‹ La question d'Orient depuis le traité de BerlinChapitre 14 sur 27 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

de troubles en TuiNjuie. «'lies adouciraient sa cliute. et, peut-être même, malgré elle, elles la sauveraient.

Celte solution, (jue malheureusement IKurope divisée accepterait diflicilement, est, selon moi, celle qui sauvegarderait le mieux les intérêts de la France.

En cherchant à la faire adopter par les autres puissances, en travaillant à la réforme de la Turquie, la France resterait fidèle aux deux principes directeurs de sa politique en Orient : maintien contre lEurope de l'intégrité de lEmpire ottoman, développement des jeunes nationalités.

Si, d'accord avec les autres puissances, elle améliorait le sort des sujets du Sultan, elle préviendrait le retour des

s'entendre avec elle pour partager une partie de l'Empire et pour reconstituer avec le reste lEmpire de Byzance. l'^n t833 la Russie, en 4839 l'Autriche se montri-renl disposées ti reprendre cette idée (Kaninrowsky, La queafion {l'Orient, Bévue f/énérale de droit international public, yxxxWai t896). Va\ 1800, le comte Rostopchine proposa un partage complet de l;i Turquie. La France aurait eu l'Egypte ; la Russie aurait pris la Roumanie, la Bulgarie : l'Autriche, la Bosnie et l'Herzégovine. Cf. Kaniarowsky citant SolowiolT (La question d'Orient.) Talleyrand en 1805 projeta le démembrement de la Tunjuie (V. note p. -422). Napoléon et Alexandre à Tilsitt ébauchèrent un projet de partage de la Tuniuie. (Vandal, Napoléon et Alejcandre, tome I.) En 1830 la France et la Russie projetèrent encore un partage où pour sa part la Russie aurait eu Constantinople. V. aussi Dufau : Partage de la Turquie d'Europe entre la Russie, la Turquie, l'Angleterre et les Grecs, Paris, 1822 et Marochetti. Partage de la Turquie, l'aris, 1827. (In a proposé encore bien d'autres solutions à la question d'Orient, qui presque toutes d'ailleurs négligent la grosse diiïiculté du problème, le défaut d'entente de l'Europe. La solution préférée par la majorité des auteurs consiste à remplacer ta Turquie par une confédération des Etats des Ballcans (V. Kamarowsky. La question d'Orient. Casati. Ze rcrei/ fie la question d'Orient. Itollin. Solution de la question d'Orient (Confédération et occupation par les grandes puissances combinées). Bikélas. La Turquie et l'/iellé/tisnie contemj)orai/i.Kc'\ih, The Orie/ital problem. Xrgyr'imU's, La Macédoine ; v. aussi Courrière. Deu.v patriotes bulgares et discours de M. Tricoupis à Belgrade du 3 juin i8!»4. Arch. dijil.. 1891, chronique). Constantinople deviendrait alors une ville libre (Rattos. Constantinople ville libre. Lorimer. On the dénationalisation of Constantinople) ou deviendrait la capitale de la confédération balkanique ou resterait aux Turcs avec la Turquie d'Asie.

convulsions qui ag-itent périodiquement l'Empire et dont, presque chaque fois, les puissances ses voisines profitent pour hii arracher quelque lambeau de territoire. Si elle parvenaif à imposer à la Turquie un rég^ime de réformes basé sur la reconstitution des anciennes autonomies et sur la décentralisation administrative, elle lui préparerait sur son sol même des héritiers.

Les Réformes ainsi comprises relâcheraient en elFet les liens entre le Sultan et ses sujets, elles leur permettraient de commencer leur apprentissage de la liberté, et diminueraient les obstacles à leur désir, le jour où leur demiservitude commencerait à leur peser.

Si, dans la mesure du possible, la France les aidait alors à se substituer peu à peu à la Turcjuie, elle empêcherait les modifications quelle redoute dans l'équilibre européen; elle accroîtrait dans le Levant l'influence que des siècles de générosité lui ont acquise, enfin elle continuerait son passé en aflirmant, une fois de plus, le droit des peuples à l'indépendance.

LE TRAITÉ J)E lîERLIN

Au 7iom de Dieu Tout-Pui^iiant.

Le Prrsitlenl de la Ucpiibli([uc française. Sa Majesté l'Enipereur d'Allemagne. Roi de Prusse. Sa Majesté l'Empereur d'Autriche. Roi de Bohème, etc.. et Roi apostolique de Hongrie. Sa Majesté la Reine du Royaume-Uni de la (îrande-Rretagne et d'Irlande. Impératrice des Indes. Sa Majesté le Roi d'Italie. Sa Majesté l'Empereur de toutes les Russies et Sa Majesté l'Empereur des Ottomans, désii-ant réglei-, dans une pensée d'ordre européen conformément aux stipulations du traité de Paris du 30 mars 1856, les questions soulevées en Orient par les événements des dernières années et par la guerre dont le traité préliminaire de San-Stefano a manjué le tei-me.ont été unanimement d'avis (jue la réunion d'un congrès olfrirait le meilleur moyen de facilitei- leur entente.

Le Président de la Républi((ue française et Leursdites Majestés ont, en conséquence, nommé itour leurs plénipotentiaires, savoir :...

Lesquels, suivant la proposition de la Cour d'Autriche-IIongrie et sur l'invitation de la Cour d'Allemagne, se sont réunis à Berlin, munis de pleins pouvoirs qui ont été tiouvés en bonne et due forme.

L'accord s'étant heureusement établi entre eux, ils sont convenus des stipulations suivantes :

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