SOLIDARITÉ DES DEUX MÉTAUX
b!ir entre des nations qui ont des rapports fréquents. Il ne s'établit pourtant pas complètement; il reste pendant quelque temps de légères différences; et quand la baisse continue, ces différences persistent; ce sont elles, comme nous avons eu occasion de le dire, qui ont contribué à l'activité du commerce. Mais elles ne dépassent pas certaines limites très-restreintes. C'est ce qui explique pourquoi en Belgique on ne fait subir à nos pièces d'or de 20 fr. qu'une retenue de 28 centimes, et pourquoi l'or qui, à Paris, jouissait avant 1848 d'une prime de 36 pour 1,000, n'est tombé que rarement au-dessous du pair, et conserve même d'ordinaire une prime de 4 à 6 pour 1,000, c'est-à-dire n'a baissé que de 30 à 36 pour 1000 par rapport à l'argent. Ces chiffres sont bien loin, comme on le voit, de mesurer la baisse de l'or. Ils mesurent simplement la différence qui existe entre la baisse de Tor et celle de l'argent. Quand un métal baisse de valeur, les deux métaux baissent; et ils baisseront tant qu'il existera des pays à double étalon pour faciliter l'écoulement et établir le niveau; mais ils ne baissent pas tout à fait dans la même proportion, et le métal qui entraîne l'autre dans sa chute est presque toujours coté à un prix comparativement un peu moindre. L'emploi de tel ou tel métal comme monnaie n'a donc pas une influence bien sensible sur le renchérissement des marchandises et sur les effets généraux produits par l'amoindrissement de valeur des métaux. C'est un point qu'il était important d'établir pour dissiper certaines illusions et expliquer comment les phénomènes économiques que nous avons observés et dont l'or seul est la cause première se font sentir à peu près également chez toutes les nations du monde occidental.