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permis de réaliser ainsi l’idée de Jefferson : « Ne pas » aller à Cuba par la force, mais par la volonté des Cu- » bains.» Toutefoisil nous semble que cette insurrection dernière va probablement influer sur leur conduite politique et les obliger à maintenir sur l’île leur domination : ils n’entendent pas, en effet, que Cuba puisse suivre l’exemple de Saint-Domingue ou d'Haïti et ne veulent à aucun prix que l’anarchie se donne libre jeu à leurs portes(1).Est-ce à dire pourtant qu'ils vont ouvrirleurs bras auxCubains et les accueillir dans l Union? Nous ne le pensons pas. Ce serait en tout cas une très grave faute. On ne mêle pas de plein gré le mauvais et le bon ; or, les Cubains venant de donner à tous la preuve irrécusable et manifeste de leur absolue incapacité politique,comme de l’impossibilité où 1ls se trouvent encore de former à eux seuls un Etat, les annexer reviendrait à vouloir porter dans le gouvernement fédéral le trouble et le désordre et risquerait fort de jeter les ferments de discorde dans cet ensemble harmonieux.
La solution,selon nous,sera donc le maintien du protectorat(2),mais considérablement renforcé,le peu d’au-
(1) Nous tirons d’ailleurs argument en ce sens d’un récent et symptomatique article de la Nort Americon Review. où il est dit ; « Quand il a été permis aux Américains de travsiller avec des méthodes américaines, le succès a été des plus notoires. Au contraire, lorsqu'il a été permis aux Cubains de procéder par eux-mêmes, ils ont glissé aux méthodes de l'Espagne. Ils ont servi leur intérêt personnel et non le bien publie, et le résultat s’est traduit par un insuccès désastreux..….., en sorte que pour cause de négligence , le problème sc trouve être devenu plus difficile qu’il ne l’a jamais été. »
(2) On pourrait se demander pourquoi, selon la règle constante en cas d’an nexion, les Américains ne commenceraient pas à constituer Cuba en « terri.
toire », ce qui leur permettrait de l’admettre dans l’Union dès qu’elle paraît
tonomie dont jouissaient les Cubains disparaîtra tout à fait et les Yankees auront beau jeu pour ce faire, leurs pupilles ne sachant pas vivre en liberté.
trait suffisamment américanisée et ne contenir plus d’élément hétérogène. Mais à suivre cette procédure, Cuba, étant donnée sa population de 1,600 mille habitants, devrait immédiatement être considérée comme Etat, et c’est préci-
sément ce que veulent éviter les Yankees qui la trouvent encore par trop anarchique.