PREMIÈRE PARTIE
Le 13 juin 1878, le congrès s'ouvrait à Berlin sous la présidence île M. le Prince de iiisniarck, chancelier de l'empire d'Allemagne.
Les puissances qui s'y trouvaient représentées étaient presque toutes persuadées de la nécessité de maintenir l'Empire ottoman et prêtes à s'entendre sur les moyens de protéger son existence. Le traité de Berlin a cependant été un désastre pour la Tur(iuie. Il la sauvée de la mort immédiate, mais c'est tout. Il a ruiné sa puissance et il a augmenté la force de ses ennemis. C'est que l'histoire ne se fait pas seulement dans les congrès et ne suit pas toujours la volonté des diplomates. S'il est en leur pouvoir de régler les relations extérieures des puissances, la vie intérieure des nations ne leur appartient pas. Ils n'ont pas de remède contre les forces obscures, les mille causes diverses et insaisissables qui font qu'un empire tombe. La Turquie s'effondrait dans la corruption, ils tentèrent en vain de la sauver par des mesures extrêmes.
A l'autorité du Sultan, le traité de Berlin chercha à substituer l'autorité de l'Europe ; il enleva à la Turquie quelques-uns des droits constitutifs de la souveraineté des États. Il n'aboutit ainsi qu'à constater sa déchéance, non à la régénérer. En accordant au contraire plus de droits et d'indépendance aux sujets chrétiens du Sultan, en réglant le sort des petits peuples ennemis de la Turquie qui