‹ La question d'Extreme-OrientChapitre 73 sur 142 · Maurice Gourant, p. 124 et suiv · texte numérisé non relu

Maurice Gourant, p. 124 et suiv

LA FIN i)U SHOGOUNAT 2â5

on dît loordemeut, « européanisé ». Nous aurons à définir, «vec autant d'exactitude que possible, les conditions Tériiables où s'enferma cette indtation.

Cependant « Tarmée du châtiment » achevait Tceuvre que le mikado lui avait confiée. Elle parut devant Edo« Elle n'eut pas à employer ia violence pour assm*er son triomphe. Yoshinobu demanda à traiter; on loi laissa la vie, mais 11 dut teaoncer à tous ses biens et à ses dignités et s'en remettre à la générosité de son souverain; la plupart de ses ministres courageusement s'infligèrent le hara-kiri; il livra toutes ses armes et ses vaisseaux; il fut d'abord confiné à Mito; plus tard il eut la permission de se retirer dans ses terres de Siuruga, à Touest de Yokohama, où il mourut obscurément. Quelques bandes de samouraïs, fidèles à cette cause perdue, soutinrent quelque temps encore une guerre de partisans dans les provinces de Dewa et de Mutsu, dans les montagnes du centre de Nippon; la prise de Wakamatsu les obligea à la soumission. Un gouvernement rebelle se maintint encore pendant plusieurs mois dans Yéso, la grande lie du Nord. L'amiral Enamolo, qui avait conduit jadis Yoshinobu d'Osaka à Edo, y avait emmené quelques vaisseaux; il s'empara de Hakodade et pensa s'y défendre contre les troupes du mikado. Mais son meilleur navire, le Kayo Maru, fut brisé par une tempête; les autres navires furent détruits ou pris par la flotte impériale faite des vaisseaux enlevés au shogoun dans la baie de Yolohama ou dans celle d'Osaka. Hakodade fut emportée d'assaut en mai 1868, et ce fut la fin de cette guerre. Yéso fut dépouillée de son nom et appelée Hokkaïdo.

Le nouveau gouvernement pensa qu'après une victoire aussi complète, il convenait que la résidence impériale fût fixée, non pas à Osaka, simple cbef-lieo de province, mais à Edo, devenu sous les Tokugawa une capitale remarquable, le centre de l'administration qui avait jusque-là dirigé les affaires du pays, le lieu du commandement. Par là encore, le mikado allait prendre la suite de la politique shogounale; par là, le Japon moderne allait continuer les traditions de l'ancien régime.

Mais le nom d'Edo fut changé en celui de Tokio, qui signifie ia capitale de Test, par opposition à Kioto.

Le 26 novembre 1868, Tempereur Mutsu-hito fit son entrée à Edo-Tokio ; le 5 décembre, il y reçut les représentants des puissances étrangères, qui lui remirent les lettres par lesquelles ils étaient officiellement accrédités auprès de son gouvernement; il leur donna les assurances les plus formelles de sa volonté d'entretenir avec eux les relations les plus conciliantes et la plus parfaite entente. Le 20 janvier 1869, le mikado retourna passer quelques semaines à Eioto pour son mariage et pour les fêtes religieuses de la nouvelle année. Le 18 avril, il quitta définitivement son ancienne capitale; en vain ses gardes du corps se jetèrent à ses pieds pour le supplier de ne pas quitter la cité sainte, de ne pas se mêler à la société des « barbares » : il ne céda point àJeurs prières, il s'éloigna et la population en larmes suivit longtemps des yeux le fils des dieux qui s'en allait vers les destinées nouvelles*.

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