‹ La question d'Extreme-OrientChapitre 78 sur 142 · Maurice Gouranti^p · texte numérisé non relu

Maurice Gouranti^p

LE GOUVERNEMENT ÉGLAIHÉ 2M

samouraïs se soumirent; pour vivre, ils se firent laboureurs, ou plut6( officiers, ou ils entrèrent en grand nombre dans la police : une des classes les plus originales de lancienne société japonaise se dissolvait dans la ressemblance avec tous les autres sujets du mikado. Leurs privilèges ont disparu, mais non pas leurs mœurs séculaires; ils ont gardé et répandu autour d'eux leur passion de l'escrime et du duel ; ils entretiennent dans la population à laquelle ils sont mêlés, et surtout dans Tarmée où ils sont nombreux, le goût et le respect des anciennes vertus militaires. Par là ils n'ont pas cessé d'agir puissamment sur le caractère même de la nation.

La dernière crise passée, la transformation du Japon se continua selon les voies ouvertes par Okoubo. Il mit d'abord une hâte irréfléchie à l'adoption de toute la civilisation occidentale; mais ce ne fut qu'une fièvre d'un moment. Les costumes, la coiffure européenne devinrent la règle de la société japonaise; toutes distinctions furent supprimées, les mariages furent permis entre toutes les classes ; le calendrier grégorien remplaça le calendrier lunaire. Les édifices de brique et de pierre, malgré les tremblements de terre, remplacèrent les aimables maisons de bois et de papier ; les services du gaz, de l'eau, les télégraphes, les téléphones furent organisés à la façon de l'Europe ; des tentatives furent faites pour remplacer la langue japonaise par l'anglais, plus pratique, dans les relations officielles ou commerciales.

Avec le temps, les excès de cette imitation disparurent ; il y eut une réaction vigoureuse contre cet engouement, à certains égards ridicule, et les Japonais revinrent aux sentiments et aux goûts nationaux. « Le nouveau Japon, écrit M. Michel Revon, n'est que l'épanouissement normal d'un passé de plus de vingt siècles, l'adaptation finale d'une vieille civilisation, raffinée bien avant la nôtre, aux conditions nécessaires du monde actuel. » Le génie national subsista, enrichi par les découvertes européennes*.

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