LES EUROPÉENS DANS LA VALLÉE DU NIL
depuis longtemps en rapports d’amitié avec le négus ? C’est là un des problèmes de l’avenir.
La France fut dans cette course fiévreuse au Nil supérieur la plus redoutable rivale de l’Angleterre. Elle conserve €n Égypte des intérêts considérables auxquels la dernière convention ne porte aucune atteinte ; elle garde la direction générale des antiquités, et la liberté de ses écoles est formellement garantie. Elle ne considère plus seulement Obock comme un dépôt de charbon sur la route de l’Océan Indien, mais comme la base naturelle du développement de son influence vers le Choa, le Harrar, le pays des Gallas. En ce sens, la défaite des Italiens lui a ouvert la route.
L’Afrique est ainsi de plus en plus le théâtre essentiel de son activité. De l’Algérie et du Maroc- au Sénégal et au Congo, elle enveloppe et elle pénètre de toutes parts les pays africains de l’Islam. Elle possède presque tout le domaine musulman de l’Afrique occidentale ; elle a toujours de l’influence en Égypte; elle est en Syrie comme une protectrice séculaire et complète son antique influence religieuse parle développement de ses intérêts économiques et la propagande de ses principes de liberté. Son action sur rislam est plus grande même que celle de l’Angleterre.
Ce n’est pas qu’elle puisse songer à reprendre le rôle des Croisés du moyen âge. 11 ne s’agit pas de pousser contre le Soudan musulman quelque chevauchée suprême, quoiqu'il s'agisse bien d’en finir avec la traite des nègres, avec la barbarie. Il n’est pas encore prouvé que l’Islam soit réfractaire à toute amélioration sociale ou morale. Des écrivains catholiques lui consentent sa place dans le plan providentiel ; ils le jugent capable de préparer à la civilisation les peuples les plus barbares et notamment les Africains. Ces peuples, qu’il faut amener du fétichisme au monothéisme, ont besoin, dans leur degré inférieur de culture, dans leur sensualisme brutal, de cette transition, ou d’une transition analogue pour arriver au christianisme L
Comment passeront-ils ensuite du Coran à l’Évangile? L’histoire ne donne pas de réponse à cette question. Au contraire, jusqu’ici l’Islam et le Christianisme paraissent impénétrables l'un par l’autre. Cependant la France, qui gouverne depuis un demi-siècle de nombreux peuples mu-