PIÈCES DIPLOMATIQUES
Le lundi 28 février, le prince MenschikolT débarque à Constantinople sur la frégate à vapeur le Foudroyant avec une escorte nombreuse et tout à fait insolite d'aides de camp de l'Empereur, de contre-amiraux, de généraux, d'officiers de toute arme de Tarmée et de la flotte. Parmi ces derniers, l'on remarque le fils du comte de Nesselrode, chancelier de TEmpire.
Le lendemain 1" mars, Kiamil bey, introduc^ teur des ambassadeurs, se rend au palais de Russie (I) pour complimenter le Prince de la part de la Porte.
Le 2, le prince MenschikofT, accompagné du
(1) On donne le nom de palais {i$rai} aux hôtels des ambassadeurs et des ministres étraiig^ers à Constantinople.
^ 50 ~ chargé d'affaires de Kussie, M. Ozeroff (i), et de M. Argyropoulo, premier droginan, se rend officiellement à la Porte, en habit de cillej chez le grand vizir Méhémet-ali pacha (2). Par une nouvelle dérogation à l'étiquette, il s'abstient, au sortir de l'audience du grand vizir, de faire la visite d'usage au ministre des affaires étrangères, Fuad éfendi, qui l'attendait. Celui-ci, par une détermination dont on avait .eu peu d'exemples jusque-là chez un ministre d'État ottoman, donne sa démission le même jour («3).
Le 6, le Sultan, après un retard de quatre jours, accepte la démission de Fuad éfendi et nomme à sa place Rifa'at pacha (4),
(1) M. Ozerutr, conscitter d'Étal et délégation, gérait la lég»tiou de Russie, en qualité de chargé d'afTaires, en l'absence de M..Tilofr, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire, en congé depuis le mois de mars 1852.
(2) Méhémet-ali pacha, beau-frère du Sultan, avait i emplacé le 5 août 1852, dans la fonction de grand vizir, Â'aii pacha, qui luimême avait succédé à Réchid pacha le 6 août de la mêoïc année.
(3) Les journaux semi-uiTiciels de Gonstantinopic mentionnèrent le fait sans en préciser les causes. Ils parlèrent seulement d'honorable tutceptibilitê, — Fuad éfendi, ancien référendaire du Divan, ancien ambassadeur i Madrid, à Lisbonne, à Saint -Pélcr:»bourg, ancien conseiller du grand vizir, était ministre des affaires étrangères depuis le G avril 1852.
{4] Voici la traduction du khat (ordonnance impériale) adressé, bu\-
Le surlendemain 8, le prince Menschikoff remet au sultan, en audience particulière, les lettres qui Taccréditent en qualité d'ambassadeur extraordinaire près la Sublime-Porte. Cette audience est suivie, huit jours après, d'une première note officielle remise par le prince Menschikoff au ministre des affaires étrangères, et dans laquelle sont formulés les griefs et les demandes de la Russie.
Note •rilelelle (!'•) remise par le prlnee
■easeliIlLeff an mlntotre des affaires étrangères de la
SnkUme-Porte, le 4 (!•) mam i9ftS (1).
Le 10 février 1852, le Sultan annonçait à l'Empereur
▼ant l'usage, au grand vizir, qui nomme Rifa'al pachu ministre des «fTaires étrangères :
« Mon digne vizir,
s  la suite de la prière qui m'a été adressée avec instance par Fuad éfendi, mon ministre des affaires étrangère^:, j'ai jugé nécessaire son remplacement ; et, comme Rifa'at pacha a, sans contredit, une connaissance parfaite des choses qui concernent le ministère des affaires étrangères, et qu'il possède en même temps toute l'habileté et le mérite requis, je l'ai mandé a mon palais impérial, et l'ai nommé mon ministre secrétaire d'État des affaires étrangères, en l'envoyant i ma Sublime-Porte. »
(i) Nous donnons l'analyse de ce document d'après la dernière édi» tion de VAlmanach de Gotha, n'ayant pu nous le procurer ni à TamiMsSade ottomane, ni au ministère des affaires étrangères à Paris.
de Russie que la question relative aux Saints-Lie\ix était enfin résolue. Un khatti-cherif et un fîrman sont venus confirmer cette déclaration. Cependant, loin de se conformer à ses engagements, les ministres de S. M. le Sultan ont pris des décisions qui leur sont tout à fait contraires, et par cela même blessé les convictions religieuses de l'Empereur et manqué aux égards dus à sa personne. En conséquence, le prince est chargé de demander nonseulement le redressement de ces griefs, mais encore la conclusion d'un arrangement qui mette fin au mécontentement des sujets grecs du Sultan, et leur donne pour l'avenir de sûres et inviolables garanties.
