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Cette affaire du Vérginius influa beaucoup sur le Message Présidentiel du 2 décembre 1873 qui, tout en annonçant la clôture de l’incident et en indiquant que les Etats-Unis avaient reçu complète satisfaction,constataient néanmoins que de pareils agissements révélaient un dangereux état d’esprit de la part des autorités espagnoles et que la situation devenait de plus en plus sérieuse à Cuba.
En 1874, la diplomatie yankee continue à demander d’une façon plus ou moins déguisée la cession amiable de la Grande Antille ; et, à titre subsidiaire, les Américains présentaient de nouvelles demandes : d’abord, l’abolition de l'esclavage ; ensuite, le retrait des proclamations plus ou moins barbares des capitaines généraux espagnols ; enfin, la limitation des pouvoirs des gouverneurs de Cuba qui se conduisaient de façon inhumaine.
En 1875, les Etats-Unis présentèrent une nouvelle série de réclamations demandant que l'Espagne accordât à Cuba et à Porto-Rico une autonomie efficace avec notamment une administration composée par les citoyens cubains eux-mêmes ; et demandant en outre que ces îles fussent représentées aux Cortès espagnoles. En un mot, disaient les diplomates yankees, ce que nous désirons, c’est l'établissement, entre l'Espagne et ses colonies d’un lien analogue à celui qui unit le Canada et l'Angleterre. La souveraineté théorique et l’orgueil de l’Espagne ne seraient pas atteints, mais ses colonies échapperaient à l'exploitation administrative et financière dont elles avaient souffert jusque-là. L'Espagne refusa. Alors (5 novembre 1875) le Gouvernement Fédéral adressa à toutes les Chancelleries
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européennes unesorte de Mermorandum, pour connaître, par les réponses qu'y feraient les puissances, quelle serait leur attitude devant l’action matérielle des Etats-Unis, que la fin du document laissait deviner très prochaine. Mais l’échec du Gouvernement de Washington fut complet : l'Allemagne et l'Italie ne trouvèrent pas convenable une immixtion positive, la première, tout en se plaignant des dommages que causaient à ses sujets la situation présente de l’île; l’autre, tout en promettant de donner quelques bons conseils à Madrid. De leur côté, l’Autricheet la Russie remarquèrent qu’en tous cas il faudrait savoir quelle serait l’attitude de la Grande-Bretagne, quiétait, après l'Espagne, la puissance européenne la plus intéressée dans l’affaire, et qui avait, au point de vue du droit maritime, autant de plaintes à formuler que les Etats-Unis. La France déclara aux Américains qu’il était peu honorable de leur part de provoquer l’anarchie en Espagne et d’ébranler le trône du jeune roi par de telles menaces; et qu’on devait attendre la fin de la guerre Carliste pour voir finir aussi celle de Cuba. Quant à l’Angleterre, lord Derby répondit énergiquement qu'il savait la nation Espagnole trop soucieuse de sa dignité pour tolérer jamais l’intervention d’un autre pays dans ses affaires : la Grande-Bretagne prêterait volontiers ses bons offices pour précipiter la fin de la lutte, mais «Celle ne se joindrait jamais à des mesures de force et ne pousserait pas son action au delà du premier refus de l'Espagne ». Se voyant ainsi isolés, les Etats-Unis n’osèrent pas aller de l’avant et laissèrent les événements suivre leur cours. Malgré plusieurs résolutions de la Chambre des représentants et du Sénat, le Président refusa toujours