essaya de lutter encore. Il quitta Edo avec de nouvelles forces et vint se retrancher fortement à Osaka ; il avait conservé jusque-là les sympathies des Européens qui se défiaient toujours un peu de Kioto, ayant parfois à se plaindre du parti national. Le 19 janvier, le palais de Satzuma à Edo fut brûlé par ordre du shogoun, et ce fut sa réplique au décret de destitution qu'il n'attribuait qu'aux « mauvais daïmios ». Mais la fortune des armes ne lui fut pas favorable. Le mikado l'invita à venir à Kioto, et lui promit, sans doute sincèrement, au lieu du shogounat, de hautçs fonctions dans la nouvelle administration ; Yoshinobu y vit un piège de ses ennemis, et marcha sur Kioto, qui est à une cinquantaine de kilomètres d'Osaka, avec toutes ses (orées. A Fushimi, devant la capitale impériale, le 27 janvier 1868, il se trouva en présence des troupes de ses ennemis. La bataille fut terrible ej dura jusqu'au 30 janvier.

L'armée de l'ancien shogoun fut presque complètement détruite. Le 5 février, un décret du mikado le destitua de

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