Le 22 mars, le prince Menschikoff renouvelle sa demande sous la forme d'un sened ou convention entre la Porte et la Russie, devant offrir à cette dernière c< des garanties solides et inviolables pour l'avenir dans T intérêt de TÉglise orthodoxe d'Orient (1). »
Le i 9 avril, deuxième note du prince Menschikoff, dans laquelle il récapitule les griefs de la Russie contre la Porte et insiste sur l'adoption du projet de sened communiqué le 22 mars.
(i) Voyez N» 4.
fêUe verbale (•«) remise par le prince HeBseliIlLeir an minfaitre des affaires étrancèrea de la fNiklInie-Perte.
Péra, le 7 (19) avril 1853.
Son Excellence le ministre des relations extérieures, en prenant connaissance, à son entrée aux affaires, des négociations qui ont eu lieu, a vu la duplicité de ses prédécesseurs et doit être persuadé combien on a manqué aux égards dus à TEmpereur de Russie, et combien est grande sa magnanimité en offrant à la Porte les moyens de sortir des embarras que lui a créés la mauvaise foi de ses ministres. Ils ont abusé de la religion de leur souverain en le mettant en opposition avec ses propres paroles, et le plaçant, envers son allié et ami, dans une position que ne peuvent admettre ni de hautes convenances, ni la dignité souveraine.
Tout en voulant être oublieux du passé, et n'exigeant pour réparation que le renvoi d'un ministre fallacieux etTexécution patente de promesses solennelles , TEmpereur se trouvait obligé de demander des garanties solides pour l'avenir.
Il les veut formelles, positives et assurant Tinviolabiiilé du culte professé par la majorité des sujets chrétiens, tant de la Sublime-Porte que de la Russie, et enfin par FEmpereur lui-même.
Il ne peut çn vouloir d'autres que celles qu'il trouvera
désormais dans un acte équivalent à un traité, et à Tabri des interprétations d'un mandataire malavisé et peu consciencieux.
Les délais qu'on a apportés jusqu'ici à prendre une décision finale sur les propositions de Tambassadeur de' Russie Tobligent à demander à la Porte une réponse catégorique et qu'il ne pourrait attendre plus longtemps.
Il demande par conséquent :
V Un firman explicatif, et dont la rédaction serait convenue, concernant la clef de l'Église de Bethléem et rétoile en argent placée sur l'autel de la Nativité dans le souterrain de ce même sanctuaire ;
Concernant la possession de la grotte de Gethsémani parlesGrecs, avec l'admission des Latins à y exercer leur culte, mais tout en conservant la préséance des orthodoxes et leur priorité pour la célébration du service divin dans ce sanctuaire;
Et enfin, concernant la possession commune aux Grecs et aux Latins, des jardins de Bethléem.
Le tout d'après les bases discutées entre Son Excellence Rifa'at pacha et l'ambassadeur.
2** Un ordre suprême :
Pour la réparatton immédiate par le gouvernement ottoman de la coupole du temple du Saint-Sépulcre, avec la participation du patriarche grec, sans ingérence d'un délégué d'un autre culte ;
Pour la clôture assurée des lucarnes ayant vue dans ce sanctuaire, et pour la démolition des harems attenants
à la coupole, si la possibilité de cette démolition était prononcée. L'ambassadeur est chargé d'obtenir sur ces point une assurance et une notification formelles.
5^ Un sened ou convention pour la garantie du statu quo strict des privilèges du culte catholique gréco-russe de rÉglise d'Orient et des sanctuaires qui se trouvent en possession de ce cuite, exclusivement ou en participation avec d*autres rites à Jérusalem.
