‹ La Question de Cuba: Au point de vue du droit internationalChapitre 5 sur 64 · RO OVES · texte numérisé non relu

RO OVES

«Enfin, dit M. Moye (1), le dernier pas fut vite franchi, et on vit dans la doctrine de Monroë, non plus la permission, mais l’ordre d'intervenir les armes à la main dans les affaires de l’île. L'Espagne, en se refusant d'accorder aux Cubains un régime politique en harmonie avec les besoins del’homme civilisé, créait une sorte d’autocratisme militaire nouveau faisant peser une tyrannie insupportable sur un fragment de sol américain. Les Etats-Unis se dirent fondés à exiger la disparition de ce régime aussi intolérable que les prétentions de la Sainte-Alliance dénoncées par Monroë. L’Espaone n'ayant pas voulu accorder de bon gré les réformes nécessaires, la force des armes a assuré le triomphe du bon droit américain : la doctrine de Monroë, comme certaines idées philosophiques,doit pouvoir être réalisée en fait et non rester théorique.

«Malheureusement pour la pureté de leurs intentions, les Etats-Unis ne se sont pas purement et simplement contentés de délivrer Cuba ; ils n’ont pas oublié le côté annexionniste du Monroïsme nouvelle édition : Sans doute, officiellement, Cuba est indépendante, le drapeau étoilé n’y flotte plus (2) ; mais, en réalité, l’activité yankee y est toute puissante derrière le gouvernement local. Sans parler d'avantages matériels, stations navales ou dépôts de charbon, les Etats-Unis se sont fait concéder le droit de protéger la nouvelle République, et l’on sait quelle tutelle cette formule générale comporte. Que l’île forme un Etat séparé ou

(1) Marcel Moye. -— L'impérialisme américain. (2) Depuis le 29 septembre 1906, sous prétexte d’insurrection d’une partie

de la population, les Américains ont réoccupé Cuba.

DU er un fragment de l’Union, il est certain qu'elle est politiquement dépendantede l'administration fédérale, et, ici encore, les vieilles traditions n’ont nullement gêné les idées nouvelles. »

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