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de proclamer la neutralité de l'Union, ce qui eût été reconnaître les insurgés comme belligérants, et, à fortort, de reconnaître l’indépendance de Cuba. Cette conduite fut même d'autant plus méritoire que les nouvelles Républiques Sud-Américaines, encore sous l’impression des luttes pourl’indépendance,s’étaient hâtées presque toutes de lancer une déclaration de neutralité, voire même de reconnaître l’indépendance des Cubains (1).
Entre temps d’ailleurs, la lutte continuait indéfiniment à Cuba sans donner jamais aucun avantage marqué à aucun des deux combattants ; et, en septembre 1877, le président Hayes pouvait constater avec raison que la situation était encore et toujours la même que huit ou dix ans auparavant. «Cuba, disait-1l, est tou- » jours insurgée, et les Etats-Unis toujours patients. » Néanmoins, le 10 février 1878, grâce à l’attitude pacificatrice du général Martinez Campos, insurgés et espaonols, épuisés par dix ans de luttes, s’entendirent enfin pour terminer cette guerre par le pacte de Zanjon moyennant : :
19 L’amnistie complète des insurgés, la mise en liberté des prisonniers, la grâce des déserteurs ;
20 L’émancipation des colons asiatiques et des esclaves servant dans les rangs des insurgés ;
(1) Le Chili reconnut l'indépendance de Cuba le 30 avril 1869. —Le Véné zuéla (11 avril 1869), le Pérou (avril et août 1869)reconnurent la belligérance et l'indépendance de Cuba: — La Bolivie (10 juin 1869) et la Colombie (14 mars 1870) reconnurent seulement la belligérance cubaine.— Le 26 septembre 1872, le gouvernement colombien proposa même, mais sans succès, à tous les Etats Sud-Américains une action commune, pour obtenir, d'accord avec
Washington, la reconnaissance par l’Espagne de l'autonomie Cubaine.