L'ambassadeur doit répéter ici à M. le ministre des relations extérieures ce qu'il a déjà été dans le cas de lui exprimer plusieurs fois : que la Russie ne demande pas à la Porte de concessions politiques ; son désir est de calmer les consciences religieuses par la certitude du maintien de ce qui est et de ce qui a toujours été pratiqué jusqu'à ces temps.
Ce n'est qu'à la suite des tendances hostiles qui se sont manifestées depuis quelques années envers tout ce qui touche à la Russie, qu'elle exige, dans l'intérêt des communautés religieuses du culte orthodoxe, un acte explicatif et positif des garanties, acte qui n'affecterait en rien ni les autres cultes, ni les relations de la Porte avec d'autres puissances.
Le cabinet ottoman voudra bien aussi peser dans sa sagesse la gravité de l'offense commise, en la comparant à la modération des demandes de réparation et de garanties que le sentiment de légitime défense aurait pu poser dans lin sens plus étendu et plus péremptoire.
La réponse de H. le ministre des relations extérieures indiquera à l'ambassadeur les devoirs ultérieurs qu'il
aura à remplir, et qui pourraient être conformes au maintien de la dignité du gouvernement qu'il représente et de la religion que professe son souverain.
Signé : Mensghikoff.
La Porte, faisant droit aux deux premières demandes formulées dans la note ci-dessus, adresse au prince Menschikoff une note {i) datée du 26 redjeb (5 mai), avec la copie légalisée de deux fîrmans relatifs, l'un à la reconstruction de la grande coupole de l'église du Saint-Sépulcre, l'autre concernant la clef de l'église de Bethléem et l'étoile d'argent placée devant l'autel de la Nativité.
Premier OmuMi} dmié de« dernlem |ear« de redjek
€••• (Dua tsfts).
Ceci est mon ordre impérial, adressé à mon vizir Hafiz- Ahmed pacha, gouverneur du sandjak de Jérusalem (2) et dépendances, et au cadi de cette ville.
(1) Cette pièce manque également.
(2) Le sandjak ou liva (sous-gouvernement) de Jérusalem est compris dans Vegakt ou gouvernement général de Saîda (Sidon).
Unfirman impérial, délivré de ma part en 1257 (i841), prescrivait la réparation de quelques parties de Téglise du Saint-Sépulcre qui avaient besoin d'être restaurées. Ce firman, d'après un nouveau rapport qui vient de m'étre soumis, était resté jusqu'ici sans exécution; la restauration de cette coupole n'ayant donc pas eu lieu jusqu'à présent, elle menace ruine et a besoin de réparations, circonstances qui ont été constatées par l'ingénieur envoyé ad hoc à Jérusalem. Nous avons donc ordonné et ordonnons ce qui suit :
Cette coupole sera restaurée par ma Sublime-Porte , dans sa forme actuelle telle quelle. S'il était apporté quelque altération à cette forme, le patriarche grec de Jérusalem est autorisé à faire ses observations pour que cette altération n'ait pas lieu.
En outre, comme les maisons attenantes à l'église du Saint-Sépulcre sont des lieux de retraite et de prières musulmans qui ne sauraient être démolis, on condamnera les fenêtres qui donnent sur cette église en les murant.
Un fîrman impérial, contenant les dispositions qui précèdent, a été délivré et vous est expédié.
Vous donc, qui êtes le gouverneur et le cadi susmentionnés, aussitôt que vous connaîtrez ma résolution souveraine de faire réparer et restaurer cette coupole par un préposé ad hoc de la part de ma Sublime-Porte, et en la maintenant dans sa forme actuelle, vous aurez soin de publier cette résolution et d'aviser à son exécution, comme aussi de faire immédiatement clore les fenêtres
dont il est question plus haut, afin d'en écarter les inconvénients.
Sachez-le ainsi, et prêtez foi à ce noble signe.
Écrit à Constantinople, dans les derniers jours du mois de redjeb 1269.
Ceci est mon ordre impérial, adressée mon vizir Hafiz- Ahmed pacha, gouverneur du sandjak de Jérusalem et de ses dépendances, au substitut du nakib'ul'eschraf (1), et autres membres du conseil de ladite ville.
