‹ La question d'Extreme-OrientChapitre 94 sur 142 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

I. — LE CONFLIT RUSSO-JAPONAIS ET LES NÉGOCIATIONS (juillet 1903 — FÉVRIER 1904).

Les besoins économiques du Japon. — Ses relations avec la Corée. — La haine de la Russie. — L'amour-propre national et le souci de la défense du pays. — L'orgueil de race; la réaction des Jaunes contre les Blancs.

L'alliance anglo^japonaise (30 janvier 1902). — Insuffisance de la réplique franco-russe du 20 mars. — La politique anti-russe de TAngleterre. — Les sympathies des États-Unis pour le Japon. — La Russie, la France et TAllemagne. — Le traité russo-chinois du 8 avril 1902. — L'amiral Alexeief, vice-roi de TExtréme-Orient. — Les Russes en Corée. — La société forestière du Ya-lou. — L'occupation de Yong-Ampho (Port- Nicolas). — Irritation de Topinion publique au Japon.

Les négociations. — Les propositions japonaises : partage d'influence en Mandchourie et en Corée. — Le transfert des négociations de Saint- Pétersbourg à Tokio. — Accord sur la Corée. — La question de Mandchourie. — Les lenteurs de la Russie. — Les impatiences du Japon. — Armements de part et d'autre. — La rupture (5 février 1904).

n. — LA GUERRE (FÉVRIER 1904 — SEPT. 1905).

L'attaque japonaise sur Port-Arthur (8 février). — Le Varyag à Tchemulpo. -— La catastrophe du Petropaulovsk.

L'investissement de Port-Arthur. — La bataille navale du 10 août 1904 : la flotte russe enfermée dans Port-Arthur. — La bataille de Liao-yang (août-sept. 1904). — L'offensive russe contenue à la bataille du Cha-ho (octobre 1904). — La capitulation de Port-Arthur (2 janvier 1905).

La flotte de la Baltique. — La bataille de Moukden (mars 1905). — La bataille navale de Tsou-shima (27 mai 1905).

La médiation du président des États-Unis. — Les conditions japonaises. — La question de Sakhaline et celle de Tindemnité de guerre. — Grandes concessions du gouvernement japonais. — La signature du traité.

L'opinion publique au Japon. — Désordres à Tokio.

La situation de TExtréme-Orient après le traité de Portsmouth. — La Russie écartée de la Mandchourie. — Les puissances européennes en général contenues. — Arrêt brusque dans l'exploitation du marché chinois. — La prépondérance politique du Japon; établissement de son influence en Corée. — L'égalité des Jaunes et des Blancs.

I. — LE CONFLIT RUSSO- JAPONAIS ET LES NÉGO- CIATIONS (juillet 1903-FÉVRIER 1904)

La cause générale de la guerre russo-japonaise est dans les abus de Texploitation européenne en Chine et dans les menaces de plus en plus audacieuses dirigées contre Tindépendance de cet empire ; en vérité depuis le traité de Shimonoseki, la Chine n'était plus qu'une proie, déchirée par Tavidité croissante des puissances étrangères; et elle paraissait parfaitement incapable de se défendre ; elle signait toutes les conventions que l'Europe lui présentait; elle livrait ses meilleurs ports, elle s'abandonnait aux ingénieurs de toutes les nations. Ainsi, pendant Tinsurrection des Boxeurs, sous prétexte de maintenir Tordre en Mandchourie, la Russie avait occupé cette province presque tout entière, et l'avait traitée comme sienne ; il y avait une nombreuse population chinoise à Blagovietchensk, sur les bords de l'Amour; en représailles des épreuves subies par les Européens à Péking, les Cosaques chassèrent les Chinois de la ville, les poussèrent brutalement dans le fleuve et en noyèrent plusieurs centaines*. L'émotion fut très vive dans tous le pays jaune.

Les Européens ne dissimulaient plus guère leur prétention de traiter la Chine comme un pays conquis, les Jaunes

Page 1