Dans le but d'aplanir et de régler les différends et les contestations qui s'étaient élevés entre les Grecs et les Latins au sujet de certains sanctuaires situés dans l'intérieur et hors de la ville de Jérusalem, un khatti-cherif impérial, en date de la dernière décade de djernaziidr evvel 1268 (mars 1852), avait été adressée toi, qui es le gouverneur sus-mentionné, et aux autres autorités compétentes. Il vient d'être porté à notre connaissance impériale que quelques-unes des dispositions de ce khatticherif n'ont pas encore reçu leur exécution. Or, comme mon désir impérial est que cette exécution ait lieu, cette question a fait l'objet des délibérations de mes ministres réunis en conseil, et, afin d'éclaircir et de confirmer
(i) Le nakiVul-ttchraf est le chef de tous les émirs ou descendants du Prophète de l'empire ; il prend rang après le cheikh- ul- islam et les deux cazi-askcrs.
la teneur dudit khatti-cherif, et d'en compléter et d'en expliquer le sens, il a été présenté et soumis à ma sanction impériale un écrit contenant les six articles suivants :
Bien qu'une clef de la grande porte de l'église de Bethléem ait été donnée aux Latins, il leur a été seulement concédé le droit de passer par cette église, àTinstar de ce qui se pratiquait anciennement ; mais il ne leur a pas été donné le droit d'officier dans cette église, ni de la posséder en commun avec les Grecs. De même, il n'a pas été donné aux Latins la permission d'altérer en quoi que ce soit l'état actuel de cette église, ni d'y exercer leur culte ; et, en un mot, il ne leur est pas permis de changer ce qui se pratique de tout temps et actuellement, en ce qui concerne le passage par l'église à la grotte, aussi bien que sous tout autre rapport, ni d'apporter à quoi que ce soit, dans cette église, la moindre innovation .
Attendu que le portier de l'église de Bethléem se trouve être depuis longtemps un prêtre grec, sujet de ma Sublime-Porte, et que ce portier n'a pas la faculté de refuser le passage aux nations qui ont, dès une époque reculée, le droit d'y passer, cela continuera à avoir ainsi lieu à l'avenir comme par le passé. *
Pour l'étoile qui vient d'être nouvellement posée dans la grotte de l'église de Bethléem, comme un souvenir solennel à la nation chrétienne de notre part impériale, et pour mettre fin à toute dispute, d'après le modèle de l'étoile qui se trouvait à cette grotte, et a disparu en 1847,
il n'est donné à Tune ou à Taulre des nations chrétiennes aucun droit nouveau ou particulier. Jamais, et en' aucun temps, il ne sera apporté à ce point le moindre changement.
Les nations chrétiennes qui ont le droit de visiter le tombeau de la sainte Vierge et d'y célébrer leur culte, y officieront tous les jours.
Les Grecs y officieront les premiers, en commençant au lever du soleil, avec la condition de ne pas s'opposer à ce que les autres nations y accomplissent aussi les cérémonies de leur culte ; après eu'x, les Arméniens, et, après ces derniers, les Latins; et tous y officieront durant une heure et demie. Cet arrangement a été fait sur l'or* dre et avec l'autorisation de ma Sublime-Porte.
Ces deux fîrmans, qui réglaient tous les points en litige entre la Porte et le cabinet de Saint- Pétersbourg, furent communiqués simultanément le 5 mai aux ambassades de Russie et de France. Le même jour, le prince Menschikoff adresse à la Porte la note suivante :
l«»ie Terbale (S«] remUie par le prlnee
Mensehlkoir an mlnlAire dea affaires étransères de
la Sabllme-Porte.
Péra, le 23 avril (5 mai) 1853.
Le soussigné, ambassadeur de Russie, a eu Thonneur
de remettre à Son Excellence le ministre des affaires étrangères de la Sublime-Porte, le 10 (22) mars, une communication confidentielle qui accompagnait le projet d'un acte devant offrir au gouvernement de Sa Majesté l'Empereur des garanties solides et inviolables pourTavenir, dans l'intérêt de TEglise orthodoxe d'Orient.
L'ambassadeur croyait pouvoir s'attendre à rencontrer, de la part du gouvernement de la Sublime-Porte, un désir empressé à renouer, sur cette base, des relations de bonne et franche amitié avec la Russie. 11 doit l'avouer avec un profond regret, il a été ébranlé dans cette conviction qui, dès son début, lui avait été inspirée par l'accueil gracieux de Sa Majesté le Sultan.
Animé, néanmoins, de cet esprit de conciliation et de bienveillance qui forme le fond de la politique de son auguste maître, l'ambassadeur ne rejeta point les observations confidentielles et préalables qui lui furent faites par Son Excellence Rifa'at pacha, tant sur la forme de l'acte précité, que sur la teneur de quelques-uns des articles qui devaient en faire partie.
Quant à la forme, l'ambassadeur maintient sa déclaration : qu'une longue et pénible expérience du passé exige, pour prévenir toute froideur et toute méfiance entre les deux gouvernements à l'avenir, un engagement solennel ayant force de traité.
Pour le contenu et la rédaction des articles de cet acte, il demandait une entente préalable, et voyant avec peine les retards qu'y apportait le cabinet ottoman et son désir évident d'éluder la discussion, il se vit obligé, par sa
note verbale du 7 (19) avril, de récapituler ses demandes, et de les formuler de la manière la plus pressante.
Ce n'est qu'aujourd'hui que la note de Son Excellence le ministre des affaires étrangères, en date du 26 redjeb (25 avril — 5 mai), accompagnant les copies vidimées des deux ordres souverains sur les sanctuaires de Jérusalem et la coupole du Saint-Sépulcre, est parvenue à l'ambassadeur. Il considère cette communication comme une suite donnée aux deux premières demandes contenues .dans sa note du 7 (49) avril, et se fera un devoir de placer ces documents sous les yeux de son gouvernement.
Mais, n'ayant obtenu jusqu'ici aucune réponse au troisième et plus important point qui réclame des garanties pour l'avenir, et ayant tout récemment reçu l'ordre de redoubler d'insistance pour arriver à la solution immédiate qui forme le principal objet de la sollicitude de Sa Majesté l'Empereur, l'ambassadeur se voit dans l'obligation de s'adresser aujourd'hui à Son Excellence le ministre des affaires étrangères, en renfermant, cette fois, ses réclamations dans les dernières limites des directions supérieures.
Les bases de l'arrangement qu'il est chargé d'obtenir restent, dans leur fond, les mêmes.
Le culte orthodoxe d'Orient, son clergé et ses possessions, jouiront dans l'avenir, sans aucune atteinte, sous l'égide de Sa Majesté le Sultan, des privilèges et immunités qui leur sont assurées ab antiqtw, et, dans un principe de haute équité, participeront aux avantages accordés aux autres rites chrétiens.
Le nouveau firman explicatif sur les Saints-Lieux de Jérusalem aura la valeur d'un engagement formel envers le gouvernement impérial.
A Jérusalem, les religieux et les pèlerins russes seront assimilés aux prérogatives des autres nations étrangères.
Les points indiqués ici sommairement formeront Tobjet d'un sened qui attestera la confiance réciproque des deux gouvernements.
Dans cet acte, les objections et difficultés exprimées à plusieurs reprises par Son Excellence Rifa'at pacha et quelques-uns de ses collègues, ont été prises en considération, comme Son Excellen<;e le verra par la minute d'un sened que l'ambassadeur a l'honneur de joindre à la présente noie.
L^ambassadeur se flatte de l'espoir que, désormais, la juste attente de son auguste maître ne sera pas trompée, et que, mettant de côté toute hésitation et toute méfiance dont sa dignité et ses sentiments généreux auraient à souffrir, la Sublime-Porte ne tardera pas à transmettre à l'ambassade impériale les décisions souveraines de Sa Majesté le Sultan, en réponse à la présente notification.
C'est dans cette espérance que l'ambassadeur prie Son Excellence Rifa'at pacha de vouloir bien lui faire parvenir cette réponse jusqu'à mardi prochain, 28 ami (10 mai). Il ne pourrait considérer un plus long délai que comme un manque de procédés envers son gouvernement, ce qui lui imposerait les plus pénibles obligations.
L'ambassadeur offre à Son Excellence l'assurance, etc. Signé : Menschikoff.